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Le cardinal Parolin a clarifié la position du Saint-Siège sur le dialogue complexe avec le gouvernement chinois. Le cardinal Parolin a clarifié la position du Saint-Siège sur le dialogue complexe avec le gouvernement chinois.  (AFP or licensors)

Avec la Chine, le Saint-Siège demande du temps et de la patience

De nombreuses rumeurs circulent depuis plusieurs mois au sujet des contacts entrepris entre le Saint-Siège et la République populaire de Chine, qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques officielles mais dialoguent régulièrement. Le Secrétaire d’État du Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin, a répondu au site « Vatican Insider », lié au quotidien italien « La Stampa », afin de clarifier les positions du Saint-Siège sur ce dialogue complexe avec le gouvernement du pays le plus peuplé du monde.

Cyprien Viet – Cité du Vatican

Dans cette rare prise de parole, le cardinal Pietro Parolin évoque les «souffrances» vécues par l’Église en Chine continentale, tout en faisant remarquer que depuis les années 1980, des contacts ont été ouverts entre des représentants de la Chine populaire et du Saint-Siège, «qui a toujours maintenu une approche pastorale, cherchant à surmonter les oppositions, et en se rendant disponible à un dialogue respectueux et constructif avec les autorités civiles», comme l’avait indiqué Benoît XVI dans sa Lettre aux catholiques chinois, en 2007.

La fidélité des catholiques de Chine

Le cardinal Parolin remarque la fidélité des catholiques de Chine, qui «ont su cultiver, malgré tant de difficultés et de souffrances, le dépôt authentique de la foi, en tenant ferme le lien de communion hiérarchique entre les évêques et le Successeur de Pierre». 

 

Le Secrétaire d’État rappelle cette notion essentielle : «La communion entre l’évêque de Rome et tous les évêques touche le cœur de l’unité de l’Église : ce n’est pas une question privée entre le Pape et les évêques chinois ni entre le Siège apostolique et les autorités civiles». La finalité du dialogue en cours est donc la communion : «En Chine, il n’existe pas deux Églises, mais deux communautés de fidèles appelés à accomplir un chemin graduel de réconciliation vers l’unité». L’enjeu est donc de trouver «des solutions pastorales réalistes qui permettent aux catholiques de vivre leur foi et de progresser ensemble pour l’œuvre d’évangélisation dans le contexte chinois spécifique».

Sur la question de la nomination des évêques, il faut «du temps et de la patience», mais le cardinal Parolin a confiance dans le fait qu’une fois ce sujet pris en charge d’une façon adéquate, «les difficultés restantes ne devraient plus être de nature à empêcher aux catholiques chinois de vivre en communion entre eux et avec le Pape». Il rappelle que ce dialogue vise aussi à permettre aux catholiques d’offrir une contribution positive pour le bien de toute la société chinoise.

Guérir les blessures

«Il y a encore beaucoup de blessures ouvertes», sur lesquelles il faut déposer «un baume de miséricorde», mais «s’il est demandé à quelqu’un un sacrifice, petit ou grand, il doit être clair pour tous, que ceci n’est pas le prix d’un changement politique, mais rentre dans la perspective évangélique d’un plus grand bien, le bien de l’Église du Christ. L’espérance est que l’on arrive, quand le Seigneur le voudra, à ne plus devoir parler d’évêques “légitimes” et “illégitimes”, “clandestins” et “officiels” dans l’Église en Chine, mais à se rencontrer entre frères, en apprenant de nouveau le langage de la collaboration et de la communion». Cette expérience est la condition pour relancer le chemin de l’évangélisation et apporter aux autres la consolation du Seigneur, car «si l’on n’est pas prêt à pardonner, cela signifie, malheureusement, qu’il y a d’autres intérêts à défendre ; mais ceci n’est pas une perspective évangélique».

Le choix de la fidélité au Successeur de Pierre doit se faire «avec un esprit d’obéissance filiale, même quand tout n’apparaît pas immédiatement clair et compréhensible». Il ne s’agit pas évidemment d’oublier les épreuves vécues par les catholiques de Chine, mais «d’investir le capital humain et spirituel de tant d’épreuves pour construire un futur plus serein et fraternel, avec l’aide de Dieu».

Le Pape suit personnellement le dossier

Assurant l’investissement personnel du Pape sur ce dossier, dont il suit attentivement les évolutions, le cardinal Parolin rappelle que «la confiance n’est pas le fruit de la force de la diplomatie ou des négociations. La confiance se fonde sur le Seigneur qui guide l’histoire. Nous avons confiance dans le fait que les fidèles chinois, grâce à leur sens de la foi, sauront reconnaître que l’action du Saint-Siège est animée par cette confiance, qui ne répond pas à des logiques mondaines. Il incombe d’une façon particulière aux pasteurs d’aider les fidèles à reconnaître dans la conduite du Pape le point de référence sûr pour accueillir le dessein de Dieu dans les circonstances actuelles.» Il faut donc faire preuve d’humilité, de modération et d’un esprit de foi, pour ne pas «tomber dans des polémiques stériles qui blessent la communion et nous volent l’espérance d’un futur meilleur». Ce chemin nécessite donc une «conversion pastorale» de la part  des protagonistes du dossier.

31 janvier 2018, 17:05