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Sur la route de Darién, au Panama, le 18 octobre 2022. Sur la route de Darién, au Panama, le 18 octobre 2022.  (ANSA)

En Amérique latine, des milliers de migrants risquent leur vie sur la «route mortelle» de Darién

L'augmentation exponentielle du nombre de migrants sud-américains ou des Caraïbes qui passent par cette route pour rejoindre les États-Unis, a conduit l'évêque du diocèse colombien d'Apartadó, Mgr Hugo Alberto Torres Marín, à tirer la sonnette d'alarme car une véritable «crise humanitaire» se déroule dans les régions d'Urabá et de Darién.

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La région du Darién, également connue sous le nom de «fossé du Darién» et de «jungle du Darién», comprend certains territoires de la province du Panama, en République du Panama, et le nord du département du Choco, en Colombie. Il s'agit d'une zone sauvage et marécageuse, entre jungles, rivières et montagnes, qui fait office de barrière entre les deux États. Elle est connue pour le passage illégal de migrants d'Amérique du Sud (principalement des Vénézuéliens) en quête d'un avenir meilleur aux États-Unis .

L'agence Fides rapporte que face à l'augmentation exponentielle de la population migrante en transit, l'évêque du diocèse colombien d'Apartadó, Mgr Hugo Alberto Torres Marín, a décidé de tirer la sonnette d'alarme car une véritable «crise humanitaire» est en train de se produire dans les régions d'Urabá et de Darién. «Entre 1 800 et 2 100 personnes arrivent et quittent la municipalité de Necoclí chaque jour, et nous commençons à voir des cas de mendicité, de vol, d'exploitation sexuelle et de traite des êtres humains», rapporte-t-il.

Les efforts et les actions proposés par le gouvernement et les organisations pour soutenir les migrants et la population civile ne sont plus suffisants, l'évêque appelle donc à la mise en œuvre d'un plan d'urgence.

À la recherche de nouvelles opportunités pour une vie meilleure

Face à l'aggravation de la situation, le réseau Clamor - le réseau ecclésial latino-américain engagé dans la migration, les réfugiés, le trafic et le déplacement - a lancé mardi 22 novembre une campagne numérique intitulée «El Darién n'est pas une route, c'est une impasse», avec laquelle il veut démontrer, à travers ses équipes pastorales qui travaillent dans la région, qu'il s'agit de la «route la plus dangereuse d'Amérique latine, une route mortelle». Cela ne semble toutefois pas arrêter les milliers de migrants qui ont décidé d'emprunter ces routes à la recherche de nouvelles opportunités pour une vie meilleure.

Un groupe d'Haïtiens dans le fossé de Darién, en Colombie
Un groupe d'Haïtiens dans le fossé de Darién, en Colombie

Le réseau Clamor invite à «s'approcher et reconnaître les rêves et les désirs qui sont dans le cœur de chacun des hommes et des femmes qui, dans la plupart des cas, prennent cette décision pour leurs fils et leurs filles». Il appelle toutefois à «réfléchir, évaluer et prendre conscience avant de s'engager dans ce voyage qui, pour beaucoup, est mortel».

Cinq vagues de migration

Selon le HCR (Haut-Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés), le nombre total de personnes qui ont traversé la jungle cette année a presque triplé par rapport à la même période de l'année dernière, passant de 2 928 au cours des deux premiers mois de 2021 à 8 456 au cours de la même période de 2022. Le chiffre de cette année comprend 1 367 enfants et adolescents.

L'exode des Vénézuéliens de leur pays a commencé en 2002. Depuis lors, il y a eu cinq vagues de migration, selon les observateurs, en raison de facteurs politiques, économiques, d'insécurité et de violence. Il s'agit de la plus grande crise migratoire et humanitaire jamais enregistrée en Amérique latine.

23 novembre 2022, 15:26