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Le Pape François lors d'une messe pour les migrants et réfugiés, le 6 juillet 2018 à la basilique Saint-Pierre. Le Pape François lors d'une messe pour les migrants et réfugiés, le 6 juillet 2018 à la basilique Saint-Pierre. 

La situation des migrants au cœur de l’interview du Pape à une télévision espagnole

Dans un entretien diffusé dimanche soir sur la télévision espagnole “La Sexta”, le Pape est notamment revenu sur la situation des migrants, la pauvreté, ou encore la situation au Venezuela.

Le Pape a consacré une partie de cet entretien à la question des migrants. «Je ne comprends pas l’insensibilité, je ne comprends pas l’injustice, l’injustice de la guerre, l’injustice de la faim, l’injustice de l’exploitation qui poussent à émigrer, et l’injustice de celui qui ferme la porte», a expliqué François. En faisant référence à l’accueil des migrants et à l’effort que font les pays pour les accueillir, le Saint-Père a souligné que «l’attitude fondamentale est le cœur ouvert vers l’autre. Le premier pas est recevoir, le deuxième est accompagner, le troisième est promouvoir le migrant, et l’intégrer, le quatrième pas.»

Pour ce qui concerne la capacité d’accomplir ces quatre pas et la capacité d’accueillir les migrants, le Pape a expliqué que l’Europe s’est toujours distinguée par sa grande capacité de recevoir. «Les accueillir et les laisser dans la rue est horrible, c’est un grand manque de respect pour la personne», a souligné le Pape. Il regrette que trop d’Européens oublient l’histoire de l’émigration européenne vers l’Amérique du Nord et du Sud, comme ses propres parents qui avaient quitté le Piémont pour l’Argentine.

«Celui qui construit un mur finit prisonnier du mur qu’il a construit»

Face à l’attitude de certains gouvernements qui érigent des murs pour ralentir les vagues migratoires et défendre leur autonomie, le Pape François a déclaré que «celui érige un mur finit prisonnier du mur qu’il a érigé», et que c’est une loi universelle. Il vaut mieux construire des ponts !

Sur le plan économique, seule une «économie sociale de marché» permet d’éviter un accroissement des inégalités entre riches et pauvres. Il appelle à ne pas rester indifférent face aux misères du monde, comme le drame des Rohingyas ou celui des enfants du Yémen, dont les médias ne parlent presque plus aujourd’hui. Concernant le Venezuela, le Pape explique que le Saint-Siège a été associé à plusieurs médiations, sans arriver pour le moment à une solution.

La lutte contre les abus sur mineurs

Interrogé sur la question des abus sexuels sur mineurs, le Pape a expliqué que partout où les abus sont couverts, ces drames se diffusent, mais qu’une fois qu’entre en jeu «la culture de la transparence», les choses ne se diffusent plus. Il a toutefois précisé que l’objectif de ce sommet était d’ouvrir des processus, et que ceci demande du temps.

Cette interview a aussi abordé la question de la discrimination vis-à-vis des femmes. Le Pape François a déclaré qu’il est nécessaire de promouvoir les femmes dans l’Église et donc de les écouter, au-delà de la seule question des répartitions de postes et de fonctions. Il souligne aussi que la traite des femmes est un phénomène énorme. Certaines filles migrantes sont amenées en Europe avec ce piège. «L’esclavage des filles est un esclavage de terreur», a-t-il dénoncé.

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01 avril 2019, 17:33