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Le Pape et les retraitants à Ariccia. Le Pape et les retraitants à Ariccia.  (Vatican Media)

Cinquième méditation des Exercices spirituels: la soif de Jésus au Calvaire

«La soif de Jésus», signe de la soif existentielle de l’homme, était au centre de la 5e méditation des Exercices spirituels pour le Pape et la Curie romaine, prêchés cette semaine à Ariccia par le théologien et poète portugais, le père José Tolentino de Mendonça.

Roberta Gisotti - Cité du Vatican

La soif de Jésus, cette soif corporelle à l’heure du Calvaire, «preuve de son incarnation», est «un signe du réalisme de sa mort», une clé vitale pour comprendre le sens profond de sa vie et de sa mort, a expliqué le père Tolentino. L’évangéliste Jean, en plus du récit du Calvaire, utilise trois fois l’expression «avoir soif». Quand Jésus rencontre la Samaritaine, il lui dit : «Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif, mais qui boira de l’eau que je lui donnerais, n’aura plus soif dans l’éternité». Ensuite dans le discours du pain de la vie, Jésus déclare : «Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim, et celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif». Enfin, durant la fête de Soukkot (la fête des tentes), Jésus annonce : «Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et celui qui croit en moi, qu’il boive.»

La soif de la Samaritaine

«Dans la rencontre avec la Samaritaine, il y un changement de rôle qui ne doit pas rester inaperçu», a remarqué le prédicateur : Jésus demande à boire, mais c’est en fait lui qui donnera à boire. «La Samaritaine, cependant, ne comprend pas tout de suite les paroles de Jésus, elle les interprète comme si elles se rapportaient à une soif physique. Mais depuis le début, Jésus jouait avec un sens spirituel. Son désir se rapportait toujours à une autre soif, comme il l’a expliqué à la femme : « Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit “donne-moi à boire”, tu le lui aurais demandé et il t’aurait donné l’eau vive».

Jésus demande de l’eau mais reçoit du vinaigre

C’est aussi comme cela sur le Calvaire, Jésus manifeste tout de suite son désir de boire, mais n’est pas compris, et au lieu de recevoir de l’eau il reçoit du vinaigre, et après en avoir pris, il dit «tout est accompli», et il incline la tête et rend l’Esprit. «La soif est ainsi le sceau de l’accomplissement de son œuvre et, en même temps, du désir ardent de faire don de l’Esprit, la vraie eau vive capable de désaltérer radicalement la soif du cœur humain.»

Avoir soif, c’est croire dans le Christ

Et encore dans la fête des Tentes, il est mis en évidence qu’avoir soif, c’est «croire en Jésus», et que boire, c’est «venir au Christ». «En vérité, la soif dont Jésus parle est une secte existentielle qui se place en faisant converger notre vie vers la sienne. Avoir soif, c’est avoir soif de Lui. Nous sommes donc appelés à vivre une centralité christologique : sortir de nous-mêmes et chercher dans le Christ cette eau qui éteint notre soif, en surmontant la tentation de l’autoréférentialité qui nous rend malade et nous tyrannise.»

La carence de sens et le désir du salut

La soif de Jésus permet donc de «comprendre la soif qui existe dans notre cœur humain, et de se disposer à la servir», en répondant «à la soif de Dieu, au manque de sens et de vérité, au désir d’être sauvé qui subsiste en chaque être humain, même si c’est un désir occulte et enfoui sous les détritus existentiels», a souligné le prédicateur.

Rompre les chaînes et libérer les énergies pour donner de l’espérance

Comme l’enseigne Mère Teresa, les paroles de Jésus «J’ai soif», qui apparaissent dans toutes les chapelles des Missionnaires de la charité, ne concernent pas seulement le passé mais sont vivantes aujourd’hui. Alors nous devons toujours redécouvrir l’Esprit Saint, parce que parfois nous sommes une Église dans laquelle manque «la vivacité», «la jeunesse», «la joie» de cet Esprit qui nous fait être «une Église en sortie».

C’est cela, le sens de la soif de Jésus : « Sa soif, c’est de rompre les chaînes qui nous enferment dans la culpabilité et dans l’égoïsme, en nous empêchant d’avancer et de grandir dans la liberté intérieure. Sa soif, c’est de libérer les énergies les plus profondes cachées en nous, pour que nous puissions devenir des hommes et des femmes de compassion, artisans de paix comme lui, sans fuir la souffrance et les conflits de notre monde déchiré, mais en prenant notre place, et en créant des communautés et des lieux d’amour, de façon à porter une espérance sur cette terre», a martelé le père Tolentino.

21 février 2018, 13:04