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Le Pape en Roumanie: "partir en pèlerinage, c'est marcher ensemble"

Au début de sa deuxième journée en Roumanie, le Pape a présidé une messe dans le sanctuaire marial de Sumuleu-Ciuc, située dans la petite ville transylvanienne de Miercurea Ciuc. Dans son homélie, le Saint-Père a rappelé que tous les chrétiens étaient en pèlerinage, invités à marcher ensemble sous le regard de Marie.

Malgré la pluie et des températures bien peu printanières, plus de 100 000 fidèles ont participé à la messe célébrée dans ce sanctuaire marial où se rendent, nombreux, en pèlerinage les catholiques roumains de langue hongroise, notamment le samedi de Pentecôte. Cette minorité ethnico-linguistique est essentiellement concentrée en Transylvanie, dans le massif des Carpathes. À noter, la présence de János Áder, le président hongrois, venu en simple pèlerin.

Partir en pèlerinage comme peuple

Dans son homélie, prononcée en italien, puis lue en hongrois et roumain, le Pape a parlé des sanctuaires comme «lieux quasi sacramentels d’une Église hôpital de campagne», gardiens de la mémoire du peuple fidèle, qui «ne se lasse pas de chercher la source d’eau vive où rafraichir son espérance». Celui de Sumuleu-Ciuc «appartient à l’héritage de la Transylvanie», a-t-il également rappelé; il est aussi un lieu d’unité et de dialogue, en ce sens qu’il réunit des pèlerins roumains, hongrois, ainsi que des fidèles d’autres confessions.

Car partir en pèlerinage,  «c’est savoir que nous venons comme peuple dans notre maison», riche de ses innombrables visages, cultures et traditions, avec Marie.

Dépasser les rancoeurs, ne pas se faire voler la fraternité

Dans chaque sanctuaire, la mère de Dieu veille sur nous, intercède pour nous, afin que «nous ne nous laissions pas voler la fraternité par les voix et les blessures qui nourrissent la division et le cloisonnement». Si les «vicissitudes complexes du passé» ne doivent pas être oubliées, elles ne doivent pas non plus entraver «une coexistence fraternelle désirée» .

Partir en pèlerinage signifie être appelés à «marcher ensemble», -thème de ce voyage-,  en demandant au Seigneur de transformer les rancœurs tenaces en de «nouvelles opportunités de communion»; c’est également de désinstaller de ses sécurités pour se mettre en «recherche d’une nouvelle terre». C’est encore se libérer de la peur de nous mélanger pour choisir la fraternité. C’est «regarder non pas tant ce qui aurait dû être mais tout ce qui nous attend et que nous ne pouvons pas reporter davantage». Partir en pèlerinage, enfin, poursuit le Pape, «c’est s’engager à lutter pour que ceux  qui hier étaient demeurés en arrière deviennent les protagonistes d’aujourd’hui, et pour que les protagonistes de demain ne soient pas laissés en arrière».

Le pèlerinage nous met à l’école de Marie, tourne nos regards vers l’humble jeune fille de Nazareth et le mystère de l’élection de Dieu, «qui pose son regard sur le faible pour confondre les forts». Le Seigneur ne déçoit jamais celui qui risque, a conclu François.

 

01 juin 2019, 11:57