Recherche

Vatican News
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) est une agence spécialisée de l'ONU pour la santé publique créée en 1948, siégeant à Genève en Suisse. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) est une agence spécialisée de l'ONU pour la santé publique créée en 1948, siégeant à Genève en Suisse.   (AFP or licensors)

Covid-19: l’étendue des pouvoirs de l’OMS en question

Depuis le 30 janvier 2020, l’OMS a décrété l’alerte mondiale face à la pandémie de Covid-19, et la vie de la planète entière a basculé. L’institution onusienne a été vivement critiquée depuis, en particulier par les États-Unis, qui ont lancé leur procédure de retrait en juillet dernier. Le président de l'OMS demande maintenant d'accélérer la réforme de l’organisation, et «de renforcer la surveillance sanitaire internationale des pays».

Entretien réalisé par Delphine Allaire – Cité du Vatican

Jusqu’alors, et principalement dans sa gestion de la crise Ebola en 2014, l’organisation basée à Genève avait été plutôt louée pour sa transparence et sa réactivité. Mais depuis l’apparition de la pandémie de Covid-19, l’OMS s’est rapidement retrouvée sous le feu des critiques, ses recommandations étant jugées tardives ou contradictoires. D’autres ont également souligné que l’OMS manquait à la fois de ressources budgétaires et d’indépendance face aux États.

Nombreux sont donc les défis de fonctionnement pour cette organisation internationale, vers laquelle tous les regards se tournent en temps de crise, «mais qui n’a pas les moyens des ambitions qu’on lui prête», selon le professeur Antoine Flahault, directeur de l’Institut de Santé Globale à l’Université de Genève.

Le budget de l’organisation composée de 194 État s’élevait à deux milliards d’euros en 2019, et l’OMS ne dispose d’aucun pouvoir de sanctions, contrairement à d’autres organisations internationales, telles l’OMC pour le commerce ou l’OIT pour le travail. 

 

Pour exemple, l’immense majorité des États-membres de l’OMS ont violé la recommandation de l’institution «à ne pas limiter les déplacements».

Les projets de réformes de l’OMS seront discutés par ses membres en novembre prochain. À cette occasion, les pays discuteront également des conséquences du retrait des États-Unis, premier bailleur de fonds de l’agence. «C’est un sujet qui nous préoccupe beaucoup», a signalé la représentante régionale russe, en visioconférence, tandis que le représentant autrichien a dit craindre un «affaiblissement» de l’OMS.

Entretien avec le professeur Antoine Flahault de l'université de Genève

 

 

 

14 octobre 2020, 07:00