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Le Pape François en visite au siège de la FAO à Rome, le 16 octobre 2017, lors de la Journée mondiale de l'alimentation. Le Pape François en visite au siège de la FAO à Rome, le 16 octobre 2017, lors de la Journée mondiale de l'alimentation.   (ANSA)

Dans une lettre à la FAO, le Pape François défend l’agriculture familiale

Dans l’esprit de Laudato Si’ et en cohérence avec ses objectifs de développement humain intégral, le Pape François a pris la plume mercredi 29 mai pour présenter sa vision de l’agriculture de demain au directeur de la FAO (l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture). Un modèle agricole calqué sur celui de la famille.

À l’occasion de l'inauguration de la décennie des Nations unies pour l'agriculture familiale (2019-2028) le 29 mai 2019, le Pape François a adressé une lettre au directeur général de la FAO, l’Américain et Brésilien en fonction depuis 2011, José Graziano da Silva.

L’humanité interconnectée à l’agriculture

Le Pape François y soutient une comparaison entre le modèle familial et le modèle agricole. La famille peut nous aider à comprendre «l’interconnexion de l’humanité, de la création et de l’agriculture», a-t-il écrit à l’agronome et universitaire à la tête de l’institution qui siège à Rome.  

Selon les Nations unies, l’agriculture demeure le principal employeur du monde, son secteur faisant travailler 40% de la population mondiale actuelle, et représentant la principale source de revenu et d’emploi pour les ménages ruraux pauvres

La subsidiarité, matrice des modèles familial et agricole

Ainsi, d’après François, la vie familiale est un exemple «du principe de subsidiarité» qui, en tant que moyen de réguler les relations humaines, est capable de façonner l'ordre social.

Grâce à une subsidiarité appropriée, les pouvoirs publics - du niveau local au niveau international le plus large - peuvent collaborer avec les familles «pour développer les zones rurales, sans négliger l'objectif du bien commun et en donnant la priorité aux personnes les plus démunies», a-t-il soutenu dans sa lettre.

Dans cette «subsidiarité par le bas», qui nous aide à être attentifs et attentionnés envers nos voisins, «nous pouvons voir comment l'agriculture familiale appelle la contribution spécifique du génie féminin, si nécessaire dans toute expression de la vie en société (cf. Compendium de la doctrine sociale de l'Église, 295)», a poursuivi l’évêque de Rome, insistant sur la contribution significative des femmes à l’agriculture dans les pays en développement.

L’agriculture, levier de développement

Selon l’ONU, 815 millions de personnes souffrent de la faim aujourd’hui dans le monde, soit une personne sur neuf. Le continent asiatique souffre le plus de la famine, les deux tiers de sa population. Par ailleurs, près de 2 milliards de personnes supplémentaires seront sous-alimentées d’ici à 2050.

Le Pape François, qui perçoit l’agriculture comme un moyen de développement, a aussi soutenu dans sa lettre que l'emploi des jeunes dans l'agriculture, outre le fait de lutter contre le chômage, pouvait apporter de nouvelles énergies à un secteur qui se révèle d'une importance stratégique pour les intérêts nationaux de nombreux pays.

La «culture écologique» pour résister à la technocratie

Les objectifs onusiens du Programme 2030 ne peuvent ignorer la contribution des jeunes et leur capacité d'innovation, a plaidé le Souverain pontife.

L’importance de l’éducation et la formation à ce secteur agricole apparait ainsi cruciale aux yeux du Saint-Siège et de ses objectifs de développement humain intégral.

«Les systèmes éducatifs doivent passer de la simple transmission du savoir à la promotion de cette culture écologique, qui comprend une manière distincte de voir les choses, une façon de penser, des politiques, un programme éducatif, un mode de vie et une spiritualité qui, ensemble, suscitent une résistance face à l’avancée du paradigme technocratique», a enfin argumenté François dans la droite lignée de son encyclique Laudato Si’.

29 mai 2019, 17:10