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Mgr Adolfo Tito Yllana, nouveau nonce apostolique en Israël et à Chypre, le 3 juin 2021. Mgr Adolfo Tito Yllana, nouveau nonce apostolique en Israël et à Chypre, le 3 juin 2021.   (GIOVANNI PORTELLI)

Mgr Adolfo Yllana: la venue du Pape à Chypre, un pas vers l'unité

Mgr Adolfo Yllana, nonce apostolique en Israël et à Chypre, et délégué apostolique à Jérusalem et en Palestine, a exprimé l'espoir que la présence du Souverain pontife sur l'île soit source d'une unité renforcée dans le pays.

Antonella Palermo et Christine Seuss - Cité du Vatican

Le 35ème voyage apostolique du Pape François à Chypre et en Grèce a débuté le 2 décembre. L'île de Chypre, laboratoire des croyances et des confessions, frontière entre l'Orient et l'Occident, déjà visitée par Benoît XVI il y a onze ans, attend le Souverain pontife, qui y séjournera deux jours. Un rameau d'olivier attaché à un épi de blé représente, dans le logo de ce pèlerinage, l'aspiration à la paix et à la communion pour ce pays.

Les étapes du Pape à Chypre

De l'aéroport de Larnaca, le Pape se rendra à Nicosie où, dans la cathédrale maronite de Notre-Dame des Grâces, il rencontrera le clergé, les religieux et les catéchistes, au contact des réalités ecclésiales locales. Cette rencontre sera suivie d'une seconde avec les autorités et le corps diplomatique chypriote, au Palais présidentiel.

Le second jour du voyage sera consacré à la visite du Pape à Sa Béatitude Chrysostomos II, archevêque orthodoxe de Chypre, puis, dans la cathédrale orthodoxe, à la rencontre avec le Saint-Synode. La messe sera célébrée dans le stade de l'Association Gymnastique Pancyprienne, à Strovolos, dans le district de Nicosie. Avant de quitter Chypre et de s'envoler pour la Grèce, le Saint-Père participera à la prière œcuménique avec les migrants, dans l'église paroissiale de Santa Croce.

La question d'une décennie d'un pays divisé

Chypre a toujours été un lieu de passage de différents peuples et civilisations: Hittites, Grecs, Assyriens, Phéniciens, Égyptiens, Perses, Macédoniens, Romains, Byzantins, puis Francs, Vénitiens et Ottomans et enfin les Britanniques. Soumise à la domination de nombreux empires -de celui d'Alexandre le Grand à celui des Romains puis des Ottomans- depuis la Grèce antique, elle a conservé des liens étroits avec le monde hellénique.

Sous protectorat britannique, elle a obtenu son indépendance en 1959. La loi dite «loi chypriote» prévoit une coopération entre les communautés grecque et turque. En 1963, le vice-président, les ministres et les députés chypriotes turcs cessent de participer à la vie des institutions. En 1974, un coup d'État de la junte militaire alors au pouvoir en Grèce déclenche une intervention militaire de la Turquie, qui prend le contrôle de la partie nord (un peu plus d'un tiers de la superficie totale de l'île), créant un «État fédéré chypriote turc».

En 1983, elle est devenue la «République turque de Chypre du Nord», reconnue uniquement par la Turquie. Un plan des Nations unies visant à réunifier l'île en une confédération entre les deux communautés de Grecs et de Turcs, avec un poids politique et institutionnel égal, remonte à 2004, mais ce plan a échoué. En fait, seule la République de Chypre est à toutes fins utiles membre de l'Union européenne, alors que toutes les autres négociations ont échoué en raison d'un désaccord généré par l'insistance turque sur le droit d'intervenir militairement. La solution de la «question chypriote» -à laquelle les revendications d'Ankara sur les gisements de gaz en Méditerranée se sont récemment entremêlées- semble encore lointaine.

Une Église vivante

Malgré la persistance de cette division politico-administrative et d’une grave crise financière liée à la crise grecque, l'Église de Chypre, où 80% de la population est chrétienne, avec une nette prédominance des orthodoxes, est restée assez vivante. Le nonce apostolique à Chypre, Mgr Adolfo Tito Yllana, qui a inauguré la phase diocésaine du synode général il y a un mois, en est convaincu. En outre, pour traiter des questions relatives à la paix, à la réconciliation et aux droits de l'homme, le nonce lui-même participe -avec les chefs religieux de Chypre -aux travaux de l'association impliquée dans le «volet religieux du processus de paix à Chypre».

Les relations entre le Saint-Siège et Chypre

«Elles sont excellentes», explique le nonce apostolique de Chypre. «En parlant avec les autorités, j'ai vu toute l'estime que ce peuple a, tout d'abord pour le Saint-Père et ensuite pour ce que fait le Saint-Siège. Ils espèrent qu'elle contribuera à l'unité du pays et la renforcera. Qu'elle soit une nation, un peuple, où nous vivons en accord les uns avec les autres», a-t-il ajouté.

«Il y a de l'échange et de la bonne volonté dans l'organisation de cette visite, non seulement de la part de laïcs généreux mais aussi de la part des autorités. Ils sont impatients de recevoir le pape dans cette terre appelée République de Chypre, une terre à majorité chrétienne. Nous avons des orthodoxes, des catholiques de rite oriental et latin, nous avons des missionnaires, des religieux et des religieuses... Vous pouvez voir à quel point l'Église est vivante ici. Je peux le dire sans exagérer et cela me réconforte beaucoup.»

02 décembre 2021, 08:41