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L'euthanasie va être légalisée en Nouvelle-Zélande

La légalisation de l’euthanasie a été approuvée à plus de 65% des voix, lors du référendum du 17 octobre, portant sur une modification de la loi de 2019 sur la fin de vie. L’Église catholique néo-zélandaise a aussitôt réagi.

Cette disposition, qui doit entrer en vigueur en 2021, rendra possible l'euthanasie pour les personnes majeures, en pleine capacité mentale, souffrant d'une maladie en phase terminale susceptible de causer la mort sous six mois et dont les souffrances «sont insupportables». Les résultats définitifs du référendum seront annoncés le 6 novembre, et devraient confirmer la tendance majoritaire du "oui" qui se dégage.

La réaction de l'Église catholique locale, qui s'est longtemps battue contre l'approbation de la législation, a été immédiate : dans une note, le Dr John Kleinsman, directeur du Centre de bioéthique Nathaniel, qui relève de la conférence épiscopale locale, souligne combien cette loi «met les personnes vulnérables en difficulté et en danger» car «la possibilité de l'euthanasie exercera une pression certaine sur de nombreuses personnes malades et leurs familles».

Le risque d'une pression sur les malades et les soignants

Car la légalisation de l'assistance à la mort aura également «un impact énorme sur tous ceux qui travaillent avec les mourants et qui les soignent, c'est-à-dire les médecins, les infirmières, les agents de santé, les aumôniers, les prêtres et les ministres laïcs». Avec l'approbation de ce référendum, «la Nouvelle-Zélande a franchi un point de non-retour» car «la loi n'affectera pas quelques cas, les plus difficiles», mais «facilitera le choix de l'euthanasie pour toute personne ayant un diagnostic de maladie terminale», estime le docteur Kleinsman. En réalité, la législation «ne requiert pas de soins palliatifs, n'impose pas d'exigences spécifiques pour les témoins et manque de procédures efficaces pour détecter si les personnes souhaitent opter pour une mort assistée en raison de pressions extérieures ou du sentiment d'être un fardeau pour les autres». 

Ce résultat, poursuit le directeur du Centre pour la bioéthique Nathaniel, «va à l'encontre de la tendance de l'opinion publique mondiale, 33 juridictions dans le monde ayant rejeté des lois similaires au cours des cinq dernières années, dont le Royaume-Uni et l'Écosse, en raison des risques encourus par les personnes vulnérables». Le médecin conclut : «ce n'est qu'une question de temps avant que nos parlementaires soient poussés à étendre encore la loi, comme cela s'est produit dans d'autres pays. Cette législation nous met sur une voie très dangereuse et nous n'en sommes qu'au début».

Rejet de l'usage du cannabis à usage récréatif

Lors du 17 octobre, les Néo-zélandais ont été amenés à se prononcer, à l’occasion d’un 2e référendum, sur la légalisation du cannabis à usage récréatif. Dans ce cas, le «non» l'a emporté avec 53,1 %. Là aussi, l’Église a fait entendre sa voix, alertant sur les conséquences négatives de cette substance, en particulier sur les jeunes. «Nous pensons que la population doit réfléchir sérieusement à cette question et nous espérons que le vote sera utilisé pour examiner l'impact du cannabis sur les jeunes et les personnes les plus vulnérables de nos communautés», ont affirmé les évêques.

Vatican News Service - IP

31 octobre 2020, 11:43