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Contemplation et compassion, les ingrédients de l’écologie intégrale

En salle Paul VI, le Saint-Père a rencontré en fin de matinée environ 250 participants à la rencontre des communautés “Laudato Si’”, petits groupes répandus à travers l’Italie ayant pour but de diffuser et mettre en pratique l’enseignement du Saint-Père contenu dans son encyclique sur la protection de la Maison commune.

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Cinq ans après la publication de l’encyclique Laudato Si’, et alors que l’Église vit une année spéciale consacrée à ce texte du magistère, en même temps que le “Temps de la Création” jusqu’au 4 octobre prochain,  l’audience qui s’est déroulée ce samedi au Vatican revêtait une signification particulière, en montrant un peu du dynamisme insufflé par l’encyclique du Pape François.

Le mouvement des communautés Laudato Si’ est né sur le territoire italien peu après la publication de l’encyclique dédiée à l’écologie, ses initiateurs étant Mgr Domenico Pompili, évêque de Rieti, et Carlo Petrini, président et fondateur du mouvement international Slowfood.

Les membres de plus de soixante communautés étaient présents ce matin pour rencontrer le Saint-Père, qui leur a délivré un discours sur les principaux axes de l’écologie intégrale, la contemplation et la compassion.

Équité et écologie vont de pair

François a d’abord tenu à rappeler que «la négligence de la création et les injustices sociales s'influencent mutuellement: on peut dire qu'il n'y a pas d'écologie sans équité et qu'il n'y a pas d'équité sans écologie». L’engagement pour la protection de l’environnement est «une tâche qui concerne tout le monde, en particulier les responsables des nations et des activités productives». «Ce qu'il faut, c'est une réelle volonté de s'attaquer aux causes profondes des bouleversements climatiques actuels. (…) Nous devons regarder loin devant nous, sinon l'histoire ne pardonnera pas. Nous devons travailler aujourd'hui pour demain, pour tout le monde. Les jeunes et les pauvres nous demanderont des comptes», a martelé le Pape, avant d’en venir aux deux «mots-clés» précédemment mentionnés.

Savoir être présent à ce(lui) qui nous entoure

Concernant la contemplation, le Saint-Père a d’abord regretté que le «regard sur la réalité» soit «de plus en plus rapide, distrait, superficiel, alors qu'en peu de temps les nouvelles et les forêts sont brûlées. Malades de la consommation, nous nous battons pour la dernière "app", mais nous ne connaissons plus le nom de nos voisins, et encore moins savoir comment distinguer un arbre d'un autre», a-t-il fait remarquer.

Le retour à la contemplation est donc nécessaire. Et François de préciser: «pour ne pas être distrait par mille choses inutiles, il faut trouver le silence ; pour que le cœur ne tombe pas malade, il faut s'arrêter». Ce qui consiste concrètement à «se libérer de l'enfermement du téléphone portable, regarder dans les yeux nos voisins et la création qui nous a été donnée».

«Contempler, c'est se donner le temps de se taire, de prier», c’est «l'antidote aux choix hâtifs, superficiels et peu concluants», a poursuivi le Pape. Les contemplatifs découvrent alors, sous le regard du Créateur, que «chacun est important aux yeux de Dieu, chacun peut transformer un petit monde pollué par la voracité humaine». Et cela les pousse à l’action, motivée par la compassion.

Compassion rime avec action

La compassion, définie par François comme «le fruit de la contemplation», consiste en un changement regard, à l’«opposé de notre indifférence», peu à peu semblable à celui de Dieu qui «nous voit toujours comme des enfants bien-aimés», « les frères et sœurs d'une même famille, qui vivent dans la même maison».

Notre compassion, a affirmé le Saint-Père «est le meilleur vaccin contre l'épidémie d'indifférence». «Le monde a besoin de cette charité créative et active, de personnes qui ne se tiennent pas devant un écran pour commenter, mais se salissent les mains pour supprimer la dégradation et restaurer la dignité. Avoir de la compassion est un choix: c'est choisir de ne pas avoir d'ennemis pour voir en chacun mon voisin».

Mais ce choix ne suscite pas la mollesse ou le renoncement paresseux. Il engage au contraire à «une dure lutte quotidienne contre le rejet et le gaspillage, le rejet des autres et le gaspillage des choses». Et le Pape de s’élever contre ces deux fléaux, avant de plaider pour des «choix politiques qui allient progrès et équité, développement et durabilité pour tous».

François a enfin adressé des paroles d’encouragement aux membres des communautés Laudato Si’, afin qu’ils continuent «de cultiver la contemplation et la compassion, ingrédients indispensables de l'écologie intégrale», sans oublier de «travailler comme des frères. Construire la fraternité universelle. Et c'est le moment, c'est le défi d'aujourd'hui», a ajouté le Saint-Père. «Merci encore pour votre présence et pour votre engagement», a-t-il conclu avant de les bénir.

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12 septembre 2020, 12:51