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Veillée conclusive de l'Année sacerdotale, le 10 juin 2010 au Vatican Veillée conclusive de l'Année sacerdotale, le 10 juin 2010 au Vatican  Éditorial

Une lettre aux frères prêtres pour les encourager et les soutenir

Le Pape François remercie les nombreux prêtres pour leur service quotidien au service du peuple de Dieu.

Andrea Tornielli – Cité du Vatican

Le drame des abus, le cri étouffé des victimes, qui l’ont subi de qui elles n’auraient jamais imaginé, pèse comme un fardeau sur les épaules de chaque prêtre. Il y a des prêtres qui sont regardés avec dédain, avec suspicion, pour des fautes qu’ils n’ont pas commis, mais qui reste des blessures ensanglantées pour tout le corps ecclésial.

Avec la lettre aux prêtres à l’occasion du 160e anniversaire de la mort du saint curé d’Ars, un modèle de prêtre qui s’est consumé au service du peuple de Dieu, le Pape François – qui lui non plus ne s’est bien sûr pas dérobé face au devoir de la dénonciation et de la réprobation, quand c’est nécessaire -, répond en remerciant l’armée silencieuse des prêtres qui n’ont pas trahi la foi ni la confiance. Il manifeste proximité, encouragement, soutien, réconfort à tous les prêtres du monde. À ces prêtres qui chaque jour, souvent avec difficulté, défient la désillusion et l’incompréhension, gardent les églises ouvertes et célèbrent les sacrements. À ces prêtres qui, en surmontant la tristesse et les habitudes, continuent à se mettre en jeu dans l’accueil de celui qui a besoin d’une parole de réconfort, d’accompagnement. À ces prêtres qui visitent quotidiennement leur population, en se donnant sans réserve, en pleurant avec ceux qui pleurent et en se réjouissant avec ceux qui sont dans la joie. À ces prêtres qui vivent “dans des tranchées”, qui parfois risquent leur vie pour être proches de leur peuple. À ces prêtres qui doivent parcourir des jours et des jours de canoé pour rejoindre un village perdu, pour aller trouver des brebis perdues de leur troupeau.

Il y a une grandeur peu racontée dans la vie ordinaire de l’Église. Une grandeur capable de faire l’histoire, même si elle ne sera jamais sous les feux de la rampe. C’est la grandeur du service dans la vie cachée, de celui qui se donne sans se mettre au premier rang, en se confiant seulement à la grâce de Dieu. C’est la grandeur de la vie offerte aux autres par ces prêtres «pécheurs pardonnés», comme le Pape se définit aussi lui-même, qui en ayant expérimenté et en continuant à expérimenter la miséricorde, laissent à Dieu l’initiative et le suivent dans le service à leurs communautés.

Il y avait besoin d’une parole d’encouragement, d’estime, de proximité. Il y avait besoin d’un remerciement, comme celui qui est contenu dans les pages de la lettre papale. Pour que la douleur provoquée pour le corps ecclésial par l’infidélité de peu d’entre eux, comme c’est arrivé avec cette plaie des abus, ne fasse pas oublier la fidélité de beaucoup, vécue malgré les nombreuses difficultés et les limites humaines. Le Pape François a donc voulu remercier ceux qui encore aujourd’hui offrent toute leur existence à Dieu en le servant à travers son peuple, et il renouvelle ce “oui” initial de sa propre vocation, en faisant mémoire de l’appel reçu.

04 août 2019, 11:00