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Audience entre le Pape François et les membres de l'Hôpital des Innocents de Florence, 24 mai 2019 Audience entre le Pape François et les membres de l'Hôpital des Innocents de Florence, 24 mai 2019  (Vatican Media)

Le Pape François encourage la «culture de l'adoption» des enfants

Ce fut l’un des premiers orphelinats d’Europe, édifié au XVe siècle. Il s’agit désormais d’un musée, d’un centre de services sociaux pour l’enfance, et d’un lieu de référence pour la promotion des droits de l’enfant: l’Hôpital des Innocents de Florence, dont 70 membres ont été reçus en audience ce matin par le Pape François. Dans un salut improvisé, le Pape les a invités à promouvoir deux cultures: celle de l’enfant et celle de l’adoption.

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

L’hôpital des Innocents, construit au début du XVe siècle, est considéré comme l’un des premiers projets architecturaux de la Renaissance. On doit sa réalisation au célèbre architecte Filippo Brunelleschi, concepteur d’un autre chef d’œuvre florentin, la coupole de la cathédrale Santa Maria del Fiore. Et c’est là le premier enseignement relevé par le Saint-Père dans le discours qu’il aurait dû prononcer lors de cette audience: l’accueil des enfants nécessiteux était accompagné du «désir de les faire grandir dans un environnement qui soit le plus beau possible».

Mais ce majestueux monument qui s’élève sur la Piazza della Santissima Annunziata n’aurait jamais pu être édifié sans «la générositié d’un riche banquier, Francesco Datini». Son geste nous montre que «la responsabilité sociale et éthique du monde de la finance est une valeur indispensable pour construire une société plus juste et solidaire», souligne François.

Protéger la vie, y reconnaître Jésus

Lieu d’accueil et d’éducation des orphelins pendant plusieurs siècles, proposant aujourd’hui encore des services sociaux, l’hôpital des Innocents traduit «une vérité» qui doit être dite «avec force», d’après le Pape: «aux pauvres, aux créatures fragiles, à ceux qui vient en périphérie nous devons offrir le meilleur que nous avons». «Combien avons-nous besoin, poursuit-il, d’une culture qui reconnaisse la valeur de la vie, surtout celle qui est faible, menacée, offensée, et plutôt que de penser pouvoir la mettre à l’écart, l’exclure par des murs et des fermetures, qui se soucie de lui offrir des soins et de la beauté !». Le Pape plaide pour une «culture qui reconnaisse dans chaque visage, même le plus petit, le visage de Jésus».  

Des lieux d’accueil au service de la dignité des enfants

L’institution florentine poursuit sa mission au service de l’enfance en faisant face aux défis contemporains. Le Saint-Père rappelle que «l’objectif» qui doit être fixé «à différents niveaux de responsabilité» est «qu’aucune mère ne se trouve dans les conditions de devoir abandonner son propre enfant». Et si les circonstances amènent à une séparation, il doit y avoir «des structures et des parcours d’accueil dans lesquels l’enfance soit toujours protégée et choyée, de l’unique façon digne: en donnant aux enfants le meilleur que nous pouvons leur offrir», insiste-t-il. «En se rappelant des paroles de Jésus qui nous invite tous à devenir comme vous», écrit le Souverain Pontife en s’adressant aux plus jeunes, «comme des enfants, pour pouvoir entrer dans le Royaume des Cieux».

Le Pape conclut en remerciant les membres de l’hôpital et en les encourageant chaleureusement à continue leur service «avec compétence et tendresse, professionnalisme et dévouement».  

Culture de l’enfant et culture de l’adoption

Ce discours du Saint-Père a donc été remis aux participants que François a préféré saluer un à un, leur adressant ensuite un message improvisé. Il a d’abord encouragé la «culture de l’enfant», qui se caractérise «surtout par une attitude» : la surprise… Voir comment les enfants «se surprennent de la vie» et «entrent en contact avec la vie». «Nous devons apprendre à faire la même chose», a demandé le Pape, «à revenir à la simplicité de l’enfant et surtout à la capacité d’être surpris». «Notre Dieu est le Dieu des surprises», a rappelé François, mettant en exergue quelques passages évangéliques sur l’esprit d’enfance. Le Saint-Père a ensuite évoqué le sujet des adoptions d’enfants, à partir d’une image: celle d’une médaille cassée en deux. Beaucoup d’enfants, a-t-il expliqué, «victimes des guerres, victime des migrations, les enfants non accompagnés, les victimes de la faim», portent la moitié de la médaille. Et qui porte l’autre moitié ? «L’Église-mère», selon le Pape. «Il faut réflechir et faire comprendre aux personnes que nous sommes responsables de cette autre moitié», a estimé François, plaidant pour une autre «maison des innocents», au niveau mondial, par «l’attitude de l’adoption». Le Saint-Père a regretté la «bureaucratie» - quand ce n’est pas «la corruption» - qui complique souvent les procédures d’adoption. Il a demandé à l’assemblée d’œuvrer pour «créer une culture de l’adoption», pour qu’en regardant les enfants «abandonnés, seuls et victimes de guerre», beaucoup prennent conscience de détenir l’autre moitié de leur médaille. 

24 mai 2019, 13:56