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Les religieuses lors de la prière du Pape dans le sanctuaire du Seigneur des Miracles, à Lima, le 21 janvier 2018. Les religieuses lors de la prière du Pape dans le sanctuaire du Seigneur des Miracles, à Lima, le 21 janvier 2018.  (AFP or licensors)

Le Pape aux religieuses péruviennes: leur vocation est fondamentale pour l'Eglise

«La vie cloîtrée n’emprisonne, ni n’enserre le cœur, au contraire, elle l’élargie grâce à sa relation avec le Seigneur». Les religieuses avec un cœur serré, celles qui «collectionnent les injustices» doivent de nouveau faire respirer leur cœur pour redevenir mères. C’est la réflexion au cœur de l’homélie du Pape François, largement improvisée, ce dimanche 21 janvier, lors de l’office de tierce qu'il a prié avec 500 religieuses contemplatives péruviennes, dans le sanctuaire du Seigneur des Miracles, au centre de Lima.

Improvisant largement son intervention, le Pape a reconnu que les religieuses au cœur serré, celles qui ont perdu leur fécondité, qui ne sont plus mères et se plaignent de tout, sont nombreuses. À ces «collectionneuses d’injustices», le Pape demande demande de lutter contre la dureté et l’amertume qu’elles peuvent ressentir, pour permettre à leur cœur, grâce à une relation étroite avec le Seigneur, de recommencer à respirer parce que, dans les couvents, il y a de la place pour les religieuses qui ouvrent leur cœur et savent porter la croix féconde de l’amour, la croix qui donne la vie. 

Des commérages terroristes

Sortant à nouveau de son texte, le Pape évoque ces commérages, inspirés par le démon. Il demande aux religieuses de ne pas faire les «terroristes», car pour lui, une religieuse qui s'adonne aux commérages est une terroriste qui sème la division au sein de sa communauté. Il est toujours préférable, rappelle le Pape, de se mordre la langue lorsque l’on s’apprête à dire du mal de quelqu’un.

Après le mot d’accueil de la Mère supérieure du sanctuaire, -de la communauté des carmélites déchaussées-, le Pape a parlé de la joie de se savoir fils de Dieu, «une expérience qui porte notre vie et qui est toujours une réponse de gratitude à cet amour de Dieu». Une relation étroite avec le Seigneur, alimentée par une prière constante, permet de dilater son propre cœur pour sentir d’une toute nouvelle manière «la douleur, la souffrance, la frustration, les mésaventures de tant de frères qui sont victimes» de la «culture du rejet» qui marque notre temps. Le Pape a alors invité les religieuses à prendre soin des plus vulnérables, pas seulement par la prière, «mais aussi par un service concret».

Se mettre au service

La prière doit être avant tout missionnaire, comme l’a d’ailleurs affirmé la Mère supérieure du Sanctuaire, car seulement de cette manière, on peut faire en sorte que «tous ceux qui se trouvent dans la souffrance» expérimentent «l’amour et l’espérance» : «les détenus, les migrants, les personnes persécutées ou sans travail, les pauvres, les malades, les victimes de la drogue». Une prière qui peut être audacieuse, avec «le courage de demander que la misère des hommes se rapprochent de la puissance de Dieu, certain que la prière ne rebondisse pas contre le mur du couvent, mais sorte et continue à aller de l’avant».

Dans son homélie, le Pape demande également de prier pour l’unité de l’Église «aujourd’hui et toujours». Le monde a en effet besoin de voir l’amour du Christ incarné, un amour qui dans la vie de Son Epouse, doit être décliné à travers la foi, l’espérance, la charité . «Engagez-vous dans la vie fraternelle, conclut le Pape, en faisant en sorte que tout monastère soir un phare qui puisse offrir de la lumière au milieu de la désunion et de la division.»

Homélie du Pape au sanctuaire du Seigneur des Miracles
21 janvier 2018, 19:48