Recherche

Vatican News
Le Pape saluant le cardinal Versaldi, préfet de la Congrégation pour l'Éducation catholique Le Pape saluant le cardinal Versaldi, préfet de la Congrégation pour l'Éducation catholique  (Vatican Media)

Le Pape plaide pour une éducation au service d'une humanité plus fraternelle

Recevant en audience, ce jeudi matin, les participants à l’assemblée plénière de la Congrégation pour l’Éducation catholique, le Pape a vanté les mérites de l’éducation comme mouvement et réalité dynamique de croissance ; dans un monde fracturé et complexe, il est plus que jamais nécessaire de s’unir pour reformer une alliance éducative au service de la fraternité humaine, a plaidé le Saint-Père.

L’éducation est d’abord un mouvement inclusif, dirigé vers tous les marginalisés et exclus de nos sociétés, victimes de la pauvreté, des guerres, des famines et catastrophes naturelles, de la sélection sociale ou de difficultés familiales. Cette essence inclusive se concrétise par des actions éducatives en faveur des réfugiés, des victimes de la traite, des migrants, sans aucune distinction de sexe, de religion ou d’ethnie. L’inclusion n’est pas «une invention moderne», mais elle fait partie «du message salvifique chrétien», précise le Pape, pour qui ce mouvement doit être accéléré pour endiguer la culture du déchet.

L’éducation est ensuite un mouvement pacificateur ; cette force peut s’opposer à «“l’égolâtrie” qui génère la non-paix, aux fractures entre les générations, les peuples, les cultures, les populations riches et pauvres, entre les hommes et les femmes». En réalité, ces fractures cachent «une peur de la diversité et de la différence», analyse François. À cette aune, «l’éducation et sa force pacificatrice est appelée à former des personnes capables de comprendre que la diversité n’est pas un obstacle à l’unité».

Les enjeux du pacte éducatif global

Une autre caractéristique de l’éducation est qu’elle est un mouvement d’équipe: «ce n’est jamais l’action d’une seule personne ou institution». L’école constitue un centre auquel doivent participer ensemble les familles, les enseignants et les associations, ainsi que le rappelle la Déclaration conciliaire Gravissimum educationis. Ce mouvement est entré en crise, et c’est pour cela que le Pape a «senti la nécessité de promouvoir le 14 mai prochain la journée du Pacte éducatif global», dont l’organisation a été confiée au dicastère romain. «C’est un appel adressé à tous ceux qui ont des responsabilités politiques, administratives, religieuses et éducatives pour recomposer le “village de l’éducation”». Le but de cette réunion n’est pas d’élaborer des programmes mais de retrouver un élan commun, réveiller la passion pour une éducation plus humaine et inclusive: «ce pacte ne doit pas être une reconstitution des positivismes que nous avons reçus de l’éducation des Lumières, il doit être révolutionnaire», a asséné le Pape.

«Plus que jamais, il est nécessaire d’unir les forces dans une alliance éducative afin de former des personnes matures, capables de dépasser les fragmentations et les contrastes et reconstruire le tissu des relations pour une humanité plus fraternelle». Cet objectif requiert du courage, notamment celui de «bien payer les éducateurs».

Face à ce large horizon, le Saint-Père encourage la Congrégation à continuer sur la voie de son programme, lequel comprend notamment la constitution d’un observatoire mondial, ainsi qu’une plus grande attention envers la pastorale universitaire, comme instrument de nouvelle évangélisation.

20 février 2020, 13:03