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Rieck Machar et Salva Kiir le 7 novembre 2019 en Ouganda Rieck Machar et Salva Kiir le 7 novembre 2019 en Ouganda 

Nouvel appel pour la paix des Églises du Soudan du Sud

À l'occasion de la Journée internationale de la paix, le 21 septembre, le Conseil des Églises du Soudan du Sud (SSCC), a publié une déclaration commune appelant à la mise en œuvre rapide de l'Accord revitalisé sur la résolution des conflits au Soudan du Sud signé en 2018 après cinq ans de guerre civile.

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«La mise en œuvre de cet accord signifie faire taire les armes, mettre fin à la violence sexuelle et sexiste, dormir dans des communautés pacifiques sans craindre d'être tué ou volé, protéger les enfants et les femmes et permettre la reprise de l'économie et le développement des infrastructures»: c'est ce qu'écrivent les dirigeants des Églises du Soudan du Sud qui ont célébré la Journée des Nations unies sous la devise «Mettre fin à la violence et façonner la paix ensemble».

La déclaration reconnaît certains progrès dans la mise en œuvre de l'accord signé le 12 septembre 2018 à Addis-Abeba par le gouvernement du président Salva Kiir et le parti d'opposition dirigé par son rival Riek Machar. Les dirigeants chrétiens mentionnent notamment la création en février dernier du nouveau gouvernement de transition d'unité nationale (qui a partiellement rétabli la formation de 2011, avec Machar comme vice-président), l'accord conclu sur le nombre d'États qui composeront le pays pacifié, la nomination de leurs gouverneurs et les progrès réalisés dans la formation d'une armée unifiée.

Préoccupation pour la sécurité et l'économie

Dans le même temps, les Églises chrétiennes sud-soudanaises sont préoccupées par les violations continues du cessez-le-feu, tandis que les vendettas intercommunautaires et les raids de bétail continuent de déstabiliser le pays. La dégradation de la situation économique est également préoccupante, la dévaluation de la monnaie nationale rendant le coût de la vie des Sud-Soudanais de plus en plus élevé.

Les dirigeants chrétiens demandent donc aux signataires de l'«Accord revitalisé» de s'engager davantage pour accélérer sa mise en œuvre. L'appel est également étendu aux groupes d'opposition qui n'ont pas signé la «Déclaration de Rome» pour le cessez-le-feu, signée en janvier, avec la médiation de Sant'Egidio, par les délégués du gouvernement et les dirigeants du Ssoma (une organisation qui rassemble tous les mouvements d'opposition qui n'avaient pas signé l'accord d'Addis-Abeba). Pour sa part, le Conseil des Églises du Soudan du Sud réaffirme son engagement en faveur de la paix et de «donner une voix à ceux qui n'en ont pas» par le biais de son plan d'action pour la paix «visant à transformer le récit de la violence en un récit de paix».

Pression en faveur de la paix

Un appel à tous les acteurs politiques à travailler ensemble pour construire la paix et la démocratie est également venu d'autres organisations chrétiennes et de membres du Réseau œcuménique pour le Soudan du Sud qui, dans une déclaration commune, ont demandé à la communauté internationale de «continuer à surveiller et à participer au processus de paix». Parmi les signataires de l'appel figurent Bread for the World, l'organisation chrétienne engagée dans la lutte contre la faim dans le monde et Christian Aid.

Commencée en 2013, deux ans seulement après la proclamation de l'indépendance de Khartoum, la guerre civile au Soudan du Sud a fait près de 400 000 victimes civiles et 1,6 million de personnes déplacées, forçant 2,6 millions de Sud-Soudanais à quitter le pays et laissant 7,5 millions de personnes dans le besoin d'aide humanitaire.

24 septembre 2020, 11:16