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La COP 26 aurait dû avoir lieu en novembre 2020 mais a été reportée à 2021 La COP 26 aurait dû avoir lieu en novembre 2020 mais a été reportée à 2021  (AFP)

Les jésuites appellent à ne pas oublier le changement climatique

La COP26 qui devait se tenir du 9 au 19 novembre à Glasgow a été reportée à l’année prochaine à cause de la Covid-19. Les jésuites d’Afrique, de Madagascar et d’Europe ont exprimé leur inquiétude quant aux possibles conséquences de ce renvoi dans une lettre envoyée au Premier ministre britannique, hôte de l’événement.

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Énième événement international reporté à cause de la pandémie de Covid-19, la COP26 sur le changement climatique aura finalement lieu du 1er au 12 novembre 2020 à Glasgow, au Royaume-Uni comme prévu initialement. Mais cela préoccupe les jésuites pour qui cela «pourrait amener les gouvernements à se concentrer uniquement sur la pandémie actuelle au détriment de la question du changement climatique».

 

C’est pourquoi le provincial britannique, le père Damian Howard, le président de la Conférence des jésuites d'Afrique et de Madagascar, le père Agbonkhianmeghe Orobator, et le père Franck Janin, président du Xavier Network, le réseau jésuite de mission et de développement, composé de 13 organisations jésuites opérant en Europe, au Canada et en Australie, ont envoyé une lettre au Premier ministre britannique, Boris Johnson, pour lui exposer leur point de vue.

Tout est lié

«La Covid-19 reste un danger clair et présent pour la santé et la sécurité de la population». Cependant, le changement climatique «n’est pas un problème moins urgent car, comme le Pape François l'a signifié dans son encyclique Laudato si’, tout est lié». Le changement climatique, expliquent les jésuites, «aggrave les dommages sociaux, économiques et environnementaux que la pandémie elle-même a déclenchés»; il est donc plus nécessaire que jamais «de maintenir le débat sur cette question».

En tant que pays hôte de la prochaine conférence des Nations unies sur le climat, le Royaume-Uni se voit confier par les jésuites d’Europe, d’Afrique et de Madagascar la préparation d'«un programme mondial ambitieux» en exhortant les gouvernements nationaux à faire preuve de «courage» dans leurs politiques de lutte contre le changement climatique.

Combiner les actions sociales et environnementales

Les jésuites suggèrent ainsi que «tous les paquets d’aide anti-Covid prennent en compte le changement climatique et puissent inclure des actions pour le combattre» dans la mesure où les questions liées à la pandémie et au climat sont «des risques transfrontaliers». «Combattre efficacement la Covid-19 et préparer le monde à la période post-pandémie requiert que le changement climatique continue d’être au cœur de l’attention des dirigeants mondiaux».

Il y a urgence à agir, estiment les jésuites, car cette question «repose de manière disproportionnée sur les épaules des pauvres et des marginaux du monde». Ce sont, en effet, «les personnes les plus pauvres et les plus vulnérables - notent les jésuites - qui doivent subir les conséquences du changement climatique, même si elles ont moins contribué que d'autres à générer ce problème».

Dans une deuxième lettre adressée à l'Union africaine, à l'Union européenne et à la Commission européenne, les jésuites rappellent également que lors de la Cop21 en 2015, «les pays européens se sont engagés à soutenir les pays en développement dans le financement de l'action en faveur du climat. Cet engagement doit donc être renouvelé». Ce qui est en jeu, en fait, «ce sont d'importantes questions de justice et il est du devoir des pays où le développement a le plus conduit au changement climatique de prendre l'initiative d'organiser les ressources pour le combattre».

 

21 novembre 2020, 09:42