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La Côte d'Ivoire vote le 31 octobre La Côte d'Ivoire vote le 31 octobre  (AFP or licensors)

Présidentielle en Côte d’Ivoire: «Nous sommes revenus à la case départ»

En Côte d’Ivoire, l’élection présidentielle aura lieu le 31 octobre prochain et la campagne, marquée par des affrontements et des manifestations désormais interdites, réveille les peurs d’une nouvelle crise, comme celle de l’élection de 2010.

Entretien réalisé par Marine Henriot - Cité du Vatican

En Côte d’Ivoire, les tensions autour de la présidentielle du 31 octobre laissent craindre une confrontation violente entre les trois forces politiques qui se disputent le pouvoir depuis 1995. Sur la ligne de départ du scrutin, seuls quatre noms ont été retenus par le Conseil constitutionnel, sur les 40 candidats: le président sortant Alassane Ouattara qui brigue un troisième mandat, représentant le RDR (Rassemblement des Républicains), l’ancien président Henri Konan Bédié, du PDCI-RDA (Parti démocratique de Côte d'Ivoire-Rassemblement démocratique africain), Kouadio Konan Bertin, dissident du PDCI et Pascal Affi N’Guessan, ancien Premier ministre (FPI-Front Populaire ivoirien).

Les candidatures de Guillaume Soro et de l’ancien président Laurent Gbagbo ont été rejetées, mais ceux-ci tentent malgré tout de faire entendre leur voix, depuis l’étranger ou via leurs militants sur le terrain.

En août, une quinzaine de personnes ont été tuées dans des violences après l'annonce de la candidature du président Ouattara, qualifiée de «forfaiture» par l'opposition. La Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels, mais le Conseil constitutionnel a estimé que l'entrée en vigueur d'une nouvelle constitution en 2016 a remis le compteur à zéro pour l'actuel chef de l'État. Une interprétation contestée par l'opposition.

Ces personnalités politiques et les violences rappellent la sombre crise post-électorale de 2010: Laurent Gbagbo, le président sortant, avait refusé de reconnaître sa défaite face à Alassane Ouattara et plus de trois mille personnes avaient été tuées dans ces affrontements politiques. 

Le père Cyprien Ahouré, salésien, originaire d’Abidjan et ancien responsable de la mission catholique de Duékoué, ville marquée par des massacres lors de la crise, revient sur le climat tendu de campagne et déplore une situation qui se répète. 

Entretien avec le père Cyprien Ahouré

 

03 octobre 2020, 08:42