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Messe des Rameaux: le Pape appelle les jeunes à faire entendre leur cri

Trois cris retentissent au récit de la Passion. Le cri hostile du crucificateur, le cri d’amour du crucifié, et le cri d’espérance des jeunes. Une polyphonie expliquée par le Pape François lors de la messe du dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur qu’il a célébrée place Saint-Pierre à Rome.

Delphine Allaire – Cité du Vatican

Le récit est aussi radieux que douloureux. La lecture de la Passion du Christ, «ses histoires de joie et de souffrances, d’erreurs et de succès», sont à rapprocher de nos existences propres, a d’emblée suggéré le Saint-Père dans son homélie en cette célébration des Rameaux et de la Passion, sommet de l’année liturgique.  

Ombres et lumières d’une fragile humanité

Tout comme Judas ou Pierre, femmes et hommes de notre temps, nous sommes capables «d’aimer autant que d’haïr»…, a affirmé le Pape François, développant ce conflit permanent qui sévit au sein de l’homme.

D’un côté, l’homme est capable «de courageux sacrifices», de l’autre, il sait «se laver les mains» au moment opportun ; d’un côté il est capable «de fidélité», de l’autre de «grands abandons et de grandes trahisons».

Parmi de telles batailles intérieures, différents cris résonnent. Un arsenal de sonorités qui laisse entendre «le cri de celui dont la voix ne tremble pas pour hurler: ‘’Crucifie-le !’’», énonce François.

Ce cri issu du vacarme hiérosolymitain accompagnant l’entrée du Christ dans la ville, n’est assurément pas spontané, avance le Souverain Pontife, proposant une réflexion sur «l’arrogance, l’autosuffisance et l’orgueil de la calomnie»,  associée à ce mauvais cri. 

Le poison des réalités truquées

«Crucifie-le», cet ordre lapidaire venu de la foule, est «artificiel, construit, fait de mépris, de calomnie et de faux témoignages suscités». Une voix manipulatrice et sans scrupules qui présente des réalités truquées pour défigurer les visages, en l’occurrence celui du Christ, et les transformer en «malfaiteurs», explique François.

Des intrigues fabriquées et préfabriquées, dénonce le Saint-Père, qui tuent les rêves, détruisent l’espérance, suppriment la joie. Résultat: les cœurs se blindent, la charité se refroidit, la solidarité s’endort, les idéaux s’éteignent. Un tableau bien sombre auquel seule la Croix peut redonner des couleurs.

«Le meilleur antidote, assure François, c’est de regarder la croix du Christ» pour demeurer dans la joie. Une joie, «motif de gêne et d’agacement pour certains», parce qu’un jeune joyeux est «difficile à manipuler», estime le Pape.

«La décision de crier appartient aux jeunes»

Ainsi se distingue un troisième cri, après celui du crucificateur et du crucifié: le cri des jeunes, clame le Pape, empreint d’un ton prophétique s’appuyant sur saint Luc: «Si eux se taisent, les pierres crieront» (Lc 19, 39-40).

François tient particulièrement à réveiller une jeunesse parfois «endormie ou anesthésiée» -contre ou de son plein gré-. L’objectif est d'éviter de tomber dans la vocifération du crucificateur, fausse et manipulatrice. «Tous les jeunes doivent donc se décider à crier», a-t-il lancé, lui qui à l'issue de la messe a reçu des mains d'un jeune le document final de la réunion pré-synodale qui se tenait à ce sujet toute la semaine à Rome. 

Ce sursaut doit se faire «avant que les pierres ne crient», a soutenu le Pape, qui empli d’espoir dans son homélie, a supplié les jeunes du monde entier: «Si les autres se taisent, si nous, les aînés et les responsables, sommes silencieux, si le monde se tait et perd la joie, je vous le demande : vous, est-ce que vous crierez ?»

25 mars 2018, 12:26