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Aristides de Sousa Mendes en 1950. Aristides de Sousa Mendes en 1950.  

Le Pape François appelle au respect de la liberté de conscience

Au terme de l’audience générale du mercredi 17 juin 2020, le Pape François a rappelé l’importance du respect de la liberté de conscience, citant le modèle du diplomate portugais Aristides de Sousa Mendes.

François a invité au respect de la liberté de conscience «en cette "Journée de la Conscience", inspirée par le témoignage du diplomate portugais Aristides de Sousa Mendes, qui, il y a 80 ans, a décidé de suivre la voix de la conscience et a sauvé la vie de milliers de Juifs et d'autres personnes persécutés», s'est-il souvenu. «Que la liberté de conscience soit toujours et partout respectée; et que chaque chrétien donne un exemple de cohérence avec une conscience droite et illuminée par la Parole de Dieu», a-t-il ajouté dans cet appel lancé après sa catéchèse. 

Qui était Aristides de Sousa Mendes ?

Ce diplomate portugais est né en 1885 à Cabanas de Viriato dans une famille aristocratique. En 1940, peu après le début de la Seconde Guerre mondiale, il est nommé consul de Bordeaux, en France. Devant ses yeux, il voit passer une myriade de réfugiés, dont de nombreux Juifs, qui cherchent à échapper à la fureur meurtrière des nazis.

L'ordre venant du gouvernement de Lisbonne, dirigé par António de Oliveira Salazar, est alors de refuser les visas aux «étrangers de nationalité indéterminée, contestée ou contestée». Et aussi aux apatrides et «aux Juifs, qui ont été expulsés de leur pays d'origine ou de l'État dont ils sont citoyens». Mais Aristides de Sousa Mendes délivre des visas, en particulier aux Juifs, pour leur permettre de se mettre en sécurité dans un pays neutre comme le Portugal, qui malgré le caractère autoritaire de son gouvernement, ne s’était pas aligné sur l’Allemagne hitlérienne.

Photo de Aristides de Sousa Mendes et d'un visa accordé en 1940.
Photo de Aristides de Sousa Mendes et d'un visa accordé en 1940.

Des visas accordés sans distinction

À Bordeaux, alors que la défaite française ouvre la voie à la mise en place du régime de Vichy et de la collaboration, on entend parler de la possibilité d'obtenir un sauf-conduit du consulat portugais. Beaucoup sont blottis devant la porte d'entrée. En trois jours seulement, le consul délivre 30 000 visas. Parmi ceux qui sont aidés par le diplomate portugais se trouve également le rabbin d'Anvers, Jacob Kruger. Le 16 juin 1940, Aristides de Souda Mendes décide de donner un visa à tous les réfugiés qui en font la demande : «Désormais, nous donnerons des visas à tous les gens, sans distinction de nationalité, de race ou de religion», écrit-il. Aidé de ses enfants et petits-enfants et du rabbin Kruger, il tamponne les passeports, attribue les visas, en utilisant toutes les feuilles de papier disponibles.

Le 8 juillet 1940, il rentre au Portugal et il est puni par le gouvernement de Salazar : il est démis de ses fonctions et son salaire est réduit de moitié. Son permis de conduire, délivré à l'étranger, lui est retiré. Aristides et sa famille survivent grâce à la solidarité de la communauté juive de Lisbonne. Deux de ses 14 enfants participeront au débarquement de Normandie.

Retiré de la vie publique, il est mort dans la pauvreté le 3 avril 1954 à l'hôpital franciscain de Lisbonne. En 1966, l'institut "Yad Vashem" lui a décerné le titre de "Juste parmi les nations" et il a été réhabilité par la République portugaise en 1986.

Le rabbin Kruger et Aristides de Sousa Mendes en 1940.
Le rabbin Kruger et Aristides de Sousa Mendes en 1940.
17 juin 2020, 10:17