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Vatican News
Le Pape à Sarajevo en juin 2015. Le Pape à Sarajevo en juin 2015. 

Le Pape encourage des théologiens à participer à un nouveau leadership pour un monde plus juste

«L’ éthique théologique catholique dans une époque critique pour construire des ponts». C’est sur ce thème que s’est ouvert, ce jeudi 26 août, la troisième Conférence internationale du «Catholic Theological Ethics in the World Church» à Sarajevo, en Bosnie Herzégovine. Ce vendredi, le Pape François leur a adressé un message, revenant notamment sur leur soucis de protéger la planète.

Marie Duhamel – Cité du Vatican

Dans un «climat de division et de tensions», des chemins nouveaux de rapprochements entre les peuples, les cultures, les religions doivent être trouvés, et le Pape salue l’initiative des experts aujourd’hui réunis, pour la troisième fois depuis la fondations de leur réseau, il y a 16 ans, pour débattre au niveau mondial d’éthique théologique appliquée à différents domaines politique, médical, sexuel ou environnemental.

Reprenant le thème de leur rencontre, François souligne dans son message qu’il faut bâtir «des ponts et non des murs» : promouvoir l’espérance, même si elle est contrastée par la peur ou des régressions. « Sans renoncer à la prudence, explique François, il s’agit de profiter de tout signal et mobiliser toute les énergies (disponibles) pour éliminer dans le monde les murs des divisions et construire des ponts de fraternité».

Le défi écologique

Des ponts dans une époque critique, notamment quand on pense au défi écologique, car, rappelle le Pape, des équilibres fondamentaux sont en jeu, non seulement concernant les rapports entre l’homme et la nature, mais aussi sur les relations entre les générations et les peuples. «Ce n’est pas un défi parmi d’autres, mais l’horizon de compréhension de l’éthique écologique et dans même temps de l’éthique sociale ». Ainsi, l’attention sérieuse portée par les théologiens au sort des migrants et des réfugiés est appréciée par le Pape. Elle nécessite une norme de conduite qui commence par une réflexion ethico-théologique, avant même d’inspirer des comportements pastoraux adéquats et des praxis politiques responsables.

«Nous avons besoin de personnes et d’institutions qui assument un leadership renouvelé. Nous n’avons pas besoin de déclarations bruyantes qui souvent restent vaines, ni d’antagonismes entre ceux qui veulent se montrer les plus forts, nous avons besoin d’un leadership qui aide à découvrir et à vivre d’une manière plus juste d’être dans le monde comme membre d’un destin commun». 

Relancer les études ecclésiales

Le Pape s’interroge sur la manière dont l’éthique théologique peut contribuer à ce leadership, mais il dit apprécier «l’intuition» de se retrouver en réseau, venant des cinq continents pour se vouer à la réflexion éthique avec un prisme théologique pour trouver en lui «des ressources nouvelles et efficaces qui peuvent conduire à des analyses spécifiques, mobiliser des énergies de manière ordonnée et une praxis pleine de compassion et attentive aux drames humains, pour les accompagner avec un soin miséricordieux».

Dans le préambule de la Constitution apostolique Veritatis Gaudium, le Pape énonçait d’ailleurs «des critères de fond pour un renouvellement et un nouvel élan des études ecclésiastiques» et parmi eux se trouvait justement «l’importance d’un ‘dialogue à tout va’ qui est à la base d’une ouverture inter et trans-disciplinaire, également vital pour (…) l’éthique théologique». Il y soulignait également «la nécessite urgente de mettre en réseau différentes institutions qui promeuvent des études ecclésiastiques dans le monde. Le Pape encourage ainsi ces «cultivateurs de l’éthique théologique» à poursuivre leurs réflexions et débats, sans émettre de jugements mais en indiquant le chemin, fidèles à la Parole de Dieu.

27 juillet 2018, 13:36