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Le Pape François a présidé une messe en la cathédrale Saint Joseph de Bucarest, le 31 mai 2019. Le Pape François a présidé une messe en la cathédrale Saint Joseph de Bucarest, le 31 mai 2019.  (Vatican Media)

Messe du Pape à Bucarest: le secret de la foi réside dans la joie

Au terme de sa première journée en Roumanie, ce vendredi 31 mai 2019, le Pape François a présidé une messe en la cathédrale catholique de Saint Joseph, à Bucarest. Dans son homélie, il s’est concentré sur la figure mariale et ses différents voyages dans l’Écriture: «Marie marche, Marie rencontre, Marie se réjouit».

Marie «marche» d’abord, «de Nazareth à la maison de Zacharie et d’Elizabeth»: c’est le premier d’un grand nombre des voyages de Marie; de Galilée à Bethléem, où naît Jésus, elle fuit en Égypte pour sauver l’enfant d’Hérode, puis elle se rend à Jérusalem chaque année pour la Pâque, jusqu’au dernier voyage au Calvaire, rappelle d’emblée François.

Des voyages qui n’ont jamais été des «chemins faciles», mais ont demandé «courage et patience», relève-t-il.

Marie, «experte en effort»

Ainsi, ils nous disent que la Vierge connaît nos montées: «Elle est pour nous une sœur sur le chemin, experte en effort, elle sait comment nous prendre par la main dans les aspérités, quand nous nous trouvons face aux tournants les plus raides de la vie», garantit le Saint-Père. 

 

«En bonne mère, Marie sait que l’amour se fait chemin dans les petites choses quotidiennes. Amour et ingéniosité maternelle capables de transformer une grotte pour animaux en maison de Jésus, avec quelques pauvres langes et une montagne de tendresse», ajoute-t-il.

Abnégation et engagement marial

Selon François, il apparaît clair que contempler Marie nous permet de poser le regard sur «tant de femmes, de mères et de grand-mères de ces terres qui, avec sacrifice et de manière cachée, abnégation et engagement, façonnent le présent et tissent les rêves de demain».

La marche de l’espérance

De ce fait, relève le Souverain pontife argentin, c’est en regardant Marie et tant de visages maternels, que l’on fait l’expérience de l’espace et qu’on le nourrit pour l’espérance qui engendre et ouvre l’avenir. «Disons-le avec force: dans notre peuple il y a de la place pour l’espérance. C’est pourquoi Marie marche et nous invite à marcher ensemble», a martelé l’évêque de Rome entre les murs de la cathédrale saint Joseph, érigée à la fin du XIXe siècle.

À la recherche des racines

Marie rencontre ensuite Elisabeth, poursuit François, mais c’est elle, l’ancienne, qui parle d’avenir, qui prophétise. «La jeune va à la rencontre de l’ancienne à la recherche des racines, et l’ancienne renaît et prophétise sur la jeune lui donnant un avenir. Ainsi, jeunes et anciens se rencontrent, s’embrassent et sont capables, chacun, de réveiller le meilleur de l’autre», explique le Pape. Tel est le miracle suscité par la culture de la rencontre où personne n’est écarté ni étiqueté, au contraire, où tous sont recherchés parce que nécessaires, pour faire transparaître le Visage du Seigneur, plaide le Successeur de Pierre.

Le miracle de la maternité de l’Église

Enfin, c’est bien l’Esprit Saint qui nous pousse à sortir de nous-mêmes, de nos enfermements et de nos particularismes, pour «nous apprendre à regarder au-delà des apparences et nous offrir la possibilité de dire du bien des autres», enjoint François louant cette «culture de la rencontre» qui pousse à faire l’expérience «du miracle de la maternité de l’Eglise qui cherche, défend et unit ses enfants».

Le problème de la foi, un manque de joie

Le secret du christianisme réside en cette certitude que Dieu est «au milieu de nous comme un sauveur puissant», affirme le Pape. Un constat qui réjouit Marie. Et, de fait, «sans joie nous restons paralysés, esclaves de nos tristesses». Le Pape qui développe: «Souvent le problème de la foi n’est pas tant le manque de moyens et de structures, de quantité, ni même la présence de celui qui ne nous accepte pas; le problème de la foi est le manque de joie». «La foi vacille quand on navigue dans la tristesse et dans le découragement», complète le Saint-Père, invitant à ne pas contredire la foi de la sorte.

Les personnes simples, humbles vainqueurs du Ciel  

«Pensons aux grands témoins de ces terres: des personnes simples, qui ont fait confiance à Dieu au milieu des persécutions. Je voudrais rendre grâce pour ces humbles vainqueurs, pour ces saints de la porte d’à côté qui nous montrent le chemin. Leurs larmes n’ont pas été stériles, elles ont été une prière qui est montée au ciel et qui a irrigué l’espérance de ce peuple», a conclu l’évêque de Rome avec émotion.  

Après cette messe, le Pape s'est rendu à la nonciature pour une rencontre avec 22 jésuites qui travaillent en Roumanie, parmi lesquels 14 Roumains. Le père Barrero Diaz, assistant du préposé général, et le père Matarazzo, provincial pour la Province euro-méditerranéenne (dont fait partie la Roumanie) ont également participé à cette rencontre informelle, devenue une tradition lors des voyages du Pape François.

31 mai 2019, 17:51