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Le Pape François en visite en février dernier au siège de la FAO. Le Pape François en visite en février dernier au siège de la FAO.   (Vatican Media)

Journée mondiale de l'alimentation: le Pape invite à la sobriété

Dans un message adressé au directeur général de la FAO, le Souverain Pontife rappelle l'importance de changer nos habitudes alimentaires en privilégiant la sobriété et regrette le décalage entre des sociétés d'opulence et d'autres où l'on ne mange pas encore à sa faim. Il invite aussi à toujours mettre la personne humaine au coeur des politiques de développement.

Olivier Bonnel-Cité du Vatican

À l'occasion de la Journée mondiale de l'alimentation, célébrée le 16 octobre, le Pape François a envoyé une lettre à Qu Dongyu, le directeur général de la FAO, L'organisation des Nations-Unies pour l'alimentation et l'agriculture. Une lettre dans laquelle il souligne que, chaque année, cette journée «fait fait écho tous les ans au cri de nos frères si nombreux qui continuent à souffrir des tragédies de la faim et de la malnutrition». Le Saint-Père rappelle que la FAO a choisi cette année le thème «Agir pour l’avenir. Une alimentation saine pour un monde #FaimZéro» pour sensibiliser aux défis de l'alimentation sur la planète. 

Le thème choisi pour cette année met en évidence la distorsion du binôme "nourriture-nutrition", rappelle le Pape qui expose clairement ces déséquilibres. «Nous voyons comment la nourriture cesse d’être un moyen de subsistance pour devenir un moyen de destruction personnelle.» écrit-il au début de cette lettre. Dans le monde, poursuit-il, reprenant les chiffres des Nations-Unies, 820 millions de personnes sont affamées tandis que 700 millions d'autres sont en surpoids, «victimes de mauvaises habitudes alimentaires».

Une conversion nécessaire

Face à ces criantes disparités, «une conversion de notre manière d’agir est donc nécessaire, plaide le Pape, et la nutrition est un important point de départ». «Nous vivons grâce aux fruits de la création, poursuit-il, et ceux-ci ne peuvent pas être considérés simplement comme un objet d’usage et de domination».  Pour combattre ces tendances néfastes, François invite ainsi à développer des styles de vie par «une vision reconnaissante pour ce qui nous est donné», en cultivant la tempérance, la modération, l’abstinence, la maîtrise de soi et la solidarité : des vertus, rappelle t-il, qui ont accompagné l’histoire de l’homme.

Cette sobriété que le Pape François appelle de ses voeux pourra permettre ainsi de préserver le bien commun et lutter contre l'individualisme et l'égocentrisme, «qui ne provoquent, note-t-il, que la faim et l’inégalité sociale».

Le rôle-clé de la famille

Dans sa lettre, le Souverain Pontife souligne aussi le rôle fondamental joué par la famille lorsqu'il s'agit d'alimentation. Pour cela, écrit-il, «la FAO a dédié une particulière attention à la protection de la famille rurale et à la promotion de l’agriculture familiale». Alors dans nombre de sociétés rurales, la femme est un acteur-clé du développement, François rappelle que «grâce à la sensibilité féminine et maternelle, on apprend à jouir des fruits de la terre sans en abuser et on découvre les meilleurs instruments pour diffuser des styles de vie respectueux du bien personnel et collectif.»

«Il est cruel, injuste et paradoxal que, de nos jours, il y ait de la nourriture pour tous et que tout le monde ne puisse pas y accéder» écrit encore le Pape au directeur général de la FAO, déplorant le gaspillage ou la consommation à l'excès encore trop présents dans certaines régions du monde. 

La nourriture n'est pas un produit financier

Dans la lignée de ce qu'il a à de multiples reprises écrit, comme dans son encylique Laudato Si, François rappelle avec fermeté que «la lutte contre la faim et la malnutrition ne cessera pas tant que prévaudra exclusivement la logique du marché et que l’on cherchera seulement le profit à tout prix, en réduisant la nourriture à un simple produit de commerce, sujet à la spéculation financière». Sur un thème aussi essentiel que la nourriture, la première préoccupation doit toujours être la personne humaine. Quand cette personne humaine «sera mise à la place qui lui revient, conclu le Saint-Père, alors les opérations d’aide humanitaire et les programmes de développement auront un plus grand impact et donneront les résultats escomptés

 

16 octobre 2019, 08:47