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Saints Charles Lwanga et ses 21 compagnons martyrs en Ouganda

Saints Charles Lwanga et ses 21 compagnons, Albert Wider Saints Charles Lwanga et ses 21 compagnons, Albert Wider  (Joachim Schäfer - Ökumenisches Heiligenlexikon)

«Je te prendrai par la main. Si nous devons mourir pour Jésus, nous mourrons ensemble, main dans la main»: ce sont là les dernières paroles prononcées par Charles Lwanga et adressées au jeune Kizito, tué avec lui, en haine de la foi, à l’âge seulement de 14 ans. Un martyre partagé ensemble avec d’autres compagnons, catholiques et anglicans, frappés par les persécutions contre les chrétiens en Ouganda vers la fin du 19ème siècle.

La rencontre avec les «Pères Blancs» et la conversion à la foi au Christ

Leur histoire se déroule sous le règne de Mwanga II, roi de Buganda, aujourd’hui une partie de l’Ouganda, entre novembre 1885 et la moitié de 1886. Charles, en particulier, appartient au clan Ngabi, mais sur lui reposent les paroles de l’Evangile prêchées et vécues par les Missionnaires d’Afrique, mieux connus comme Pères Blancs, fondés par le cardinal Lavigerie. Le jeune Lwanga se convertit à la foi au Christ et, en 1885, il est appelé à la cour comme préfet de la Salle Royale. Aussitôt il devient le point de référence pour les autres, en particulier pour les néo-convertis qu’il soutient et en encourage la foi.

Le début des persécutions

Au début , le roi Mwanga, lui aussi éduqué par les Pères Blancs, mais très têtu et esprit rebelle, l’accueille avec bienveillance. Puis poussé à la révolte par les tenants des traditions locales qui voient ainsi compromis leur pouvoir par la force de l’Evangile, le souverain commence une vraie persécution contre les chrétiens, surtout qu’ils ne cèdent pas à ses pratiques dissolues. Le 25 mai 1886, Charles Lwanga est condamné à mort, ensemble avec d’autres. Le lendemain commencent les premières exécutions.

Une «Via Crucis» longue de huit jours

Pour augmenter la souffrance des condamnés, le souverain décide de les transférer du Palais royal de Munyonyo à Namugongo, lieu des exécutions capitales: 27 miles séparent les deux localités, et deviennent réellement une «Via Crucis». Tout au long de la route Charles et ses compagnons sont objet des violences des soldats du roi qui cherchent, par tous les moyens, à les faire abjurer. En huit jours de route, beaucoup périssent frappés par des lances, pendus voire cloués aux arbres.

Torches vives sur la colline de Namugongo

Le 3 juin les survivants parviennent exténués sur la colline de Namugongo, où les attend le bûcher. Charles Lwanga et ses compagnons, ensemble avec certains fidèles anglicans, sont brûlés vifs. Ils prient jusqu’à la fin, sans émettre le moindre gémissement et donnant ainsi une preuve éclatante de foi féconde. Un d’entre eux, Bruno Ssrerunkuma, dira, avant d’expirer: «Une source qui a beaucoup de fontaines ne tarira jamais. Et quand nous ne serons plus là, d’autres viendront après nous»

Canonisation par Paul VI en 1964

En 1920, Benoît XV les proclame Bienheureux. Quatorze ans plus tard, en 1934, Pie XI désigne Charles Lwanga «Protecteur des jeunesse de l’Afrique chrétienne».
C’est Paul VI, qui canonise tout le groupe le 18 octobre 1964, durant le Concile Vatican II. Et c’est toujours le Pape Montini qui, au cours d’un voyage apostolique en Ouganda en 1969, consacre le Maitre Autel du Sanctuaire de Namugongo, construit sur le lieu de leur martyre. La forme de l’église qui y est érigée évoque une maison traditionnelle africaine posée sur vingt-deux piliers représentant les 22 martyrs catholiques.

Pape François : «Témoins de l’œcuménisme dans le sang »

Le 28 novembre 2015, lors de son onzième voyage apostolique qui l’a amené en Ouganda, le pape François a célébré la Messe dans le même sanctuaire, après avoir visité l’église anglicane voisine, elle aussi, consacrée aux martyrs du Pays. «Aujourd’hui, nous évoquons avec gratitude le sacrifice des martyrs ougandais dont le témoignage d’amour pour le Christ et son Eglise a justement rejoint les extrémités de la terre, a affirmé le Pape dans son homélie, nous évoquons aussi, a-t-il ajouté, les martyrs anglicans, dont la mort pour le Christ rend témoignage à l’œcuménisme du sang…Vies marquées par la puissance de l’Esprit Saint, vies qui rendent témoignage aussi aujourd’hui au pouvoir de transformation de l’Evangile de Jésus-Christ».