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Une manifestation "Fridays for future", le 1er octobre 2021 à Milan. Une manifestation "Fridays for future", le 1er octobre 2021 à Milan.  

Vers la COP26 de Glasgow - Petit lexique du climat

Six ans après la COP21 et l'accord de Paris, tandis que l’urgence climatique se fait de plus en plus pressante, 197 pays se retrouvent à Glasgow du 31 octobre au 12 novembre pour décider des grands axes de la politique environnementale mondiale. Décryptage des termes essentiels pour mieux comprendre les enjeux de cette conférence internationale.

Marine Henriot - Cité du Vatican 

Énergies fossiles

Une énergie fossile est un type d’énergie issu de la transformation de matières organiques enfouies dans le sol pendant des millions d’années, d’où l’appellation «fossile». Par exemple, les premiers charbons exploitables se sont formés il y a 360 millions d’années.

Cette énergie provient de réserves principalement composées de carbone, et n’est pas renouvelable. Une fois ces réserves puisées dans la terre, elles ne peuvent être régénérées qu’à l’échelle des temps géologiques.

Le gaz naturel, le charbon, le pétrole sont des énergies fossiles. A elles trois, elles représentent 84,3% de la consommation énergétique mondiale.

À quelques jours de la COP26 de Glasgow, 72 institutions religieuses ont annoncé dans une déclaration commune leur désinvestissement des combustibles fossiles.

Climat

Le climat désigne un ensemble de caractéristiques atmosphériques et météorologiques propres à une région. Cela peut être par exemple l’humidité dans un lieu donné, les températures, la pression de l’air… L’ensemble de ces données représente un certain type de climat.

Les quatres principaux type de climat sont :

-Le climat polaire, un froid permanent

-Le climat continental, marqué par un hiver froid et long

-Le climat océanique, humide et tempéré

-Le climat méditerranéen, caractérisé par des étés chauds et des hivers courts

Il existe également des climats subtropicaux, des microclimats… Chaque climat étant à l’origine d’un écosystème bien à soi. Un changement de donnée, par exemple une hausse des pluies, modifie le climat et l’écosystème qui en découle.

 

Biodiversité

La biodiversité est un terme global. Il désigne la totalité du tissu vivant de notre planète, sur laquelle les premiers organismes vivants ont été découverts il y a plus de 3,5 milliards d’années.

Çe terme «biodiversité» englobe l’ensemble des milieux naturels, des formes de vie et les relations entre eux. Elle se compose de trois niveaux interdépendants, rappelle le site du ministère français de la transition écologique:

-       la diversité des milieux de vie à toutes les échelles : des océans, prairies, montagnes… Du contenu des cellules aux feuilles des légumes de son potager 

-       la diversité des espèces (y compris l’espèce humaine) qui vivent dans ce milieu 

-       la diversité génétique des individus au sein de chaque espèce

L’écosystème désigne lui uniquement la diversité des milieux. Depuis le Sommet de la Terre de 1992, il est établi que la biodiversité est gravement menacée par les activités humaines et s’appauvrit d'année en année à un rythme sans précédent.

Développement durable

Le terme est en vogue depuis plusieurs décennies et représente une des pistes pour lutter contre la dégradation de la planète Terre.

La première définition de développement durable apparaît en 1987 dans le rapport «Notre avenir à tous», communément appelé le rapport Brundtland publié par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement: «Le développement durable est un mode de développement qui répond aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs».

Cette notion de développement durable implique deux concepts, celui de besoins «et plus particulièrement des besoins essentiels les plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité» et le concept de «limitation» des effets des activités humaines sur l’environnement.

L''éolien représente 4% de la production énergique mondiale.
L''éolien représente 4% de la production énergique mondiale.

Décarbonation ou décarbonisation

Le réchauffement climatique est en grande partie dû à l’effet de serre: certains gaz de l’atmosphère terrestre agissent comme les parois d’une serre, ils permettent à l’énergie solaire d’entrer dans l’atmosphère mais l’empêchent de s’en échapper, provoquant ainsi une hausse des températures.

La décarbonation ou décarbonisation correspond à l’ensemble des mesures permettant la réduction des émissions de dioxyde de carbone d’une entreprise, d’un secteur d’activité ou d’un pays.

A l’échelle d’un pays par exemple, une politique de décarbonation peut consister à limiter les énergies primaires, émettrices de gaz à effet de serre, au profit des énergies renouvelables.

C’est le cœur du «Green deal» de l’Union européenne: ce plan appelle à la neutralité climatique pour 2050, donc une situation où les rejets anthropiques de gaz à effet de serre sont aspirés par les puits (naturels ou non) de carbone, que sont les sols (forêts, tourbières etc…), les océans et les sous-sols. Pour y parvenir, il faut mettre en place des mesures de décarbonation, comme réduire les émissions des navires de pêches.

Puits de carbone

Un puits de carbone est un réservoir (naturel ou artificiel) qui absorbe le carbone présent dans l’air. Ils sont essentiels à la survie de notre planète car ils stabilisent la quantité de CO2 présent dans l’atmosphère et donc limitent l’effet de serre. On parle alors du phénomène de séquestration du carbone.

Le bois, mais aussi le sol, le sous-sols, les océans, constituent des puits naturels de carbone. La biosphère absorbe ainsi 20% du carbone anthropique émit dans l’air.

Mais les puits de carbone sont en danger : par exemple, en 2015, la flore mondiale ne stocke plus qu'environ 450 pétagrammes de carbone par an, au lieu de 916 pétagrammes par an si l'humanité n'avait pas affecté la biodiversité.

