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La visite du Pape en Bulgarie se conclut par une rencontre pour la paix

La deuxième journée du 29e voyage apostolique du Pape François s’est achevée par une rencontre interreligieuse pour la paix à Sofia, sur la place Nezavisimost. Le Saint-Père a présidé ce rassemblement auquel participaient les représentants des six confessions religieuses du pays.

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

L’Église orthodoxe bulgare, l’Église apostolique arménienne, la communauté juive, l’alliance protestante (Églises évangéliques unies de Bulgarie), la communauté musulmane et l’Église catholique étaient représentées ce lundi soir à Sofia, en un lieu symbolique pour une rencontre interreligieuse. La capitale bulgare correspond en effet à l’ancienne Sardique, où se tint en 343 le concile du même nom, puis où cohabitèrent au long des siècles des croyants de diverses confessions. De nos jours, la concentration de lieux de cultes divers – églises,  temples, mosquée, synagogue – continue de témoigner de cette vivante pluralité religieuse.

Le Pape prie avec les mots de saint François d’Assise  

La thème de la paix était le ferment d’unité de cette rencontre, chaque communauté élevant vers Dieu une prière prononcée selon sa propre tradition. Pour les catholiques, cette prière constituait une double réponse: à la demande de Jésus, d’une part, d’être des artisans de paix, au testament de saint Jean XXIII, d’autre part, laissé à travers son Encyclique Pacem in Terris, dont le titre est le thème de ce voyage apostolique en Bulgarie.

Une foule nombreuse était rassemblée sur la place Nezavisimost (“de l’Indépendance”), malgré un temps pluvieux et visiblement frais. Siméon II, dernier roi de Bulgarie, ayant régné de 1943 à 1946, était dans l’assistance.

Aux enfants, futurs acteurs de la construction de la paix en Bulgarie, un rôle de premier plan a été donné au cours de la rencontre. Ils étaient plusieurs dizaines pour accueillir le Saint-Père et les représentants des autres confessions, devant lesquels ils ont d’abord entonné le chant “We are the world”. Six autres étaient présents sur l’estrade principale, chacun au nom d’une religion différente.

En introduction, le Cantique des Créatures de saint Françoise d’Assise a été lu à deux voix, en italien et en bulgare. Puis les bougies portées par les six enfants ont été allumées, avant de laisser place aux prières, prononcées à tour de rôle par des membres de chaque confession religieuse. Il s’agissait parfois d’un chant traditionnel, comme avec les communautés orthodoxe bulgare, juive, et protestante. Un autre texte de saint François d’Assise a résonné lorsque ce fut au tour du Saint-Père de prier au nom de l’Église catholique, le Pape prononçant la célèbre prière «Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix…».

«Avec le feu de l’amour, nous voulons faire fondre le gel des guerres»

Après ces invocations pour la paix, le Souverain Pontife a livré un bref discours. Il a d’abord rendu hommage à saint François d’Assise, invitant chacun à marcher sur ses traces, en tant qu’artisan de paix. «Paix que nous devons implorer et pour laquelle nous devons travailler, don et mission, cadeau et effort constant et quotidien pour construire une culture dans laquelle aussi la paix soit un droit fondamental», a rappelé le Pape. «Paix active et “fortifiée” contre toutes les formes d’égoïsme et d’indifférence qui nous font préférer les intérêts mesquins de certains à la dignité inviolable de chaque personne».

La paix, a insisté le Saint-Père, exige que «nous fassions du dialogue un chemin, de la collaboration commune notre conduite, de la connaissance réciproque la méthode et le critère pour nous rencontrer dans ce qui nous unit, nous respectant dans ce qui nous sépare et nous encourageant à regarder l’avenir comme un espace d’opportunité et de dignité, spécialement pour les générations qui viendront».

«Avec le feu de l’amour, nous voulons faire fondre le gel des guerres», s’est ensuite exclamé François, dans une référence aux flambeaux allumés un peu plus tôt. «En ce moment, a-t-il conclu, nos voix se fondent et à l’unisson elles expriment l’ardent désir de la paix: que la paix se répande sur toute la terre ! Dans nos familles, en chacun de nous, et spécialement en ces lieux où la guerre a fait taire tant de voix (…)», a conclu le Pape, demandant pour cela la coopération de tous, particulièrement les «responsables des religions, de la politique, de la culture».

Au terme de cette heure de rencontre interreligieuse pour la paix, ce sont les notes de l’Alléluia de Haendel, chanté par la chorale et repris par quelques membres de l’assemblée, qui se sont élevées vers le ciel.

L'intégralité du message du Pape François après la prière pour la paix

06 mai 2019, 18:13