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Le Pape François et le président Ergodan lors du voyage apostolique du Saint-Père en Turquie, en 2014. Le Pape François et le président Ergodan lors du voyage apostolique du Saint-Père en Turquie, en 2014.  (@Vatican Media)

Le Pape recevra le président turc Recep Tayyip Erdogan au Vatican

Le 5 février prochain, le Pape François recevra le président turc Recep Tayyip Erdogan dans la bibliothèque du palais apostolique. La salle de presse du Saint-Siège en donne la confirmation ce mardi 16 janvier 2018. Aucun chef d’Etat turc n’a été reçu au Vatican depuis cinquante-neuf ans, lorsque le Pape Jean XXIII avait reçu Celal Bayar, en 1959.

Marie Duhamel - Cité du Vatican

La salle de presse du Saint-Siège ne précise pas les motivations de cette rencontre, mais il pourrait être question de Jérusalem, et de la décision américaine d’en faire de facto la capitale d’Israël. Selon des médias turcs, ce sujet fut déjà l’objet d’une conversation téléphonique, à l’initiative du président turc, le 29 décembre 2017. Les deux hommes auraient alors échangé sur «l’importance de préserver le statut de Jérusalem». Ils auraient également évoqué l’adoption le 21 décembre dernier à l’Assemblée générale des Nations unies d’une résolution considérant comme «nulle et non avenue» toute décision ou action susceptible de «modifier le caractère, le statut ou la composition démographique» de Jérusalem. Un vote qu’avait salué le Saint-Siège.

À plusieurs reprises, le Pape François a souligné l'importance de préserver le statu-quo de la Ville Sainte. Pour le Vatican, «toute revendication exclusive – qu’elle soit religieuse ou politique – est contraire à la logique véritable de l’identité de la Ville» (discours du cardinal Tauran le 26 octobre 1998 à Jérusalem). 

Le 10 décembre dernier, dans un communiqué, le Saint-Siège se disait «sensible» aux préoccupations de la Ligue Arabe et l’Organisation pour la Coopération islamique (OCI), qui inquiétées pour les perspectives de paix dans la région, étaient à l’initiative de diverses réunions d’urgence. Ankara avait organisé celle de l’OCI sur son territoire. Le président truc est l'un des plus féroces détracteurs de Donald Trump et des États-Unis. Il se présente aussi comme un champion de la cause palestinienne. 

Le 19 décembre, la question de Jérusalem avait également été au cœur de sa rencontre avec le roi Abdallah II de Jordanie au Vatican, le souverain hachémite étant gardien des lieux saints de la ville. 

Le Pape François et le président Recep Tayyip Erdogan se sont déjà rencontrés en personne lors de la visite du Pape argentin en Turquie, du 28 au 30 novembre 2014. Il avait été essentiellement question de la «grande responsabilité» d’Ankara pour mettre fin aux violences à ses frontières, qui entraînent l’afflux de réfugiés, ainsi que de la nécessaire solidarité des croyants contre le fanatisme. 

16 janvier 2018, 17:55