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Rassemblement à Lima après l'élection de Francisco Sagasti à la présidence de la République Rassemblement à Lima après l'élection de Francisco Sagasti à la présidence de la République 

Les évêques péruviens préoccupés par la crise politique

Le Pérou a un nouveau président de la République : Francisco Sagasti, député centriste, élu ce lundi 16 novembre président du Parlement. Il assurera l'intérim à la tête d'un pays plongé dans une crise politique à laquelle les évêques ont été ces derniers jours très attentifs.

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La crise politique péruvienne va peut-être connaître un apaisement. Les députés ont élu le député centriste Francisco Sagasti président du Parlement et de facto président par intérim. Son élection met fin pour le moment à la crise ouverte le 9 novembre par la destitution par ces mêmes députés du président Martin Vizcarra, arrivé lui-même à la tête de l'État après la destitution de Pedro Pablo Kuczynski, dont il était le vice-président, en 2018. Manuel Merino était alors parvenu à la magistrature suprême en tant que président du Parlement. Dimanche, face à la colère d'une partie de la population qui critiquait son arrivée au pouvoir, et après la mort de deux jeunes tués par la police, il a annoncé sa démission.

 

Depuis le début de cette crise, l'Église catholique a appelé au calme et au dialogue et à entendre la colère du peuple. Dimanche, Mgr Carlos Castillo, archevêque de Lima, a présidé une messe en mémoire de ces deux étudiants tués lors d'un rassemblement le 14 novembre. Il a prié aussi pour tous les jeunes, étudiants, sauveteurs, volontaires, journalistes et personnes hospitalisées à cause de la violence lors de ces manifestations.

Hommage aux jeunes par l'archevêque de Lima

Un groupe de jeunes des paroisses de l'archidiocèse qui participèrent de manière pacifique aux rassemblements, a assisté à l'office. «Nous voulons remercier les jeunes pour la force de leur conscience, le courage de leur esprit, le sérieux de leur paix, la capacité de dire les choses avec joie et espérance» a déclaré Mgr Castillo. «Les jeunes sont les héritiers de cette nation et du prochain monde, et l'on a besoin de leur laisser un héritage de vertu, d'amour véritable, de sérieux, mais surtout, de pouvoir éradiquer la corruption et la folie».

L'archevêque de Lima évoqua tous les jeunes qui firent entendre leur voix dans les rues : «la majeure partie de nos jeunes qui allèrent manifester sont des enfants de familles pauvres et simples qui veulent que l'on aille à la racine du problème, pas à la superficie», a-t-il expliqué.

Lutter contre la corruption

Ce soutien a suivi le message prononcé la veille par Mgr Miguel Cabrejos Vidarte, président de la Conférence épiscopale nationale du Pérou (CEP), archevêque de Trujillo et président du Conseil épiscopal latino-américain. Le 14 novembre, il déclarait que «le Pérou se trouve actuellement immergé dans une grave crise politique, institutionnelle et sanitaire», dans un climat de «méfiance, d'incertitude et d'insécurité» qui porte préjudice à la population et à son développement. Il faut donc, selon le président de la CEP, «écouter la clameur des gens pour retrouver la confiance, le calme et la paix sociale». «Un effort de dialogue social qui soit profond, ample et qui recherche des solutions alternatives au conflit est essentiel» a-t-il estimé.

C'est pourquoi il a invité les Péruviens à «veiller à l'ordre constitutionnel», demandant dans le même temps au Tribunal constitutionnel de se prononcer «de manière claire et convaincante» et «le plus rapidement possible», sur la légitimité ou non de la décision du Congrès de destituer Martin Vizcarra.

Mgr Vidarte a demandé également que soit garanti le respect des normes et l'indépendance des pouvoirs afin que «les institutions soient fidèles à l'accomplissement de leur mission et que le processus électoral urgent prévu pour avril prochain puisse se poursuivre pacifiquement et de manière stable». L'archevêque de Trujillo a enfin pointé du doigt l'un des maux, sinon le mal principal du Pérou : la corruption.

 

17 novembre 2020, 12:13