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L’appel du Pape pour les populations civiles d’Idleb

Ce dimanche 9 février 2020, au terme de la prière de l’Angélus, le Pape François a évoqué l’escalade militaire en cours à Idleb, province du nord-ouest de la Syrie, où l’intensification des combats entre l’armée syrienne et les groupes jihadistes et rebelles touchent de plein fouet les populations civiles. Le Souverain Pontife appelle les parties concernées et la communauté internationale à tout faire pour les protéger.

«De douloureuses nouvelles continuent d’arriver du nord-ouest de la Syrie, en particulier sur les conditions de tant de femmes et d’enfants, de personnes contraintes à fuir en raison de l’escalade militaire. Je renouvelle mon appel pressant à la communauté internationale et à toutes les parties concernées afin qu’elles se servent de moyens diplomatiques, du dialogue et des négociations, dans le respect du Droit humanitaire international, pour sauvegarder la vie et le sort des civils». Devant des milliers de fidèles, pèlerins et touristes rassemblés place Saint Pierre pour l’Angélus dominical, le Saint-Père a donc exprimé sa vive inquiétude pour la situation en cours à Idleb, invitant les personnes présentes à prier un «Je vous salue Marie» à cette intention.

Situation alarmante

Cette province du nord-ouest syrien, frontalière de la Turquie, est la dernière à échapper au contrôle de Damas. Tenue en grande partie par des groupes jihadistes et rebelles, elle fait l’objet, depuis avril 2019, d’une vaste offensive de l’armée syrienne, appuyée par l’aviation de l’allié russe. Dernière victoire en date pour l’armée loyaliste: la reprise ce samedi de la ville-clé Saraqeb ; Damas continue donc de progresser, malgré les mises en garde de la Turquie, parrain de groupes insurgés et qui a des troupes déployées sur le terrain. Ankara a ainsi menacé de représailles l’armée syrienne en cas d’attaque de ses positions militaires dans la région.

La violence des combats et des bombardements touchent de plein fouet les populations civiles ; plus de 3 millions de personnes – dont beaucoup de femmes et d’enfants-  se retrouvent ainsi piégées dans des zones de guerre. Environ 700 000 d’entre elles ont dû fuir la région ces derniers mois ; sans parler de milliers d’autres qui ont été tuées par des frappes aériennes. Ces dernières n’ont pas épargné les installations médicales et sanitaires, les écoles ou les mosquées. La communauté internationale dénonce «un carnage» et une situation humanitaire cauchemardesque. Submergées par le nombre de déplacés et par leurs besoins, les ONG présentes sur place font état de graves pénuries de nourriture, d’abris, de soins de santé, ainsi que d’autres services de base nécessaires à leur survie.

La lettre du Pape en juillet 2019

Le drame d’Idleb avait déjà été évoqué par le Pape dans la lettre qu’il avait adressée au président syrien Bachar Al-Assad, en juillet dernier. Il y demandait avec force que la vie des civils soit protégée, ainsi que les principales infrastructures comme les écoles, les hôpitaux et les structures sanitaires. Le Saint-Père demandait encore au président de tout faire pour arrêter la catastrophe humanitaire en cours, pour la sauvegarde des populations sans défense, en particulier des plus faibles.

Une préoccupation constante

Depuis le début de son pontificat, le Pape François a souvent élevé la voix pour la «bien-aimée Syrie». Lors des prières de l’Angélus, lors des audiences générales et lors des bénédictions Urbi et Orbi, le Saint-Père, en des termes souvent très forts, s’est fait interprète de la douleur d’un peuple souffrant, appelant sans relâche la communauté internationale à s’impliquer réellement pour la résolution de ce terrible et sanglant conflit.

S’adressant ainsi aux chefs d’État, le 5 septembre 2013, et notamment au président russe Vladimir Poutine, à l’occasion du G20 de Saint-Pétersbourg, il invoquait «une solution pacifique à travers le dialogue et la négociation entre les parties concernées, avec le soutien concordant de la communauté internationale».

Dans cette même période marquée par les préparatifs d’une opération occidentale en Syrie, finalement annulée, le Pape avait organisé le 7 septembre 2013 une journée de jeûne et de prière pour la paix en Syrie, au Moyen-Orient et dans le monde entier, conclue par une veillée organisée sur la Place Saint-Pierre. Le Pape demandait alors que tous les efforts soient fait pour trouver la voie de la négociation. Lors de l’Angélus du 1er septembre 2013, François répétait enfin que «l’humanité a besoin de voir des gestes de paix et d’entendre des paroles d’espérance et de paix».

 

09 février 2020, 12:12