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Le Pape François portant le reliquaire en bronze de Saint-Pierre, le 24 novembre 2013. Le Pape François portant le reliquaire en bronze de Saint-Pierre, le 24 novembre 2013.  

La lettre du Pape au Patriarche Bartholomée sur les reliques de Saint-Pierre

Le Souverain Pontife a écrit au Patriarche œcuménique de Constantinople pour lui expliquer la signification de ce don, qu'il voit comme une confirmation du chemin de dialogue parcouru entre les deux Églises.

Olivier Bonnel-Cité du Vatican 

C'était un don inestimable qui a provoqué une «joie immense» selon les mots de Mgr Job, l’archevêque orthodoxe de Telmissos, qui a conduit la délégation du Patriarcat de Constantinople à Rome le 29 juin dernier lors de la fête des saints Pierre et Paul. Le Pape François avait en effet décidé de faire un don à «son frère Bartholomée» de reliques de saint Pierre, afin qu'elles soient gardées à Istanbul, au Phanar, le siège du Patriarcat.

Pour expliquer le sens de ce don, le Pape François a écrit une lettre au Patriarche orthodoxe, dans laquelle il revient avant tout sur les détails de ces reliques. Le Saint-Père précise qu'il s'agit de neuf fragments d'os qui ont été placés dans un boîtier en bronze et que son prédecesseur saint Paul VI avait fait placer dans la chapelle privée des appartements pontificaux. Ce don de reliques s'inscrit dans une tradition inaugurée justement par Paul VI lors de sa rencontre historique avec le Patriarche Athénagoras, à Jérusalem en 1964. 

Un héritage historique

«En réfléchissant à notre détermination mutuelle d'avancer ensemble vers la pleine communion et en remerciant Dieu pour les progrès déjà accomplis depuis la rencontre de nos vénérables prédécesseurs, écrit ainsi le Pape François, j'ai pensé au don que le Patriarche Athénagoras a fait au Pape Paul VI : une icône représentant les frères Pierre et André embrassant, unis dans la foi et l'amour pour leur Seigneur commun».

Cette icône, qui est aujourd'hui conservée au Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens, «est devenue pour nous un signe prophétique de la restauration de cette communion visible entre nos Églises à laquelle nous aspirons», précise le Pape. Ainsi, le don des reliques de saint Pierre en juin dernier se veut pour François la «confirmation du chemin que nos Églises ont parcouru en se rapprochant les unes des autres».  

Un chemin qui exige une conversion spirituelle

Ce chemin de dialogue entre Rome et Constantinople est parfois exigeant et difficile, poursuit le Pape dans sa lettre, mais «accompagné de signes évidents de la grâce de Dieu». Le Pape fait part de sa confiance que ce chemin continuera à porter des fruits, malgré les obstacles, et invite à «une conversion spirituelle et une fidélité renouvelée au Seigneur qui exige de notre part un engagement plus grand et des pas nouveaux et courageux. Les difficultés et les désaccords, actuels et futurs, écrit-il encore, ne doivent pas nous détourner de notre devoir et de notre responsabilité de chrétiens, et en particulier de pasteurs de l'Église, devant Dieu et devant l'histoire.»

Les reliques de Saint-Pierre sont désormais placées auprès de celle de Saint-André, patron de l'Eglise de Constantinople et vénéré par l'Eglise orthodoxe locale. «L'union des reliques des deux frères Apôtres peut aussi servir de rappel et d'encouragement constant que, dans ce cheminement continu, nos divergences ne feront plus obstacle à notre témoignage commun et à notre mission évangélisatrice au service d'une famille humaine qui est aujourd'hui tentée de construire un avenir purement séculier, un futur sans Dieu». 

 

13 septembre 2019, 11:09