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Audience générale du Pape François, mercredi 20 février 2019. Audience générale du Pape François, mercredi 20 février 2019.   (Vatican Media)

Audience générale: Dieu nous aime comme personne sur terre

Le Pape a poursuivi sa catéchèse sur le Notre Père, mercredi 20 février, à partir d’extraits du Livre d’Isaïe (49, 14-16), insistant sur l’imperfection de l’amour terrestre, comparé à celui prodigué par Dieu.

«La première étape de chaque prière chrétienne est l’entrée dans un mystère, celui de la paternité de Dieu», a commencé le Pape, mettant en relief cette paternité divine avec la figure de nos parents.  

Incomplétude et limites terrestres

 «Aucun d'entre nous n'a eu de parents parfaits. Comme nous, nous ne serons jamais des parents ou des pasteurs parfaits», a-t-il justifié. 

Par ailleurs, «nos relations amoureuses vivent toujours sous le signe de nos limites et de notre égoïsme, elles sont donc souvent polluées par des désirs de possession ou de manipulation de l'autre… C'est pourquoi parfois les déclarations d'amour se transforment en sentiments de colère et d'hostilité», a ajouté le Souverain pontife. 

De ce fait, lorsque nous évoquons Dieu, en tant que «père», nous devons aller au-delà de nos représentations terrestres. Selon le Pape, il s’agit là d’un «amour total», que nous ne goutons qu’imparfaitement dance cette vie.  

Mendiants de l’amour

Et le Pape de regretter: «Les hommes et les femmes sont éternellement des mendiants de l'amour, à la recherche d'un lieu pour être finalement aimé, mais ils ne le trouvent pas. Combien d’amitiés et d’amours déçus dans notre monde!» Le Souverain pontife argentin qui a fait ensuite allusion au dieu grec de l’amour, «le plus tragique de tous», dont on ne sait pas s’il est ange ou démon.

«La mythologie dit qu'il est le fils de Poros et de Penía, c'est-à-dire de ruse et de pauvreté, destiné à lui-même à porter une partie de la physionomie de ces parents. À partir de là, nous pouvons penser à la nature ambivalente de l'amour humain: capable de s'épanouir et de dominer la vie en une heure de la journée et immédiatement après, le dépérissement et la mort; celui qui le saisit lui échappe toujours (Platon, Symposium, 203)», a poursuivi François, citant l’expression du prophète Osée: «Ton amour est comme un nuage du matin, comme la rosée qui s'estompe à l'aube" (6: 4)».

Pour le Pape, voici donc ce que notre amour représente souvent: «une promesse qui a du mal à tenir, une tentative qui bientôt se dessèche et s’évapore, un peu comme lorsque le soleil se lève le matin et enlève la rosée de la nuit».

Combien de fois nous, les hommes, avons-nous aimé d'une manière aussi faible et intermittente?, interpelle-t-il, avant de compléter: «Désireux d'aimer, nous nous sommes heurtés à nos limites, à la pauvreté de nos forces: incapables de tenir une promesse qu'il semblait facile de réaliser aux jours de grâce».

Aucun doute sur l’amour de Dieu le Père

Cependant, relève François, il existe un autre amour, celui du Père qui est au ciel. Et là, «personne ne devrait douter qu'il soit le destinataire de cet amour. Si même notre père et notre mère ne nous avaient pas aimés, il y a un Dieu au ciel qui nous aime comme personne sur terre ne l'a jamais fait et ne peut jamais le faire», insiste bien le Pape, développant: «Si tous nos amours terrestres s'effondrent aussi et qu'il ne reste que de la poussière, il y a toujours pour nous tous, brûlant, l'unique et fidèle amour de Dieu».

L'expression «dans les cieux» ne veut alors pas exprimer une distance, mais «une différence radicale, une autre dimension», explique-t-il, enjoignant le plus grand nombre à «ne pas avoir peur», car «aucun de nous n’est seul».   

20 février 2019, 11:37