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François aux jeunes: "ne vous taisez pas !"

Le Pape François a envoyé un message vidéo aux jeunes participants d'une veillée mariale internationale, organisée en vue du prochain synode; elle se tient ce samedi 12 mai 2018, au sanctuaire de Saint Gabriel de l'Addolorata, à Teramo.

La veillée, à laquelle participent des milliers de jeunes, a débuté par la prière du chapelet, récité en plusieurs langues, en liaison vidéo avec les diocèses de Panama, Irlande, Russie et Taïwan. Elle se clôt par la célébration d'une messe présidée par le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire du Synode des évêques.

Le Pape leur a adressé un long message-vidéo, diffusé au cours de la veillée, dont voici le texte intégral:

"Chers amis,

Je suis content de prendre part à la Veillée mariale internationale des jeunes en préparation de la prochaine Assemblée du Synode des jeunes des évêques, organisée dans le nouveau sanctuaire de Saint-Gabriel de l’Addolorata. Il est vrai que je suis physiquement loin de vous mais grâce aux technologies modernes de la communication nous avons la possibilité d’abolir les distances. En réalité, nous les chrétiens, nous savons depuis toujours que la foi et la prière unissent les croyants du monde entier : on peut dire que, même sans le savoir, nous avons été les précurseurs de la révolution numérique !

Je salue votre pasteur, Mgr Lorenzo Leuzzi, qui depuis le début de son ministère parmi vous, vous a impliqués sur le chemin synodal, et le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du synode, qui célèbre la sainte messe pour vous.

Je voudrais maintenant vous offrir quelques réflexions qui me tiennent particulièrement à cœur.

La première est pour Marie. Il est beau que des jeunes prient le chapelet, manifestant ainsi leur affection pour la Vierge. Son message, du reste, est aujourd’hui plus actuel que jamais. Et cela, parce qu’elle est une jeune parmi les jeunes, une «femme de notre temps», comme aimait à le dire don Tonino Bello.

Elle était jeune – peut-être à peine adolescente – quand l’Ange lui a adressé la parole, bouleversant ses petits projets pour la rendre actrice du grand projet de Dieu en Jésus Christ. Elle est restée jeune même après, quand, malgré les années qui passaient, elle s’est faite disciple du Fils avec l’enthousiasme des jeunes, et l’a suivi jusqu’à la croix avec le courage que seuls les jeunes possèdent. Elle reste toujours jeune, même maintenant quand nous la contemplons élevée au Ciel, parce que la sainteté maintient éternellement jeune, c’est le vrai «élixir de jeunesse» dont nous avons tant besoin . C’est la jeunesse renouvelée qui nous a porté la résurrection du Seigneur.

Saint Gabriel de l’Addolorata, patron des étudiants, un saint jeune amoureux de Marie, l’avait bien compris. Lui, qui avait, enfant, perdu sa mère, savait qu’il avait bien au Ciel deux mamans qui veillaient sur lui. Et c’est ainsi que l’on comprend son grand amour pour la prière du chapelet et sa tendre dévotion pour la Vierge qu’il voulut associer pour toujours à son propre nom quand, à seulement dix-huit ans, il se consacra à Dieu dans la famille religieuse des Passionistes, devenant Gabriel de l’Addolorata.

Comme je l’ai rappelé récemment dans l’exhortation apostolique Gaudete et exsultate, «la sainteté est le visage le plus beau de l’Église» et la transforme en une communauté «sympathique». Si saint Ambroise se disait convaincu que «chaque âge est mûr pour la sainteté», le jeune âge l’est sans doute aussi. N’ayez donc pas peur d’être saints, regardant Marie, saint Gabriel et tous les saints qui vous ont précédés et qui vous indiquent la route.

La première réflexion est pour Marie. La seconde est pour les jeunes connectés à vous de part le monde pour participer à cette veillée. Je salue avec affection les jeunes de Panama, réunis dans le sanctuaire international du Cœur de Marie avec l’évêque, Mgr Domingo Ulloa Mendieta, et que je rencontrerai l’année prochaine à l’occasion des Journées mondiales de la jeunesse ; les jeunes de la Fédération de Russie, recueillis dans la cathédrale de la Transfiguration à Novossibirsk avec leur évêque, Mgr Joseph Werth et le délégué pour les jeunes de toute la Russie, Mgr Clemens Pickel ; les jeunes d’Irlande, connectés depuis Glencomeragh House, maison de prière et de formation pour les jeunes, avec l’évêque, Mgr Alphonsus Cullinan ; et enfin les jeunes de Taïwan, rassemblés dans l’église dédiée à Notre-Dame-de-l’Assomption. Les évêques de Taïwan sont justement en ce moment à Rome pour leur visite ad limina. Ils seront contents de savoir que leurs jeunes prient et qu’aujourd’hui ils sont eux-aussi ensemble avec le Successeur de Pierre !

Chers jeunes, unis dans la prière depuis des lieux si lointains, vous êtes une prophétie de paix et de réconciliation pour l’humanité entière. Je ne me lasserai jamais de le répéter : n’élevez pas des murs, construisez des ponts ! n’élevez pas des murs, construisez des ponts ! Unissez les rives des océans qui vous séparent avec l’enthousiasme, la détermination et l’amour dont vous êtes capables. Apprenez aux adultes dont le cœur s’est souvent endurci, à choisir la route du dialogue et de la concorde, pour consigner à leurs enfants et à leurs petits-enfants un monde plus beau et plus digne de l’homme.

La troisième et dernière réflexion est pour le Synode désormais proche. Vous savez déjà que la prochaine Assemblée du Synode des évêques sera dédiée «aux jeunes, à la foi et au discernement vocationnel» et que toute l’Église est maintenant intensément engagée sur le chemin synodal.

En rencontrant tant de jeunes comme vous à l’occasion de la réunion pré-synodale en mars dernier, j’ai mis en garde contre le danger de parler des jeunes sans faire parler les jeunes, les laissant «à distance de sécurité». Les jeunes ne mordent pas, ils peuvent s’approcher et ont l’enthousiasme, et vous, outre l’enthousiasme, vous avez la clé du futur.

Chers jeunes, en retournant dans vos familles et dans vos paroisses – à Teramo, à Panama, en Russie, en Irlande, à Taïwan – ne vous taisez pas. Certainement, qui parle peut se tromper, et même les jeunes, parfois, se trompent, ils sont humains, péchant par imprudence, par exemple. Mais n’ayez pas peur de vous tromper et d’apprendre de vos erreurs, c’est comme cela qu’on avance. Si quelqu’un – y compris vos parents, vos prêtres, vos enseignants – essaie de vous fermer la bouche, rappelez-leur que l’Église et le monde ont besoin aussi des jeunes pour se rajeunir eux-mêmes. Et n’oubliez pas d’avoir à vos côtés des alliés imbattables : le Christ, jeune éternellement ; Marie, jeune femme ; saint Gabriel et tous les saints qui sont le secret de la jeunesse pérenne de l’Église.

Merci !"

12 mai 2018, 16:55