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Le Pape François a reçu les membres du réseau de pharmacies "Apoteca Natura", le 14 novembre 2022, en salle Clémentine du Palais apostolique. Le Pape François a reçu les membres du réseau de pharmacies "Apoteca Natura", le 14 novembre 2022, en salle Clémentine du Palais apostolique.  

Le Pape encourage les apothicaires à la culture du soin et à la proximité

Le Pape a reçu près de 400 membres du réseau de pharmacies "Apoteca Natura", lundi 14 novembre, en salle Clémentine du Palais apostolique. Dans son discours à ces apothicaires privilégiant les conseils en thérapie naturelle, le Souverain pontife argentin a fait de nouveau l’éloge de la culture du soin, opposée à celle de la consommation et du déchet.

«Votre expérience de recherche dans la nature de réponses à des problèmes de santé m'a fait penser à l'Amazonie, pas à la sorcellerie amazonienne, mais à l'Amazonie», a d’abord noté François.

Les peuples autochtones -en Amazonie comme ailleurs - sont les dépositaires d'un riche patrimoine de thérapies naturelles; mais même celles-ci sont malheureusement menacées de disparition si les cultures d'origine s'éteignent, s’est inquiété le Successeur de Pierre.

Les cultures originelles liées à la Création

«Les cultures originelles ont cette attitude, toujours, avec la Création, avec l'environnement, de bien vivre, qui n'est pas la dolce vita ou le bien vivre: non. C'est l'harmonie de la vie de la personne, de la famille, des personnes avec la Création», a réitéré François, percevant dans le travail des apothicaires «un signe positif des temps», une manière créative de faire des affaires et de générer des emplois à partir «d'une intuition entièrement écologique, une intuition qui répond à l'impérieuse nécessité aujourd'hui de redécouvrir une nouvelle harmonie» entre êtres humains et la création. 

Cultiver la proximité avec les patients

Le Pape perçoit une autre intuition heureuse dans ce réseau de pharmacie: la tentative de développer ce qui est déjà en soi une caractéristique des pharmaciens, c'est-à-dire une relation personnalisée avec les gens du quartier, une certaine capacité d'écoute pour pouvoir conseiller, orienter...

«Or, bien que ce ne soit pas votre invention, vous proposez d'" investir" dans cet aspect, très important du point de vue des soins de santé primaires», a assuré le Pape, déplorant la disparition progressive de la figure du médecin de famille, le fait que la bonne qualité des services de santé territoriaux soit négligée, ou que ceux-ci soient «tellement bureaucratisés et informatisés» que les personnes âgées ou peu instruites se retrouvent exclues.

L'harmonie et le soin

L’évêque de Rome a ensuite évoqué l'intuition originelle des apothicaires en deux mots: harmonie et soin. L'harmonie, un concept cher au Pape, qui a aussi «une grande valeur théologique et spirituelle». «C'est pourquoi la Création, précisément parce qu'elle est "créée" par Dieu qui est harmonie, reflète le dessein du Créateur et, tout en étant intimement marquée par le mal qui l'a polluée, aspire toujours au bien et à l'harmonie», a-t-il ajouté.

Entre la culture du consumérisme et du déchet, «forme de nihilisme», et la culture du soin, il faut choisir, a-t-il aussi enjoint. «Aujourd'hui, nous ne sommes pas autorisés à rester neutres. Un choix doit être fait, car le cri de la terre et le cri des pauvres exigent une responsabilité». Or, de la même manière que la culture de la consommation et du déchet est très répandue et conditionne nombre de nos comportements quotidiens, la culture du soin s'exprime par de nombreux petits et grands choix, que chacun est appelé à faire, selon le rôle qu'il occupe. L'encyclique Laudato si' a voulu être, pour toute l'Église et pour tous les hommes et femmes de bonne volonté, un appel à assumer l'attitude de soin avec conscience et décision, a souligné le Saint-Père, rappelant combien, «chacun, dans son propre rôle», peut contribuer à la diffusion de la culture du soin.


14 novembre 2022, 12:20