Version Béta

Cerca

Vatican News
Le Pape en conversation avec le cardinal Parolin lors de sa visite au Pérou, en janvier 2018. Le Pape en conversation avec le cardinal Parolin lors de sa visite au Pérou, en janvier 2018.  (AFP or licensors)

Cardinal Parolin: le Pape François, un pontificat de la joie

Le Secrétaire d’État du Saint-Siège s’entretient avec Vatican News à l’occasion des cinq ans du pontificat du Pape François.

Entretien réalisé par Luca Collodi – Cité du Vatican

Il est le plus étroit collaborateur du Pape : le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège, évoque les traits les plus saillants du magistère de François.

«Cinq années sont déjà passées, d’une manière très rapide, au rythme de nombreux évènements heureux et tristes. Il reste vrai que l’élection d’un Pape et son ministère sont toujours un don pour l’Église et pour l’humanité, dont la portée spirituelle et ecclésiale doit être considérée, évaluée, lue à la lumière de la foi et de l’action de la Providence.

Cet anniversaire nous fait un peu tous penser à quels sont les traits caractéristiques du Magistère et de l’action du Pape François. En y pensant, m’est venue une pensée que je nourrissais déjà depuis quelque temps : j’ai été impressionné par le fait que tous les documents, ou au moins ceux d’une importance majeure – je parle d’Evangelii Gaudium, qui a été un peu le document programmatique de son pontificat, mais ensuite aussi Amoris Laetitia et aussi, peut-être indirectement, Laudato Si’- en reviennent toujours à la joie, qui naît non pas de l’insouciance, mais du fait de se savoir aimés du Seigneur.

Voilà donc l’autre ligne directrice du pontificat : la miséricorde, c’est-à-dire un amour personnel et total que Dieu a pour chacune de ses créatures et, d’autre part, la joie de communiquer aux autres cette bonne nouvelle de l’Évangile ; le fait d’annoncer et de porter aux autres l’annonce du salut de Jésus, pour qu’il devienne une source de joie pour celui qui la reçoit, mais aussi pour celui qui l’annonce. C’est une joie partagée. Alors, la troisième ligne directrice me parait celle de l’évangélisation, celle de l’Église en sortie qui doit porter l’Évangile à toutes les créatures. Il me semble que ce sont les caractéristiques fondamentales de ce pontificat.

Cardinal Parolin, avec le Pape François on peut parler d’une Église en chemin dans toutes ses composantes. Toutefois, dans et en dehors de l’Église, il y a parfois des oppositions. Comment répondre aux critiques ?

Certainement, une des caractéristiques de ce pontificat est justement cette dimension d’une Église en sortie, d’une Église en mouvement, et donc l’invitation pressante que le Pape a fait depuis le début, celle de ne pas rester arrêté, de ne pas s’aggriper au principe du “on a toujours fait comme ça”. Naturellement nous savons bien où conduit ce chemin. Ce chemin conduit à une meilleure fidélité de l’Église à sa nature de peuple de Dieu et de corps du Christ, et à une meilleure efficacité dans sa mission évangélisatrice. Et donc probablement, sans juger personne, justement cette impulsion, ce dynamisme que le Pape a voulu imprimer à l’Église, peut être la cause de jugements divers, contrastés et parfois aussi opposés. Dans un certain sens le fait que les pontificats soient critiqués, c’est normal. Ensuite, pour ce qui concerne les critiques, je distinguerais entre les critiques destructrices, agressives, vraiment mauvaises, et celles qui sont au contraire des critiques constructives. Et donc, probablement, il y a une façon différente de réagir et de répondre à ces deux types de critiques.

En ce qui concerne les critiques agressives et destructrices, il ne nous reste plus qu’à les accepter in cruce, et à les considérer comme faisant partie de cette couronne d’épines que nous devons tous porter, surtout ceux qui ont des responsabilité dans l’Eglise et qui ont donc aussi un rôle public. Il n’y a donc rien à faire. Je pense qu’elles ne s’éteindront jamais, qu’elles existeront toujours.

En ce qui concerne les critiques constructives, je crois qu’au contraire, nous devons les prendre en compte parce qu’elles peuvent aider à améliorer, à perfectionner le service même. Les critiques constructives sont celles qui naissent d’un comportement fondamentalement d’amour et ont en ligne de mire la construction de la communion dans l’Église. Cela me semble un critère fondamental. Elles ont comme but la communion dans l’Eglise et veulent aussi aider le Pape à mieux exercer son magistère et son ministère en faveur de toute l’Eglise.»

13 mars 2018, 16:02