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La bienheureuse Maria Margherita Caiani, fondatrice des franciscaines minimes du Sacré-Cœur. La bienheureuse Maria Margherita Caiani, fondatrice des franciscaines minimes du Sacré-Cœur.  

Le Pape salue les franciscaines minimes du Sacré-Cœur

Le jubilé de la bienheureuse Maria Margherita Caiani, fondatrice de cet ordre débute ce 8 août et durera un an. Une occasion pour le souverain pontife d'exprimer sa reconnaissance et ses encouragements pour la mission de ces religieuses, particulièrement engagées auprès des jeunes.

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Ce 8 août marque le début du jubilé pour les religieuses franciscaines minimes du Sacré-Cœur, une congrégation fondée en 1902 par la bienheureuse Maria Margherita Caiani (1863-1921). Béatifiée par saint Jean-Paul II en 1989, la religieuse a laissé derrière elle une communauté de soeurs très engagées dans l'éducation et le service aux personnes âgées, dans la spiritualité franciscaine. Dans son message, le Pape François tient à remercier ces religieuses pour leur mission qui se poursuit en Italie et sur d'autres continents, et salue leur charisme, marqué par la charité et l'humilité. «Cet anniversaire vous appelle à incarner en notre temps les spécificités de votre charisme» écrit notamment le Pape, louant leur «petitesse». Un chemin «étroit et ardu» mais encore fécond aujourd'hui.  

Voici le message du Saint-Père en français:

Chères sœurs,

Le 8 août 2021 sera le centenaire de la naissance au ciel de la bienheureuse Maria Margherita Caiani, qui en 1902 a donné naissance à l'Institut des minimes franciscaines du Sacré-Cœur. Je me réjouis que vous, ses filles spirituelles, souhaitiez vous préparer à cet anniversaire avec l'Année jubilaire qui commence aujourd'hui, dans la mémoire liturgique de la bienheureuse.

Mon souhait est que cette année soit l'occasion pour toute la Congrégation de se souvenir de la vie et des enseignements de la Fondatrice, ainsi que de ces presque cent vingt ans de parcours, en regardant aussi les défis de l'avenir. C'est une grâce d'avoir un cœur reconnaissant et réconcilié avec son passé et des yeux pleins d'espoir pour demain ; sans cependant se réfugier dans un passé qui n'est plus ou un avenir qui n'est pas encore, fuyant l'aujourd'hui dans lequel nous sommes appelés à vivre et à travailler. Cet anniversaire vous appelle à incarner en notre temps les spécificités de votre charisme. Que l'Esprit Saint, qui l'a suscitée au début du siècle dernier, vous donne la force de retrouver sa fraîcheur et la capacité de continuer à parfumer le monde avec le don de votre vie.

Vous êtes les religieuses minimes franciscaines du Sacré-Cœur. Je voudrais m'attarder brièvement sur ce nom. 

Mère Caiani, en vous appelant minime, a voulu souligner ce que devrait être le style de votre vie : le style de la petitesse. Cela a ensuite été confirmé par la greffe de votre Institut dans l'arbre de la grande famille franciscaine : vous vous êtes mis à l'école de saint François pour mieux suivre le Seigneur, qui d'abord "s'est fait petit, il a choisi cette voie". Celle de s'humilier et de s'humilier jusqu'à la mort sur la croix" (Homélie de la messe à la Maison Sainte-Marthe, 23 juin 2017).

C'est une route à parcourir tous les jours. C'est un chemin étroit et ardu, mais si on le suit jusqu'au bout, la vie devient fructueuse. Comme pour la Vierge Marie, regardée par le Très-Haut précisément parce qu'elle était humble, petite (cf. Lc 1, 47) ; et ainsi elle est devenue la Mère de Dieu.

Elle était franciscaine, minime, et précisait "du Sacré-Cœur", pour s'enraciner à la source de la Charité. L'amour que Jésus a pour nous ne nous éblouit pas avec de grands effets spéciaux qui s'estompent rapidement, mais c'est un amour concret et fidèle, fait de proximité, de gestes qui nous élèvent et nous donnent dignité et confiance. Pensons aux deux disciples d'Emmaüs qui, confus et amers, sont rentrés chez eux le soir de Pâques (cf. Lc 24, 13-35). Le Seigneur s'est fait proche d'eux non pas comme un héros mais comme un compagnon de route ; en marchant, il leur a expliqué "ce qui, dans toutes les Ecritures, se réfère à lui". (v. 27), et leur cœur brûlait de joie ; puis il rompit le pain, "alors leurs yeux s'ouvrirent et ils le reconnurent" (v. 31).

Puissiez-vous aimer avec le Coeur de Jésus, avec des gestes riches en tendresse. Et le premier endroit où vivre cet amour simple et concret est votre communauté religieuse.

"Du Sacré-Cœur" n'est pas seulement un complément, mais en dit beaucoup plus : il parle d'appartenance. Le Seigneur vous a donné la vie, il vous a engendré à la foi et vous a appelé à lui dans la vie consacrée en vous attirant vers son Coeur. Cette appartenance se manifeste d'une manière particulière dans la prière. Toute notre vie est appelée, avec la grâce de l'Esprit, à devenir prière. C'est pourquoi nous devons permettre au Seigneur de rester toujours uni à nous. Et c'est ainsi qu'Il nous transforme, jour après jour, en rendant notre cœur de plus en plus semblable au sien. 

Il y a des moments dans la journée qui favorisent cette union avec Dieu : la Messe, la Liturgie des Heures, l'Adoration, la méditation de la Parole, le Rosaire, la lecture spirituelle. Que ce soit votre départ vers le Seigneur plein de joie, la joie de l'enfant qui court vers ses parents pour les embrasser. Cette joie attire et est contagieuse ! Parfois, il semble qu'il y ait mille autres choses plus nécessaires à faire, ou nous ressentons la fatigue d'être avec Jésus ; mais, comme les disciples du Jardin de Gethsémani, Jésus nous invite à rester là, près de Lui (cf. Mc 14, 38). Permettons au Seigneur de rester uni avec nous ! 

Poussées par le Sacré-Cœur, vous serez les mères des frères et sœurs que vous rencontrerez "du berceau à la tombe", comme le disait la bienheureuse Maria Margherita. Vous proclamerez avec joie que le Seigneur nous regarde toujours avec miséricorde, qu'il a un Coeur miséricordieux.

Votre charisme a également une dimension réparatrice. C'est un grand service pour le bien du monde. Le péché ruine l'œuvre que Dieu a créée belle. Vous, avec vos prières et vos petits gestes, semez dans le champ du monde la graine de l'amour de Dieu qui fait toutes choses nouvelles. La graine, lorsqu'elle tombe sur le sol, ne fait aucun bruit : il en va de même pour les nombreux travaux que vous réalisez en Italie, au Brésil, en Égypte, au Sri Lanka et à Bethléem, notamment en faveur des enfants et des jeunes. Des gestes qui sont capables de rendre le monde plus beau, de l'illuminer d'un rayon de l'amour de Dieu.

Chères sœurs, je vous souhaite un centenaire saint et fécond ! Je vous assure de mon souvenir auprès du Seigneur, par l'intercession de la Vierge Marie ; et vous aussi, n'oubliez pas de prier pour moi. A vous et à ceux qui sont confiés à votre charité, je donne cordialement la bénédiction apostolique.

Rome, Saint Jean de Latran, 8 août 2020

 

08 août 2020, 11:26