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Le Pape François a présidé la célébration de Corpus Domini, dimanche 23 juin 2019 dans le quartier romain de Casal Bertone. Le Pape François a présidé la célébration de Corpus Domini, dimanche 23 juin 2019 dans le quartier romain de Casal Bertone.   (Vatican Media)

Corpus Domini: le peuple de Dieu vit de bénédictions, non de lamentations

En déplacement dans le quartier populaire de Casal Bertone à Rome, le Pape François a présidé la messe de la solennité du Corpus Domini, dimanche 23 juin 2019, développant l’importance de la bénédiction dans une vie catholique.

Dans le 14ème arrondissement de Rome, devant près de 380 enfants, entre autres, le Pape François a développé deux verbes essentiels à une vie vécue selon l’Évangile: dire et donner.

La bénédiction fait jaillir le bien

«Tout part de la bénédiction», a affirmé le Pape. «Les paroles de bien engendrent une histoire de bien», a-t-il détaillé.

À l’instar de Jésus qui bénit les cinq pains et les deux poissons en les multipliant, «la bénédiction fait jaillir une cascade de bien», a-t-il renchéri. 

 

«Pourquoi bénir fait du bien ?», s’est ensuite interrogé François: «Parce que c’est transformer la parole en don. Quand on bénit, on ne fait pas quelque chose pour soi, mais pour les autres», a-t-il expliqué.  

Ainsi, bénir, selon le Pape, ce n’est pas dire de belles paroles, ni utiliser des paroles de circonstance, mais c’est «dire du bien, dire avec amour».

L’Eucharistie est une école de bénédiction

Et le Successeur de Pierre de mettre en exergue les nombreuses occasions de bénédictions dans nos vies: le jour du baptême, à la fin de chaque messe, par exemple. C’est donc toute l’Eucharistie qui est une école de bénédiction, a-t-il souligné, ajoutant que celle-ci servait à ce que nous devenions «des canaux de bien dans le monde».  

Bénir au lieu de maudire

Le Pape s’est ensuite adressé aux prêtres, les enjoignant à «ne pas avoir peur de bénir les autres avec la même onction d’amour». En effet, a-t-il constaté, il est triste de voir avec quelle facilité aujourd’hui, «on maudit, on méprise, on insulte».

«Pris par trop de frénésie, on ne se contient pas et on déverse sa colère sur tout et sur tous. Souvent malheureusement, celui qui crie le plus et le plus fort, celui qui est le plus en colère semble avoir raison et créer un consensus. Ne nous laissons pas contaminer par l’arrogance, ne nous laissons pas envahir par l’amertume, nous qui mangeons le Pain qui porte en soi toute douceur», a-t-il déclaré.  

D’autant plus que le peuple de Dieu «aime la louange et ne vit pas de plaintes»; «il est fait pour les bénédictions, non pour les lamentations», a martelé l’évêque de Rome.  

Partager en confiance

Le Pape François a ensuite médité sur le second verbe: «donner», induisant le partage.

«Le pain n’est pas seulement un produit de consommation, c’est un moyen de partage. En fait, de manière surprenante, dans le récit de la multiplication des pains, on ne parle jamais de multiplier. Au contraire, les verbes utilisés sont : “rompre, donner, distribuer” (cf. Lc 9, 16). En somme, on ne souligne pas la multiplication, mais le partage. C’est important: Jésus ne fait pas de magie, c’est la confiance en Dieu et en sa providence», a-t-il développé.

L’économie de l’Évangile

Et le Souverain pontife de regretter la tendance inflationniste sévissant dans notre monde contemporain: «On cherche toujours à augmenter les gains, à gonfler les factures»… «Oui, mais à quelle fin ? C’est le donner ou l’avoir ? Le partager ou l’accumuler?», a interpellé François, assurant que l’«économie» de l’Évangile multipliait en partageant, nourrissait en distribuant, ne satisfaisait pas la voracité de quelques-uns, mais donnait la vie au monde (cf. Jn 6, 33).

Le verbe de Jésus est «donner», non «avoir»

Peu importe que cela soit peu ou beaucoup, «le Seigneur fait de grandes choses avec notre petitesse, comme avec les cinq pains», a tenu à rassurer le Saint-Père, précisant: «Il n’accomplit pas de prodiges par des actions spectaculaires, mais avec des choses humbles, en rompant avec ses mains, en donnant, en distribuant, en partageant. Dieu est une toute-puissance humble, faite seulement d’amour. Et l’amour fait de grandes choses avec des petites choses».

Ce que nous enseigne ainsi l’Eucharistie devient l’antidote contre le «ça me plaît, mais ça ne me regarde pas», contre le «je n’ai pas de temps, je ne peux pas, ce n’est pas mon affaire».

Être bénédiction et don

«Dans notre ville affamée d’amour et d’attention, qui souffre de dégradation et d’abandon, face à de nombreuses personnes âgées seules, à des familles en difficulté, à des jeunes qui ont du mal à gagner leur vie et à alimenter leurs rêves» a énoncé le Pape, le Seigneur te dit: «Donne-leur toi-même à manger». Et tu peux répondre: «J’ai peu de choses, je n’en suis pas capable».

Cela, selon François, n’est pas vrai. «Ton peu de choses est beaucoup aux yeux de Jésus, si tu ne le gardes pas pour toi, si tu le mets en jeu».

De ce fait, a estimé le Saint-Père, si nous l’accueillons avec le cœur, ce Pain de l’Eucharistie libèrera en nous la force de l’amour. «Le Seigneur vient dans nos rues pour dire-du bien de nous et pour nous donner du courage. Il nous demande d’être bénédiction et don», a-t-il conclu. 

23 juin 2019, 18:40