Recherche

Le roi d'Espagne, Felipe VI, reçoit les délégations participants à la COP 25, lundi 2 décembre à Madrid. Le roi d'Espagne, Felipe VI, reçoit les délégations participants à la COP 25, lundi 2 décembre à Madrid.  

COP25: le Pape érige la dignité comme valeur centrale de l’action climatique

Réfléchir aux modèles contemporains de consommation et de production car nous affrontons «un défi de civilisation». C’est l’appel du Pape François transmis par écrit aux participants à la Conférence sur le Climat des Nations Unies (COP25), qui se déroule à Madrid (Espagne) jusqu’au 13 décembre 2019.

Dans cette lettre lue à l’ouverture des travaux par le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège, le Pape commence par saluer «l’entrée en vigueur rapide» de l’Accord sur le climat signé à Paris lors de la COP21, ainsi que les multiples réunions et débats qui ont essaimé depuis.

Des paroles trop éloignées des actions

«Les différents acteurs de la communauté internationale sont de plus en plus conscients de l’importance et de la nécessité à travailler ensemble pour construire notre Maison commune», a d’emblée fait remarquer le Saint-Père, avant de tempérer. 

 

Le Pape déplore ainsi une prise de conscience «encore trop faible» pour répondre adéquatement «à ce fort sentiment d’urgence d’une action rapide que réclament les données scientifiques dont on dispose, comme celle du GIEC – le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat». Des paroles trop éloignées des actes concrets, a dénoncé François.

«De ce point de vue, nous devons sérieusement nous demander s'il existe une volonté politique d'allouer avec honnêteté, responsabilité et courage plus de ressources humaines, financières et technologiques pour atténuer les effets négatifs du changement climatique, ainsi que pour aider les populations les plus pauvres et les plus vulnérables qui en souffrent le plus», a-t-il poursuivi, alarmé mais empli d’espérance.

Une forte et clairvoyante volonté politique

«De nombreuses études nous disent qu'il est encore possible de limiter le réchauffement planétaire», a-t-il observé dans ce message. Et l’évêque de Rome de souligner dès lors le besoin «d’une volonté politique claire, clairvoyante et forte, qui s'engage dans une nouvelle voie visant à recentrer les investissements financiers et économiques sur les domaines qui garantissent réellement les conditions d'une vie digne de l'humanité sur une planète "saine" pour aujourd'hui et demain».

Repenser la société de consommation

Pour le Pape François, notre époque et ses enjeux climatiques nous place face à «un défi de civilisation». «Tout cela nous appelle à réfléchir consciencieusement sur la signification de nos modèles de consommation et de production et sur les processus d'éducation et de sensibilisation pour les rendre conformes à la dignité humaine». C’est donc la dignité qui doit être établie comme valeur centrale de l’action climatique. Le Pape a conclu en souhaitant que c’est donc cet esprit qui animera les travaux de cette conférence mondiale.

Malgré sa tenue à Madrid, la COP25 reste sous la présidence du Chili, qui a décidé de placer cet événement sous le signe de l'océan. À l'occasion du deuxième jour de travaux, le 3 décembre, l'ONU a annoncé que l'année 2019 sera l'une des trois années les plus chaudes enregistrées depuis 1850, concluant une décennie «de chaleur exceptionnelle»

Merci d'avoir lu cet article. Si vous souhaitez rester informé, inscrivez-vous à la lettre d’information en cliquant ici

04 décembre 2019, 09:18