Version Béta

Cerca

Vatican News
Des indigènes péruviens rassemblés en l'église de Puerto Maldonado, le 18 janvier 2018. Des indigènes péruviens rassemblés en l'église de Puerto Maldonado, le 18 janvier 2018.  (AFP or licensors)

En Amazonie, le Saint-Siège porte la voix des autochtones

Lors d’un colloque sur la protection des peuples autochtones en Amazonie au siège de l'Onu, le philippin Mgr Bernardito Auza, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations unies à New York, est monté à la barre pour défendre les droits et la dignité de ces indigènes d’Amérique latine. Un engagement phare du pontificat du Pape François.

Delphine Allaire – Cité du Vatican

Les peuples autochtones ont droit à des terres et à un espace politique, économique et social viable pour assurer leur propre développement et un destin digne de ce nom. Tel a été l’appel lancé par Mgr Bernadito Auza, appuyé par l’influent réseau ecclésial pan amazonien (REPAM), sur l’estrade de l’Onu, le 19 avril.  

Chérir le visage amazonien

L'Église catholique et le Pape François en particulier, exhortent à considérer les indigènes comme «des partenaires dignes» au sein des Nations unies, ou dans leurs relations avec les États ou les sociétés, a rappelé l’observateur du Saint-Siège à l’Onu. 

À chacun de ses voyages apostoliques en Amérique du Sud, François s’échine à faire avancer la cause des indigènes d’Amazonie. Le dernier exemple en date étant sa rencontre mémorable avec les peuples autochtones le 19 janvier dernier, lors de son 22ème voyage apostolique au Pérou. Le Souverain pontife avait alors enjoint l’Église locale à retrouver «son visage amazonien», s’inquiétant des meurtrissures infligées à cette terre «pourtant luxuriante» qu’est la forêt amazonienne étendue sur neuf pays.  

Des menaces politiques et économiques

À la fois menacé par la pression des grands intérêts commerciaux et par la distorsion de certaines politiques sud-américaines indifférentes à leur sort, le peuple amazonien composé de 2.8 millions d’autochtones est en danger, a estimé Mgr Auza dans la droite lignée de François.

Un synode pour avancer

L’Amazonie est une haute préoccupation pour le Saint-Siège qui lui consacrera un synode en octobre 2019, à la suite de celui sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel en octobre prochain.

Les travaux de ce pré-synode ont d’ailleurs ouvert le 12 avril dernier, appelant à contribution toutes les populations autochtones. Largement défendue par le Vatican, la cause amazonienne obtient lentement gain de cause sur le terrain politique sud-américain. Le 5 avril, dans une décision historique, la Cour suprême de Colombie ordonnait au gouvernement de mettre fin à la déforestation, enjoignant provinces et municipalités à élaborer un plan d'action dans les cinq mois à venir pour protéger cette forêt titanesque de 5 500 000 km2.

20 avril 2018, 12:33