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Amnesty accuse les grands laboratoires de négliger les pays pauvres Amnesty accuse les grands laboratoires de négliger les pays pauvres  (AFP or licensors)

Covid : les laboratoires négligent les plus pauvres selon Amnesty

Alors que s’ouvre ce mercredi un sommet mondial virtuel sur la pandémie de Covid-19 à l’initiative du président des États-Unis, Amnesty International dénonce les six grands laboratoires produisant un vaccin anti-Covid d’alimenter une crise des droits de l’Homme sans précédent, la plupart des doses ayant été utilisées dans les pays riches. L’ONG demande que deux milliards de doses soient livrées aux plus pauvres d’ici la fin de l’année.

Entretien réalisé par Marine Henriot – Cité du Vatican

C’est une lourde accusation que porte Amnesty International à l’encontre de six grands laboratoires : AstraZeneca, BioNtech, Johnson&Johnson, Moderna, Novavax et Pzifer. Selon le rapport de l’ONG, «une double dose d’inégalité», ils ont refusé de participer aux initiatives visant à accélérer l’approvisionnement mondial en vaccins avec pour résultat concret que moins d’1 % de la population est entièrement vaccinée dans les pays pauvres contre 55 % dans les pays riches.

La secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard, parle d’une «pénurie de vaccins hautement prévisible et extrêmement dévastatrice pour tant d’autres personnes», évoquant «le blocage intentionnel des transferts de technologie par Big Pharma et ses manœuvres commerciales à l’avantage des pays riches».

Les premiers à en payer le prix selon l’organisation, sont l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine. Ainsi, sur les 5,76 milliards de doses injectées dans le monde, seul 0,3% est allé aux pays pauvres, selon les estimations d’Amnesty.

Au vu de cette situation, l’ONG demande à ce que, durant les cent derniers jours de l’année 2021, deux milliards de doses de vaccins soient livrées aux pays à revenu faible ou à revenu intermédiaire inférieur pour rattraper ce retard global. «Personne dans le monde ne doit connaître une nouvelle année de souffrance et de peur» affirme Agnès Callamard. Les États riches sont également sollicités et se voient demander de redistribuer de toute urgence les centaines de millions de doses inutilisées.

Cécile Coudriou, présidente d’Amnesty International France revient sur les manquements des grands laboratoires.

Cécile Coudriou, présidente d’Amnesty International France
22 septembre 2021, 16:16