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Le Pape encourage le Parlement européen à défendre les plus faibles

François a reçu en audience ce samedi matin le président du Parlement européen, David Sassoli. Dans un entretien accordé à Vatican News, il affirme que «l’Union européenne s’engage à réaliser des structures en Afrique pour vacciner dans des pays qui en ce moment en ont particulièrement besoin».

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«Un fort encouragement à défendre la personne humaine où qu’elle soit, quelle que soit la condition dans laquelle elle se trouve. La défense de la personne humaine comme mesure de toute chose» : c’est le principal message que David Sassoli, président du Parlement européen, a reçu selon lui du Pape François, rencontré ce samedi matin au sein du palais apostolique. Dans un entretien accordé à Fausta Speranza, de la rédaction italienne de Vatican News, David Sassoli affirme une certaine convergence de vue entre le Saint-Père et les institutions européennes dans le fait de faire de l’Union européenne (UE) «un instrument pour défendre les plus faibles, les migrants, les personnes en difficulté, tous ceux qui se sentent exclus». «Et dans l’esprit de l’Europe en ce moment, il y a exactement tout cela dans les instruments que nous avons mis en œuvre». «Nous devons diminuer les inégalités et créer une protection surtout pour les plus vulnérables», poursuit le président du Parlement.

Politique migratoire en genèse

Pourtant, l’Union européenne (UE) peine à mettre sur pied une vraie politique migratoire partagée par l’ensemble de ses États membres. David Sassoli reconnait une certaine «frustration» face à un problème qui ne concerne que «quelque milliers de personnes, pas des millions». De ce point de vue, il ressent «une grande entente avec les humeurs et les encouragements qui arrivent du Saint-Père».

Vaccins anti-covid en partage

Sur la question des vaccins anti-covid, David Sassoli tient à souligner que l’UE a exporté 40 % de sa production, chose que n’ont pas fait les États-Unis, la Chine ou d’autres grands pays, insiste-t-il. «Cela n’a pas provoqué de scandale parce que nous sommes convaincus que notre sécurité passe par celle des autres». Mais «nous devons faire plus» concède-t-il. D’où la demande du Parlement de mener une réflexion sur les licences et les brevets et la réalisation en ce moment même de structures pour vacciner les populations africaines qui en ont particulièrement besoin.

Rapport Matic

Concernant le rapport Matic sur la santé et les droits reproductifs et sexuels adopté cette semaine par les députés, David Sassoli précise que ce texte n’est pas contraignant et a pour but d’harmoniser les législations nationales en la matière. «Je crois que cela a été un peu instrumentalisé» regrette-t-il, espérant que certaines expériences, comme la législation italienne «qui met la femme en position de choisir mais aussi en sécurité», puissent être utiles aux différents pays.

Laudato si’, source d’inspiration

Parmi les grands textes adoptés par l’Union européenne ces derniers mois, figure le pacte vert qui doit beaucoup au Pape François et à Laudato si’, affirme David Sassoli. «Ses encycliques sont à l’origine de la réflexion que toutes les familles politiques ont faite en Europe pour donner vie au pacte vert européen, c’est-à-dire cette grande possibilité qu’a l’UE d’être première de la classe dans la défense de la planète» explique le président du Parlement européen. «La dernière encyclique du Pape [Fratelli tutti ], est une indication très politique pour nous», ajoute-t-il.

Besoin de plus d’Europe

En 1957, au moment de la signature du traité de Rome, Pie XII avait recommandé aux pères fondateurs de bâtir une Europe unie sur des valeurs qui ne soient pas qu’économiques, évitant un repli égoïste sur soi du continent. Il avait aussi demandé de regarder vers l’Afrique. «Nous ne sommes pas arrivés à la conclusion que nos pères fondateurs en 1957, mais aussi le Saint-Siège, espéraient» admet David Sassoli. «Nous devons continuer. L’histoire de l’UE est une histoire de succès mais l’histoire ne finit certainement pas là».

Idem concernant le plan de relance contre les conséquences de la covid : «Nous avons besoin d’une Europe qui sache s’exprimer d’une seule voix, naturellement dans le pluralisme et dans toutes ses sensibilités que l’espace européen exprime». «Je crois que les citoyens se rendent compte qu’une Europe plus forte est une Europe plus utile également pour eux, pour leur sécurité, pour la réponse à leurs problèmes. Et au fond, ces quinze mois nous ont démontré cela», se réjouit David Sassoli.

 

 

26 juin 2021, 16:19