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"Toto" Riina, ancien parrain de la mafia sicilienne, lors de son procès en 1993. "Toto" Riina, ancien parrain de la mafia sicilienne, lors de son procès en 1993. 

Mgr Tomasi: «La corruption vient d’une crise culturelle»

«Le pain sale. Lutter contre la mafia et la corruption par la culture», ainsi s’intitule le dernier livre de Vittorio Alberti, philosophe italien, membre du Conseil scientifique du Parvis des gentils. Présenté à Rome lors d’un débat, l’ouvrage s’attaque à la tolérance «quasi-culturelle» des Italiens envers la mafia et la corruption.

Propos recueillis par Delphine Allaire – À l'Istituto Sturzo, Palazzo Baldassini, Rome

«Que trouve-t-on à la racine de l’esclavage, du chômage, de la négligence des biens communs et de la nature ? La corruption, un processus de mort qui nourrit la culture de la mort. Car la soif de pouvoir et de possession ne connait aucune limite. La corruption ne se combat pas par le silence.»

Projetées sur les fresques renaissance du Palazzo Baldassini au cœur de Rome, ces paroles exprimées par le Pape François dans son intention de prière contre la corruption pour le mois de février, plantent le décor.

Le livre du philosophe italien Vittorio Alberti, présenté le 28 février à l’Istituto Sturzo, un institut culturel de la capitale italienne, délivre des clés de compréhension historico-culturelles à la lutte contre la corruption et la mafia en Italie. Et ce, trente ans tout juste après le Maxi-procès de Palerme, jugeant une centaine de mafieux dans le pays au milieu des années 1980.

 

La corruption n’est pas que criminelle

Il y a deux sortes de corruption, explique ainsi Vittorio Alberti: la corruption au sens criminel, et la corruption au sens d’une crise culturelle de la société. La crise culturelle évoquée au sens large du terme, désigne les mentalités, les usages, les normes plus qu’autre chose.

Maux endémiques et universels, «la mafia et la corruption sont deux phénomènes différents, malgré des entrelacs indéniables», affirme Giuseppe Pignatone, procureur général de Rome, et intervenant à la présentation.     


L’éducation des âmes

La corruption culturelle telle qu’elle est entendue par Vittorio Alberti, c’est-à-dire ne visant pas forcément des crimes, rejoint celle dénoncée par le Pape François: «la corruption des cœurs».   

D'où vient la corruption ? De la non-fiabilité, de l'ineptie, de l'indifférence, de l'opacité des procédures, des structures, poursuit l’auteur.

Pour Mgr Silvano Tomasi, membre du dicastère pour le Service du développement humain intégral, la solution à cette crise culturelle propice à l’expansion de la corruption, réside dans l’éducation des âmes.

Mgr Silvano Tomasi

Une éducation des âmes qui ne peut être seulement laissée à l’école. En effet, le vrai problème de la mafia, c’est le rapport à la vérité, estime le père Laurent Mazas, directeur exécutif du Parvis des gentils. Dès lors, seule la culture de l’éducation, «capable de remettre la vérité au centre de l’acte moral», peut lutter contre la mafia.

Père Laurent Mazas
01 février 2018, 16:01