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L'église Saint Joseph à Erbil, dans la région autonome du Kurdistan irakien. L'église Saint Joseph à Erbil, dans la région autonome du Kurdistan irakien.  (AFP or licensors)

À Erbil, Noël sous le signe de l’espérance

Aux quatre coins du monde, Noël sonne cette année différemment, en raison des restrictions sanitaires. Depuis Erbil la capitale du Kurdistan irakien, le frère dominicain Olivier Poquillon nous envoie un message d’espérance.

Marine Henriot - Cité du Vatican

Il y a ces gestes que l’on retrouve dans le monde entier: se désinfecter les mains, porter le masque, s’inscrire pour assister à la messe de Noël. Mais dans la capitale du Kurdistan irakien, même l’inscription pour la messe de la Nuit relève de l’exploit, «Notre paroisse est latine, explique depuis Erbil le frère dominicain Olivier Poquillon, nous recevons beaucoup de travailleurs migrants, qui pour s’inscrire ont dû se déplacer depuis l’autre bout de la ville ou du gouvernorat, pour s’insérer dans une des multiples messes célébrées en français, en anglais et en arabe».

D’habitude, sur cette terre d’Abraham et de Jonas, la messe de la Nuit attire des centaines de fidèles. Il a fallu s’adapter cette année, détaille frère Poquillon, chargé de la pastorale des étrangers: deux tiers des chaises ont été enlevées et les accès se font sous strict contrôle.

Ravagée par la première guerre du Golfe en 1990, l’invasion américaine puis la présence de l’organisation de l’Etat islamique, Erbil la survivante n’en est pas à sa première crise. Sur le plan sanitaire, les restrictions sont lourdes et plus de 12 000 personnes sont mortes de la Covid en Irak, mais la situation est encore plus difficile sur le plan économique, «Nous sommes vraiment dans le sens de Noël, confie le dominicain, la première visite, c’est celle du Christ, nous avons également celle du Pape en mars». Le Saint-Père doit se rendre en Irak du 5 au 8 mars 2021, il visitera Bagdad, la plaine d’Ur, Erbil, Mossoul et Qaraqosh.

Vivre dans la confiance

À Erbil, les chrétiens vivent dans la confiance: «Nous nous serrons les coudes, nous nous recentrons sur l’essentiel», ajoute le dominicain, qui espère que 2021 apportera lumière et paix, «les gens ne sont pas désespérés, nous sommes au fond de la piscine et allons pouvoir donner un grand coup de pied pour remonter à la surface». Sur place, la population, dont la majorité à moins de 20 ans, se prend en main et n’attend plus de solution de l’extérieur, «l’espérance est déjà là, nous espérons tous que nous pourrons construire quelque chose ensemble dans la paix». 

L’année 2021 en Irak s’annonce en effet riche en événements, alors que le pays a été secoué en 2019 et 2020 par une vague de manifestations contre la corruption et la classe politique, les élections législatives prévues en mai 2022 ont été anticipées en juin 2021.  

24 décembre 2020, 11:53