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Le père Cantalamessa lors de la première prédication de Carême, le 2 mars 2018. Le père Cantalamessa lors de la première prédication de Carême, le 2 mars 2018.  (Vatican Media)

Troisième prédication de Carême du père Cantalamessa

Le prédicateur de la Maison pontificale, lors de sa 3e méditation de Carême en la chapelle Redemptoris Mater, est revenu sur l’humilité chrétienne, en reprenant une citation de la Lettre de Saint Paul aux Romains : «N’ayez pas une trop haute opinion de vous-mêmes».

Le père Cantalamessa a lié les vertus de l’humilité et de la charité, comme des éléments centraux de la vie des communautés chrétiennes. «Est vraiment humble celui qui s'efforce d'avoir le cœur du Christ», a-t-il rappelé. «Dieu aime l'humble car l'humble est dans la vérité ; c'est un homme vrai, authentique. Il punit l'orgueil, car l’orgueil, avant d'être arrogance, est mensonge. En effet, tout ce qui dans l'homme n'est pas humilité, est mensonge.»

Alors que les philosophes grecs rejetaient cette notion, associée à un sens négatif «de bassesse, de petitesse, de mesquinerie et de pusillanimité», le christianisme a introduit les «deux principes fondamentaux qui permettent d'associer l'humilité et la vérité : l'idée de création et le concept biblique de péché».

Un renoncement libérateur

L’homme, en renonçant à sa superbe, trouve «une paix nouvelle, comme celui qui, en temps de guerre, découvre qu’il possède sous sa propre maison, sans même devoir en sortir, un abri sûr contre les bombardements, absolument imprenable». Le modèle à suivre est celui de Marie, dont même Martin Luther avait reconnu l’humilité en ces termes :  «Bien que Marie ait accueilli en elle cette grande œuvre de Dieu, elle eut et demeura dans un tel sentiment de soi qu’elle ne s’éleva point au-dessus du moindre des hommes de la terre.»

Le chrétien, tout au long de son existence, sera humilié par l’expérience de ses limites, de ses échecs. Mais ces humiliations sont à vivre comme une chance, car elles lui permettent de ne pas persévérer dans son orgueil. Saint Paul écrit, dans sa lettre aux Corinthiens : «Pour m’empêcher de me surestimer, j’ai reçu dans ma chair une écharde, un envoyé de Satan qui est là pour me gifler». Pour que l’homme «ne s’élève pas dans ses pensées orgueilleuses», Dieu le fixe au sol par une sorte d’ancre. Il lui met des «poids aux côtés», est-il écrit dans le Psaume 66.  

Une “écharde dans la chair” qui permet de garder les pieds sur terre

«Nous ne savons pas ce qu’était exactement cette “écharde en la chair” et cet “ange de Satan” pour Paul, mais nous savons bien ce que c’est pour chacun de nous !, a expliqué le père Cantalamessa. Tous ceux qui veulent suivre le Seigneur et servir l’Église l'expérimente. Ce sont des situations humiliantes par lesquelles nous sommes ramenés constamment, parfois nuit et jour, à la dure réalité de ce que nous sommes. Ce peut être un défaut, une maladie, une faiblesse, une inaptitude, que le Seigneur nous laisse, malgré toutes nos prières. Une tentation persistante et humiliante, peut-être justement une tentation d’orgueil! Une personne avec laquelle on est obligé de vivre et qui, malgré la droiture d’intention d’un côté comme de l’autre, est une véritable écharde dans la chair et a le pouvoir de mettre à nu.»

Le prédicateur a conclu avec ces paroles tirées du Psaume 130 : «Seigneur, je n’ai pas le cœur fier ni le regard ambitieux; je ne poursuis ni grands desseins, ni merveilles qui me dépassent. Non, mais je tiens mon âme égale et silencieuse; mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère.»

 

09 mars 2018, 11:30