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Le père Raniero Cantalamessa. Le père Raniero Cantalamessa. 

Deuxième prédication de Carême du père Cantalamessa : « Que votre amour soit sans hyprocrisie »

Le père Raniero Cantalamessa a prononcé ce vendredi 2 mars sa deuxième prédication de Carême. Le prédicateur de la Maison Pontificale a centré sa méditation sur l’amour chrétien, partant avant tout du concept de charité tel que le définit Saint-Paul dans ses écrits.

Olivier Bonnel - Cité du Vatican

Il faut d’abord plonger aux sources de la sainteté chrétienne, comme l’explique par exemple l’encyclique Lumen Gentium  du Concile Vatican II : «la sainteté est l’union parfaite avec le Christ». Une vision qui reflète la préoccupation générale du concile de revenir aux sources bibliques et patristiques. Cette sainteté chrétienne, a rappelé le père capucin, est essentiellement christologique : elle consiste à imiter le Christ et son sommet est la parfaite union avec Lui.

Le père Cantalamessa est ensuite revenu sur ce que disait Saint-Paul de cette sainteté, dans la lettre aux Romains, au chapitre 12 : «je vous exhorte donc, frères, par la tendresse de Dieu, à lui présenter votre corps – votre personne tout entière- en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu : c’est là, pour vous, la juste manière de lui rendre un culte. Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait ».

L’amour, première des vertus chrétiennes

Dans ces versets,  a souligné le prédicateur, toutes les vertus chrétiennes principales, ou fruits de l’Esprit, sont énoncées : le service, la charité, l’humilité, l’obéissance, la pureté. C’est sur la vertu de «charité» qu’il a souhaité s’arrêter en particulier dans cette méditation. Pour comprendre cette charité selon Saint Paul, il faut partir de cette parole initiale : «Que votre amour soit sans hypocrisie !» Cette expression, plutôt rare dans le Nouveau Testament est pourtant fondamentale car elle souligne la racine-même de l’amour sincère.

Ce que l’on demande de l’amour, c’est qu’il soit vrai, authentique, pas fictif, a poursuivi le père Cantalamessa. Chez Saint Paul, la charité est patiente, elle est bénigne, n’a pas de convoitise, ne se fâche pas, couvre tout, croie en tout, espère tout. Chez lui surtout, «le plus grand geste de charité extérieure ne servirait à rien sans la charité intérieure». La charité hypocrite, en effet, c’est justement celle qui fait du bien, sans aimer, qui montre à l’extérieur quelque chose qui ne correspond pas avec ce que l’on a dans le cœur.

«Nous aimons les hommes non seulement parce que Dieu les aime, ou parce qu’il veut que nous les aimions, mais parce que, en nous donnant son Esprit, il a mis dans nos cœurs son amour pour eux», a résumé le père capucin.

La charité en actes

Saint-Paul montre aussi comment cet «amour sincère» doit se traduire en acte dans les situations de vie de la communauté. Il faut distinguer d’abord la charité ad extra, vers l’extérieur de celle que celle ad intra, qui concerne les membres à l’intérieur d’une même communauté.  Aujourd’hui, dans un contexte où de nombreux chrétiens sont regardés avec suspicions dans la société voire persécutés pour leurs croyances, une question leur est posée : «il s’agit de comprendre quelle est l’attitude du cœur à cultiver vis-à-vis d’une humanité qui, dans son ensemble, refuse le Christ et vit dans les ténèbres au lieu de vivre dans la lumière».

L’un des plus beaux traits de la sainteté est conduit à aimer et à souffrir pour ceux qui nous font du mal. Concernant la charité à l’intérieur de la communauté, qui pourrait se manifester dans un conflit intra-ecclésial par exemple, Paul suggère trois critères : le premier c’est de suivre sa propre conscience. Si on est convaincu en conscience de commettre un péché en faisant telle ou telle chose, on ne doit pas la faire. Le deuxième est de respecter la conscience de l’autre et de s’abstenir de juger un frère, le troisième, enfin, est d’éviter de scandaliser.

Chacun est invité à s’examiner pour voir ce qu’il y a au fond de son propre choix : s’il y a la seigneurie du Christ, sa gloire, son intérêt, ou plutôt, de façon plus ou moins larvée, sa propre affirmation, son «moi», a expliqué le prédicateur.

À tous ces critères de discernement nous devons en ajouter un autre, qui est celui de l’autorité et de l’obéissance. En attendant, dans tous les conflits qui divisent aussi bien la communauté locale qu’universelle, nous sommes appelés à méditer ces paroles de la lettre aux Romains : «Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis pour la gloire de Dieu».

02 mars 2018, 09:36