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Le Pape posant avec une famille irlandaise lors de l'audience générale du 21 mars 2018, sur la Place Saint-Pierre. Le Pape posant avec une famille irlandaise lors de l'audience générale du 21 mars 2018, sur la Place Saint-Pierre.  (ANSA)

La visite du Pape François en Irlande suscite de fortes attentes

Lundi prochain commence à Dublin la IXe Rencontre Mondiale des Familles qui sera centrée sur l’exhortation apostolique du Pape François Amoris Laetitia. Les organisateurs de l’évènement entrent dans la dernière ligne droite des préparatifs.

Alessandro Gisotti – Cité du Vatican

«La famille continue-t-elle à être une bonne nouvelle pour le monde d’aujourd’hui ?» C’est la question que François adresse aux parents, enfants et grands-parents qui, venus du monde entier, se réuniront à Dublin du 21 au 26 août à l’occasion de la IXe Rencontre mondiale des familles. «Je suis sûr que oui», a répondu le Pape dans la lettre de convocation de la Rencontre publiée en mars dernier, «et ce oui est solidement fondé sur le dessein de Dieu».

Dans sa lettre, adressée au cardinal Kevin Farrell, préfet du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie, le Pape souhaite aussi que la Rencontre de Dublin soit une occasion pour partager et approfondir l’enseignement de Amoris Laetitia. L’exhortation post-synodale est au centre de l’évènement en Irlande, avec le thème «L’Évangile de la Famille, joie pour le monde». Amoris est aussi le nom de la plateforme multimédia et interactive pour les catéchèses sur la famille, disponibles sur le site www.worldmeeting2018.ie et sur les réseaux sociaux de la rencontre.

Plus de 500 000 personnes attendues à la messe avec le Pape François

Cet évènement, qui sera la 2e Rencontre Mondiale des Familles après celle de Philadelphie en 2015, débutera le 21 août dans tous les diocèses d’Irlande, alors qu’à Dublin seront présentes des familles venant de 116 pays. Du 22 au 24 août se tiendra le Congrès pastoral avec des débats, des témoignages, mais aussi un programme d’activités pour les enfants et les adolescents. Une mascotte a été créée pour eux, Éirinn, une sympathique brebis irlandaise qui, comme l’explique les organisateurs de la Rencontre, «fait partie d’un troupeau», tout comme «chacun de nous est un membre important de la famille de Dieu».

Le samedi 25 se tiendra le Festival des familles, au Croke Park Stadium, avec le Pape François, en présence de 80 000 personnes qui pourront notamment applaudir le chanteur italien Andrea Bocelli. Et le dimanche 26, à Phoenix Park, la Rencontre se terminera avec une grande messe célébrée par le Pape, et à laquelle plus de 50 000 personnes sont attendues.

Un grand défi pour l’Église irlandaise

Toute l’Église locale s’est mobilisée pour cet évènement qui donnera l’occasion de la 2e visite seulement d’un Pape en Irlande, terre pourtant historiquement catholique. La dernière et seule venue d’un Souverain Pontife remonte en effet à 1979 avec une tournée de saint Jean-Paul II dans plusieurs villes du pays. Le Congrès eucharistique mondial organisé à Dublin en 2012 n’avait pas donné lieu à une visite pontificale.

Le Pape François est donc très attendu, dans un contexte difficile pour l’Église en Irlande, fragilisée par des affaires d’abus sexuels, par une crise des vocations très brutale, et par un puissant mouvement de sécularisation de la société, qui s’est manifesté notamment à travers la légalisation récente de l’avortement, ainsi que celle du mariage homosexuel en 2015. L’archevêque de Dublin, Mgr Diarmuid Martin, s’est déclaré «conscient» du défi que le Pape lui a confié, «non seulement en termes d’organisation d’un grand évènement mondial, mais aussi le défi de rappeler, dans une société moderne comme la société irlandaise, combien la famille est importante pour le futur de l’Irlande».

Des thèmes nombreux, de la foi à l’utilisation des nouvelles technologies

Le Congrès pastoral donnera aux participants (plus de 37 000 inscrits, dont 6000 ont moins de 18 ans, ce qui constitue un record pour les Rencontres mondiales des familles) la possibilité de débattre d’une série de thèmes centraux pour la vie familiale, inspirés de Amoris Laetitia. Parmi eux, la transmission de la foi, le défi des nouvelles technologies pour la famille, les conséquences des conflits familiaux pour les enfants. Ou encore le rôle des femmes au niveau global et local, l’accueil des personnes homosexuelles dans les paroisses, la contribution des familles pour le développement durable, et le rôle de l’école et de la formation éducative pour sortir de la pauvreté.

Une table ronde sera particulièrement attendue : celle du 24 août sur la protection des mineurs, à laquelle participera notamment l’Irlandaise Marie Collins, abusée par un prêtre durant son enfance, et ancienne membre de la Commission pontificale de Protection des Mineurs. Le cardinal O’Malley, président de cette commission, a lui renoncé à venir à Dublin en raison d’une enquête sur le séminaire de son diocèse de Boston.

 

17 août 2018, 17:38