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Le Pape et le Grand Imam d'Al-Azhar en octobre 2018 au Vatican. Le Pape et le Grand Imam d'Al-Azhar en octobre 2018 au Vatican. 

Abou Dhabi, une nouvelle terre de rencontre entre le Pape et les musulmans

Depuis le début de son pontificat, le Pape François a construit de nombreux ponts avec les populations musulmanes, par ses voyages et ses rencontres.

La visite du Pape François aux Émirats Arabes Unis, du 3 au 5 février, sera la toute première d’un Pape dans un pays de la Péninsule arabique. Le Pape François a toutefois effectué de nombreux voyages dans des États dont la population est majoritairement musulmane, en invitant sans relâche à construire des ponts de connaissance mutuelle, de confiance réciproque et de dialogue entre les chrétiens et les musulmans.

En mai 2014, mis à part naturellement le Vatican et l’Italie, la Jordanie fut la 2e nation visitée par le Pape durant son pontificat (après le Brésil lors des JMJ de Rio),  dans le cadre de son pèlerinage en Terre Sainte. Reçu par le roi Abdallah II à Amman, le Pape avait exprimé son «profond respect» et son «estime pour la communauté musulmane», en rendant hommage au rôle du souverain «dans la promotion d’une compréhension plus adéquate des vertus proclamées par l’Islam et la coexistence sereine entre les fidèles des différentes religions», et en souhaitant à cette occasion pouvoir contribuer «à développer et à promouvoir des relations bonnes et cordiales entre chrétiens et musulmans».

En septembre 2014, le Pape se rend dans les périphéries de l’Europe, en Albanie, une terre marquée par de longues décennies d’athéisme officiel mais où l’islam demeure la religion relativement majoritaire. Le Pape se réjouit alors «d’une heureuse caractéristique de l’Albanie à préserver avec soin et attention : la coexistence pacifique et la collaboration entre ceux qui appartiennent à différentes religions. Le climat de respect et de confiance réciproque entre catholiques, orthodoxes et musulmans est un bien précieux pour le paix et acquiert un relief particulier dans notre temps».

Prier pour la paix

Quelques semaines plus tard, en novembre 2014, le Pape François se rend en Turquie. Il explique alors aux journalistes, dans l’avion de retour : «Je suis allé en Turquie comme pèlerin, et non pas comme touriste. Quand je suis allé à la mosquée j’ai vu cette merveille, le Mufti m’expliquait bien les choses avec beaucoup de douceur, il me citait le Coran là où il était question de Marie et Jean-Baptiste. À ce moment j’ai ressenti le besoin de prier. (…) Cela a été un moment de prière sincère», précise alors le Pape.

Un an plus tard, lors de son délicat voyage de novembre 2015 en République centrafricaine, le Pape entre dans la mosquée centrale de Bangui, où il déclare : «Entre chrétiens et musulmans nous sommes frères. Nous devons donc nous considérer comme tels, nous comporter comme tels. Nous savons bien que les derniers évènements et les violences qui ont secoué votre pays n’étaient pas fondées sur des motifs vraiment religieux. Celui qui dit croire en Dieu doit être aussi un homme ou une femme de paix. Les chrétiens, les musulmans et les membres des religions traditionnelles ont vécu pacifiquement ensemble durant de nombreuses années», rappelle le Pape, dont la visite suscite alors une accalmie presque miraculeuse après des années d’instabilité.

En octobre 2016, le Pape visite la mosquée de Bakou, en Azerbaïdjan, rappelant qu’aucune violence ne peut être commise au nom de Dieu. En avril 2017, François effectue une visite en Égypte, se rendant à la mosquée et à l’université d’Al-Azhar, où après avoir embrassé le Grand Imam Ahmed al-Tayeb, il souligne que tous les responsables religieux doivent «dénoncer les violations contre la dignité humaine et contre les droits humains, et condamner toute forme de haine au nom de la religion comme une falsification idolâtrique de Dieu : Son Nom est Saint, Il est le Dieu de Paix, Dieu Salam. Seule la paix est sainte et aucune violence ne peut être perpétrée au nom de Dieu, car elle profanerait Son Nom.»

En décembre 2017, en visite à Dacca, au Bangladesh, le Pape rappelle aussi que «quand les chefs religieux se prononcent publiquement avec une seule voix contre la violence recouverte de religiosité et cherchent à substituer la culture du conflit avec la culture de la rencontre, ils touchent aux racines spirituelles les plus profondes de leurs différentes traditions».

Enfin, après Abou Dhabi dans quelques jours, le voyage suivant mènera également le Pape dans un pays majoritairement musulman : il se rendra en effet au Maroc les 30 et 31 mars. Mais cette fois, il ne s’agira pas d’une destination inédite pour un Pape. Saint Jean-Paul II s’y était en effet rendu en août 1985.

Les étreintes avec le Grand Imam d’Al-Azhar

Outre ses voyages, il faut aussi relever les quatre rencontres du Pape François avec le leader de l’islam sunnite, le grand Imam d’Al-Azhar Ahmed al-Tayeb, qu’il a reçu au Vatican à trois reprises en  mai 2016, novembre 2017 et novembre 2018, et auquel il avait donc rendu visite au Caire en avril 2017. Selon le secrétaire particulier du Pape le père Yoannis Lahzi Gaid, qui est lui-même égyptien et fait office de traducteur, une profonde amitié relie les deux hommes. Ils se retrouveront à Abou Dhabi le 4 février pour la conférence internationale sur la fraternité humaine.

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31 janvier 2019, 17:51