Version Béta

Cerca

Vatican News

Le Pape invite les jeunes Lituaniens à parier sur la sainteté

Dans une ambiance festive et joyeuse, des milliers de jeunes Lituaniens ont accueilli le Pape François ce samedi, sur la Place de la cathédrale de Vilnius. Le souverain Pontife les a conviés à parier sur la sainteté, à ne pas être «des jeunes de labyrinthe, mais des jeunes en chemin», et à ne jamais oublier les racines de leur peuple.

Manuella Affejee- Cité du Vatican

Le Pape a d’abord fait le tour de la place en papamobile, sous les acclamations chaleureuses des milliers de jeunes réunis sur la place de la cathédrale de Vilnius, pour ensuite rejoindre l’estrade qui lui était réservée et écouter les témoignages poignants de Monika et Jonas : la première, maltraitée par son père, a trouvé la force de lui pardonner, le second, atteint d’une maladie auto-immune mais qui se bat avec confiance et espérance.

Personne ne se sauve tout seul

Ces témoignages montrent, qu’à l’instar de cette cathédrale, -incendiée, détruite et  transformée en galerie d’art à l’époque soviétique-, Dieu donne la grâce de ne pas se laisser vaincre, «de supporter, de (se) relever, de continuer à marcher dans la vie», malgré les épreuves. Cette grâce n’est pas arrivée comme par magie, mais passe et se répand à travers les personnes que l’on croise, a insisté le Pape. «Car le Seigneur nous sauve en nous faisant membre d’un peuple. Personne ne peut dire : ‘Je me sauve tout seul’, nous sommes tous reliés, ‘en réseaux’», a-t-il assuré avant de mettre en garde les jeunes : «Ne permettez pas que le monde vous fasse croire qu’il est mieux de marcher seuls. Tous seuls, on n’y arrive pas (…). On ne peut cheminer seul. Ne cédez pas à la tentation de vous replier sur vous-mêmes, (…) de devenir égoïstes ou superficiels devant la souffrance, devant les difficultés ou le succès passager». Pour le Pape, «ce qui arrive à l’autre, m’arrive à moi aussi». La «vie est belle avec les amis, la famille».

De là, l’invitation à parier sur la sainteté à travers la rencontre avec les autres. «Notre vraie identité présuppose l’appartenance à un peuple», qui se fait et se vit dans la beauté et parfois la souffrance. «Ici s’enracine notre identité, nous ne sommes pas des personnes sans racines» a martelé le Saint-Père.

Prier, aider les autres

Les témoignages des deux jeunes ont mis en exergue leur appartenance à la communauté, par la participation à la messe, l’aide aux autres, mais aussi à la prière : autant d’armes que le Seigneur nous donne. «C’est dans la prière que nous apprenons à écouter l’Esprit», a affirmé le Pape. Elle nous rappelle que la force de l’adversaire ne compte pas ; que la victoire de telle ou telle équipe de football n’importe pas, mais que la seule chose qui compte est que le Seigneur soit avec nous.

Outre la prière, l’expérience d’aider les autres s’avère importante et peut constituer un soutien. «Voir la fragilité des autres nous plonge dans la réalité »; face aux multiples défis, -chômage, émigration des jeunes, addictions, dépression, souffrance des ainés-, il faut se rencontrer et s’entraider. Jésus nous demande de risquer le face-à-face avec les autres. L’aventure avec Jésus peut parfois sembler effrayante, mais elle en vaut la peine.

Se décider pour Jésus

La vie n’est pas une pièce de théâtre ou un jeu-vidéo, qui sont limités dans un temps précis. Elle est un chemin, elle se joue sur le temps long, suppose des avancées, des reculades, une recherche permanente de la juste direction et des changements. «La chose la plus dangereuse, c’est de confondre le chemin avec un labyrinthe» dont l’on peine à sortir, où l’on piétine et tourne en rond. Et le Pape de lancer sous les applaudissements : «Ne soyez pas des jeunes du labyrinthe dont il est difficile de sortir, mais des jeunes en chemin».

«N’ayez pas peur de vous décider pour Jésus», car Lui «ne descendra jamais de la barque, Il sera toujours au carrefour de nos routes», et nous fera toujours «don de temps longs et généreux, où il y a de la place pour les échecs, où personne n’a besoin d’émigrer, parce qu’il y a de la place pour tous».

Le Pape a conclu en invitant, une fois encore, les jeunes Lituaniens à retrouver les racines de leur peuple auprès de leurs ainés. Il  s’est ensuite rendu à l’intérieur de la cathédrale St Stanislas et Ladislas, afin de se recueillir devant la chapelle de St Casimir (1458-1484), le saint patron de la Lituanie et de la Pologne.

22 septembre 2018, 17:45