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Vatican News
Une personne malade du Covid-19 tient un chapelet dans un hôpital de Rio de Janeiro, au Brésil, en juillet 2020. Une personne malade du Covid-19 tient un chapelet dans un hôpital de Rio de Janeiro, au Brésil, en juillet 2020.  (AFP or licensors)

Covid-19: le Pape François au chevet de l’Amérique latine

Ce jeudi 19 novembre, le Pape François a adressé un message vidéo aux participants au séminaire virtuel intitulé «Amérique latine: l’Église, le Pape François et les scénarios de la pandémie». Cette rencontre visant à analyser la situation de la pandémie de Covid-19 dans ce continent était coorganisée par la Commission pontificale pour l’Amérique latine, l’Académie pontificale des Sciences sociales et la Conférence épiscopale latino-américaine (Celam).

Dans cette vidéo, le Pape François dit espérer que cette initiative «puisse inspirer des chemins, réveiller des processus, créer des alliances et donner une impulsion à tous les mécanismes nécessaires pour garantir une vie digne à nos peuples, spécialement aux plus exclus, à travers l’expérience de la fraternité et de l’amitié sociale». Une nouvelle fois, le premier Pape latino-américain de l’histoire insiste sur le devoir des acteurs ecclésiaux de se tourner d’abord vers les plus pauvres, vers les périphéries humaines, qui sont la «clé herméneutique» d’une action solidaire cohérente et efficace.

La pandémie actuelle «a amplifié et mis encore plus en évidence les problèmes et les injustices socio-économiques qui affligeaient déjà gravement toute l’Amérique latine, et les plus pauvres avec une plus grande dureté», s’attriste le Pape François. Il remarque que beaucoup n’ont pas accès aux équipements de base «pour adopter les mesures élémentaires de protection contre le Covid-19: un toit sûr où l’on peut mettre en œuvre la distanciation sociale, l’eau et les produits sanitaires pour se laver et désinfecter les aliments» ou encore «un travail sûr qui garantisse l’accès aux prestations». Ces paramètres doivent être au cœur de l’engagement de l’Église pour la solidarité avec les personnes en difficulté.

François évoque aussi dans cette vidéo «les frères et sœurs qui, en plus de subir l’impact de la pandémie, voient avec tristesse que l’écosystème autour d’eux est en sérieux danger à cause des incendies de forêt qui détruisent de vastes zones comme le Pantanal et l’Amazonie, qui sont le poumon de l’Amérique latine et du monde».

Le défi chrétien de la solidarité et de l’unité

Face aux conséquences durables de la pandémie sur le plan économique, François rappelle que dans le Royaume de Dieu, «l’organisation sociale se base sur le fait de contribuer, partager et distribuer, et non pas sur la possession, l’exclusion et l’accumulation». Alors que «la pandémie a fait voir le meilleur et le pire de nos peuples et le meilleur et le pire de chaque personne», il est aujourd’hui «nécessaire de reprendre conscience de notre appartenance commune». Il rappelle aussi que le triptyque «toit, terre, travail» doit toujours servir d’indicateur dans les démarches de solidarité.

Il invite aussi les responsables politiques à ne pas instrumentaliser cette situation de crise pour leurs propres intérêts, mais au contraire à œuvrer en faveur de la «charité sociale», comme il y exhorte dans sa récente encyclique Fratelli tutti. Ceci implique de ne pas chercher à «discréditer l’autre », comme c’est trop souvent le cas dans les discours politique. «Et ceci vaut aussi pour les hommes et les femmes d’Église», avertir François, car les divisions internes «sont une vraie lèpre qui rend malade et qui tue l’Évangile».

Plutôt que de perdre du temps dans des conflits internes et des médisances, chaque jour, les acteurs ecclésiaux doivent au contraire sortir «à la manière du Bon Samaritain, en embrassant les plus pauvres», afin de bâtir une civilisation orientée vers l’amour, la justice et la solidarité. François conclut ce message en confiant le continent latino-américain à l’intercession de la Vierge de Guadalupe, pour que «son manteau de Mère et de Femme nous répare comme un unique peuple» qui sache «valoriser la conscience de ce métissage commun qui nous rend frères et enfants d’un même Père».

 

 

19 novembre 2020, 16:30