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Le Pape François, lors de la messe, célébrée ce 2 février 2018 Le Pape François, lors de la messe, célébrée ce 2 février 2018  (AFP or licensors)

La rencontre avec Dieu est au cœur de la vie consacrée, rappelle le Pape

La rencontre personnelle avec Jésus est au cœur de la vie consacrée : le Pape François l’a rappelé avec insistance dans son homélie ce vendredi 2 février, en la fête de la Présentation de Jésus au Temple, qui est également, depuis 1987, la Journée mondiale de la Vie consacrée. A cette occasion, le Souverain Pontife a présidé une messe solennelle en la Basilique Saint-Pierre.

Manuella Affejee- Cité du Vatican.

Le point de départ de la réflexion du Pape se trouve dans le passage de l’Evangile du jour : la rencontre, au Temple de Jérusalem, de Marie et Joseph, avec le vieillard Siméon et la prophétesse Anne. Deux couples, l’un jeune, l’autre âgé, qui s’enrichissent mutuellement. Marie et Joseph retrouvent en effet dans leurs ainés les racines de leur peuple et de leur foi ; Siméon et Anne voient dans ces jeunes la réalisation de leurs rêves.  «Tout cela parce qu’au centre de la rencontre se trouve Jésus», constate le Saint-Père.

Pas d'avenir sans une rencontre entre jeunes et anciens

C’est en effet dans la rencontre avec le Seigneur que tout trouve sa source ; et le chemin dans la consécration nait d’un appel. Mais cette rencontre ne peut se renouveler sans l’autre, prévient le Pape : «ne jamais laisser quelqu’un derrière, ne jamais faire de mise à l’écart générationnelle, mais s’accompagner chaque jour, mettant le Seigneur au centre. Car si les jeunes sont appelés à ouvrir de nouvelles portes, les anciens ont les clefs». Sans cette rencontre entre les anciens et les jeunes, il n’y a aucun avenir, assure –t-il encore : «Jamais de prophétie sans mémoire, jamais de mémoire sans prophétie ; et il faut toujours se rencontrer».

La «vie frénétique» que nous menons n’est parfois pas propice à la rencontre avec l’autre. Les portes se ferment, souvent par peur. D’où l’exhortation du Saint-Père aux religieux, au rang desquels il se compte : «que dans la vie consacrée ceci ne se produise pas : « le frère et la sœur que Dieu me donne font partie de mon histoire, ils sont des dons à protéger. Qu’il n’arrive pas de regarder l’écran du cellulaire plus que les yeux du frère ou de s’attacher à nos programmes plus qu’au Seigneur. Car quand on place au centre les projets, les techniques et les structures, la vie consacrée cesse d’attirer et ne communique plus ; elle ne fleurit pas, parce qu’elle oublie ‘ce qu’elle a sous terre’, c’est-à-dire les racines

Vie du monde et vie consacrée

Le Pape le répète : la vie consacrée nait et renait de cette rencontre, de cette échange entre «l’initiative d’amour de Dieu», et notre réponse, «qui est la réponse d’un amour authentique quand il est sans si et sans mais, quand il imite Jésus pauvre, chaste et obéissant». Et le Pape de mettre en parallèle les choix que supposent la vie du monde et la vie consacrée : la première cherche à accaparer, recherche le plaisir et la satisfaction de ses désirs personnels, s’obstine à faire ce qu’elle veut, et finalement laisse vide les mains et le cœur. La seconde renonce aux richesses, se libère de l’affection de toute possession pour n’aimer que Dieu et les autres, choisit l’obéissance humble, et se voit combler par Jésus.

François s’attarde encore sur l’image du vieillard Siméon prenant l’Enfant-Dieu dans ses mains, un geste que nous sommes appelés à répéter en tout ce que nous faisons. Car, pour le Pape, «avoir le Seigneur dans les mains, c’est l’antidote contre le mysticisme isolé et l’activisme effréné, car la rencontre réelle avec Jésus redresse aussi bien les sentimentalistes dévots que les affairistes frénétiques». Le Saint-Père voit également dans la rencontre avec Jésus, le «remède à la paralysie de la normalité». Rencontrer Jésus, le faire rencontrer, voilà le «secret pour maintenir vivante la flamme de la vie spirituelle», le rencontrer avec ses frères aide à ne pas verser dans une rhétorique nostalgique du passé ou craintive de l’avenir. Ainsi, «le cœur ne se polarise pas vers le passé ou vers l’avenir, mais il vit l’aujourd’hui de Dieu en paix avec tous».

Aller à contre-courant

Et le Pape de prendre une dernière image : celle, au matin de Pâques, des femmes se rendant au tombeau où reposait le corps de Jésus. «Leur chemin semblait alors inutile», a affirmé le Pape. «Vous aussi, vous allez à contre-courant dans le monde : la vie du monde rejette facilement la pauvreté, la chasteté et l’obéissance». Et comme ces femmes, «vous allez de l’avant (…) vous rencontrez le Seigneur ressuscité (…), vous l’étreignez (…) et vous l’annoncez immédiatement à vos frères (…) ».

«Je vous souhaite de raviver aujourd’hui même la rencontre avec Jésus, en marchant ensemble vers lui : cela donnera de la lumière à vos yeux et de la vigueur à vos pas», a-t-il conclu.

 

02 février 2018, 18:06