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Le Pape François et les 60 évêques péruviens dans la chapelle mariale de l'archevêché de Lima au Pérou, le 21 janvier 2018. Le Pape François et les 60 évêques péruviens dans la chapelle mariale de l'archevêché de Lima au Pérou, le 21 janvier 2018.  (Vatican Media)

Devant l’épiscopat péruvien, le Pape expose les urgences pastorales du pays

Corruption en politique, Amazonie, jeunes ou vie pastorale: dans la foulée de sa rencontre avec l’épiscopat péruvien réuni dans la chapelle mariale de l’archevêché de Lima, dimanche 21 janvier 2018, le Pape s’est adonné à une séance de questions-réponses sur les défis de l’Amérique latine.

Delphine Allaire – Cité du Vatican

Après la longue réflexion qu’a tenue le Pape sur la figure de l'évêque, inspirée par la vie de saint Toribio Mogrovejo, une discussion franche et sincère de 35 minutes s’est tenue entre le Saint-Père et 60 évêques, ce dimanche 21 janvier. 

La genèse du Synode sur l’Amazonie

Tout d’abord, le Pape a révélé avoir pris conscience des enjeux écologiques huit ans avant la parution de Laudato Si’, en 2007, avec la rédaction du document d’Aparecida, du nom du sanctuaire marial brésilien Notre-Dame d'Aparecida. Le cardinal Bergoglio présidait alors la commission de rédaction du document final. Texte majeur, ce document visait à redonner un élan d’évangélisation dans toute l’Amérique latine. «Soyez audacieux en Amazonie», a conseillé François, qui a par ailleurs posé les premiers jalons du synode sur l’Amazonie prévu pour octobre 2019 au Vatican, lors de sa rencontre avec les peuples indigènes, le 19 janvier à Puerto Maldonado.

«La politique est malade en Amérique latine»

Après ses considérations sur les enjeux écologiques de l’Amazonie, le Saint-Père s’est arrêté sur la vie politique latino-américaine : «Je pense que la politique est très en crise en Amérique latine à cause de la corruption. Comment évangéliser le monde de la politique? Ce n'est pas facile. Nous ne devons pas abandonner, mais la dénonciation n'est pas la seule arme», a-t-il affirmé, insistant sur l’importance de la formation politique.

À ce sujet, le Saint-Père a fait allusion à la «Rencontre des laïcs catholiques qui assument des responsabilités politiques au service des peuples de l’Amérique latine», organisée en décembre 2017 par la Commission pontificale pour l’Amérique latine et le Conseil épiscopal latino-américain (Celam). Il avait alors délivré un important message d’engagement aux laïcs latino-américains, axé sur le besoin de «réhabiliter la dignité de la politique».

«Oui, la politique est malade, elle est très malade, au moins en Amérique latine et, il y a des exceptions, mais en général c'est plus malade que sain», a répété François, encourageant l’épiscopat à faire de son mieux dans chaque diocèse.

Par ailleurs, le Pape a aussi pris acte du phénomène des paradis fiscaux, «dont beaucoup sont en Amérique latine», a-t-il déploré auprès des évêques;  de même que la situation des prisons surpeuplées sur le continent. 

Être un évêque de la rue

Un peu auparavant, prononçant son discours prévu, le Pape a longuement donné en exemple saint Turibio de Mogrovejo (1538-1606), saint de référence pour le pays pour sa défense des populations autochtones – et deuxième archevêque de Lima-, enjoignant les évêques à sortir de «leurs bureaux»: «Saint Turibio de Mogrovejo était un évêque ‘‘de la rue’’… avec des semelles usées à force de marcher, de visiter, d’aller à la rencontre pour annoncer l’Évangile à tous, en tous lieux, en toutes occasions, sans répulsion et sans peur».

Adopter un langage numérique

Saint Turibio de Mogrovejo a aussi promu «une évangélisation dans la langue locale», a rappelé le Pape, pour qui il apparait nécessaire que les évêques «apprennent ainsi à utiliser le langage des autres».

«Les pasteurs du XXIème siècle doivent apprendre un langage totalement nouveau comme l’est le langage numérique», mais aussi « le langage actuel de nos jeunes, de nos familles, des enfants…», a-t-il exhorté.

22 janvier 2018, 15:35