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Le Pape lors de la messe du 17 avril 2018 à la Maison Sainte-Marthe. Le Pape lors de la messe du 17 avril 2018 à la Maison Sainte-Marthe.  (Vatican Media)

Le Pape à Sainte-Marthe: un prophète est toujours un homme d'espérance

Le vrai prophète est capable de pleurer sur le peuple qui ne l’écoute pas. Lors de la messe matinale à la Maison Sainte-Marthe, le Pape a parlé de saint Étienne en disant que l’Église a besoin que nous soyons tous des prophètes », pour renforcer notre appartenance à Dieu.

Adriana Masotti – Cité du Vatican

«Vous opposez toujours une résistance à l’Esprit Saint. Vous n’êtes pas cohérents avec la vie qui vient de vos racines». Étienne, le premier martyr de l’Église, accusait ainsi le peuple, les anciens et les scribes qui l’avaient envoyé au tribunal. Ils avaient le cœur fermé, ils ne voulaient pas l’écouter, et ils ne se souvenaient plus de l’histoire d’Israël. Le Pape François a parcouru leur histoire, que la liturgie d’aujourd’hui propose dans la Première Lecture, tirée des Actes des Apôtres.

La persécution à cause de la vérité

Tout comme les prophètes précédents avaient été persécutés par leurs pères, de la même façon, ces anciens et ces scribes, «furibonds dans leur cœur», se jetèrent tous ensemble contre Étienne, «ils le trainèrent en dehors de la ville et se mirent à le lapider». Et le Pape a commenté : «Quand le prophète arrive à la vérité et touche le cœur, ou le cœur s’ouvre, ou le cœur devient pierre, et se déchaine la rage, la persécution». «C’est ainsi que finit la vie d’un prophète.»

Le vrai prophète pleure son peuple

La vérité souvent inconfortable n’est pas agréable à écouter et François dit que «les prophètes toujours, ont eu ces problèmes de persécution pour le fait de dire la vérité».

«Mais quel est pour moi la preuve qu’un prophète, quand il parle fort, dit la vérité ? C’est quand ce prophète est capable non seulement de dire, mais de pleurer sur le peuple qui a abandonné la vérité. Et Jésus d’une part, les réprouve avec ces paroles dures : « génération perverse et adultère », dit-il par exemple ; et d’autre part il pleure sur Jérusalem. Ceci est le test. Un vrai prophète est celui qui est capable de pleurer pour son peuple, et aussi de dire des choses fortes quand il doit les dire. Il n’est pas tiède, il est toujours comme ça : direct.»

Ne pas seulement réprouver mais ouvrir à l’espérance

Mais le vrai prophète n’est pas un «prophète de malheur», a précisé François, il doit au contraire être un prophète d’espérance :

«Ouvrir des portes, assainir les racines, assainir l’appartenance au peuple de Dieu pour aller de l’avant. Il n’est pas d’office un dénonciateur… Non, c’est un homme d’espérance. Il réprouvera quand c’est nécessaire et il ouvre les portes en regardant l’horizon de l’espérance. Mais, le vrai prophète, si il fait bien son métier, il joue sa peau.»

L’Église a besoin du service de la prophétie

Ainsi, Étienne qui meurt sous les yeux de Saul, pour être cohérent avec la vérité. Et le Pape cite une phrase de l’un des premiers pères de l’Église : «le sang des martyrs est la semence des chrétiens».

«L’Église a besoin des prophètes. Je dirais même plus : elle a besoin que nous soyons tous des prophètes. Non pas des critiques, ceci est une autre chose. Un chose est toujours le juge critique auquel rien ne plait : Non, ceci ne va pas bien, ça ne va pas, ceci doit être comme ça… Celui-ci n’est pas un prophète. Le prophète est celui qui prie, pleure, est capable de pleurer sur le peuple, mais il est aussi capable de bien jouer pour dire la vérité.»

17 avril 2018, 11:29