Réchauffement climatique

Le réchauffement climatique est une facette des changements climatiques. Il fait référence à une augmentation globale de la température sur terre, les températures de surface augmentent d’environ de 0,2°C par décennie. En 2020, l’augmentation fut de 1,2°C au-dessus de l’ère préindustrielle, le niveau de référence, notamment dans l'Accord de Paris. 

Le réchauffement climatique est en grande partie dû à l’effet de serre: certains gaz de l’atmosphère terrestre agissent comme les parois d’une serre, ils permettent à l’énergie solaire d’entrer dans l’atmosphère mais l’empêchent de s’en échapper, provoquant ainsi une hausse des températures.

Le gaz carbonique (c’est-à-dire la forme gazeuse du dioxyde de carbone, CO2) est un des principaux responsables de l’augmentation de l’effet de serre, c’est notamment, avec le méthane, lui qui est désigné lorsqu’on parle de «gaz à effet de serre». Il s’agit de gaz à effet de serre d’origine anthropique, c’est-à-dire produit par la population humaine, par exemple, 80% du gaz carbonique vient du recours au pétrole et aux énergies fossiles.

Le réchauffement climatique accentue l’évaporation de l’eau, ce qui assèche les terres, accroît l’effet de serre et le réchauffement des océans.

Température de la période préindustrielle

Depuis des décennies, la température moyenne mondiale est calculée par l’Organisation météorologique mondiale (OMM), qui se base sur différentes sources internationales. Quand l’accord de Paris se rapporte à la température «par rapport aux niveaux préindustriels», il fait référence à la période entre 1850 et 1900.

Selon l’OMM, la température moyenne mondiale à la surface du globe a désormais dépassé de 1,2°C celle de l’époque préindustrielle. Un réchauffement qui tend à s’accélérer : les six années écoulées depuis 2015 ont été les plus chaudes jamais enregistrées, la décennie 2011-2020 fut la plus chaude jamais constatée.

Les prélèvements de température existent de manière détaillée depuis 1850. Les conséquences d’une hausse de la température limitée à 1,5°C sont désormais très documentées, elle entraîne par exemple une hausse du niveau de la mer de 26 à 77 cm d’ici 2100, selon le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat).

En août 2021, une usine de produits chimiques pétroliers en Louisiane, aux Etats-Unis.
En août 2021, une usine de produits chimiques pétroliers en Louisiane, aux Etats-Unis.

Neutralité climatique

La neutralité climatique est introduite dans l’article 4 de l’Accord de Paris.

Elle s’applique à l’échelle de la planète et vise à équilibrer les rejets de gaz à effet de serre liés à l'activité humaine et leur élimination par les puits. Pour paraphraser, la neutralité climatique vise à atteindre une situation de «Zéro émissions nettes» (ZEN), dans laquelle le flux des émissions entrant dans l’atmosphère s’équilibre avec celui qui s’en échappe, détaille l’économiste Christian de Perthuis sur son site.

Accord de Paris       

Pour la première fois, lors de la COP21 en décembre 2015 à Paris, les 195 parties (c’est-à-dire les États signataires de la CCNUCC de 1992 à Rio de Janeiro) sont parvenus à un accord pour lutter contre le changement climatique. En paraphant cet accord, les signataires s’engagent à mettre en place des mesures pour contenir «l'élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels et en poursuivant l'action menée pour limiter l'élévation de la température à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels, étant entendu que cela réduirait sensiblement les risques et les effets des changements climatiques». Cette mesure est le cœur de l’Accord de Paris.

En outre, comme le rapporte le site de l’UNFCCC (Conférence des Nations unies sur le changement climatique), l’accord vise à accroître la capacité des pays à faire face aux impacts du changement climatique et à rendre les flux financiers compatibles avec un faible niveau d'émissions de gaz à effet de serre et une voie résiliente au climat.

Pour arriver à cet objectif, les États signataires se sont engagés à parvenir à un «plafonnement mondial des émissions de gaz à effet de serre dans les meilleurs délais» et à communiquer les contributions nationales qu’il prévoit de réaliser. Un bilan mondial de cet accord aura lieu en 2023, puis tous les cinq ans.

C’est le tout premier accord mondial juridiquement contraignant sur le changement climatique.

COP26

COP est l’acronyme de «conférence des parties», «parties» faisant référence aux États signataires. De manière générique, la conférence des parties désigne l’organe suprême de certaines conventions internationales.

Dans ce cadre de la COP26, cette appellation désigne tous les États signataires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, la CCNUCC, signée en 1992, lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro. La Déclaration de Rio de Janeiro donna une première définition officielle de la notion de développement durable. Dans la foulée, la première COP a eu lieu à Berlin en 1995. 

Cette COP26 se tiendra à Glasgow en Écosse du 31 octobre au 12 novembre, au Scottish Event Campus, elle est présidée par le Royaume-Uni en tandem avec l’Italie. Le président cette année est Alok Sharma, qui a quitté son poste de secrétaire d’État aux Affaires étrangères, à l’Énergie et à la Stratégie industrielle au gouvernement britannique pour se consacrer à cette tâche. Alok Sharma a été reçu au Vatican début octobre, lorsque le Pape, accompagné de responsables religieux du monde entier, a exhorté les participants à la COP26 à respecter l’accord de Paris et à prendre des mesures audacieuses pour préserver la biodiversité.

(Article mis à jour quotidiennement jusqu'à l'ouverture de la COP26)

18 octobre 2021, 15:00